Un statut de risque négligeable peut signifier un meilleur accès au marché pour le bœuf canadien

Ce printemps, un chapitre difficile pour l’industrie canadienne du bœuf s’est terminé après près de deux décennies. Fin mai, la Commission scientifique de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) a approuvé le Canada comme présentant un risque négligeable d’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), passant du statut de risque contrôlé au niveau de risque de transmission le plus faible de la maladie. 

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Piper Whelan – Publié le 23 août 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Cette réalisation historique a été rendue possible grâce à un vaste effort de collaboration entre le gouvernement fédéral et de nombreux intervenants de l’industrie.

« C’était 18 ans, une semaine jour pour jour, du premier cas d’ESB, donc revenir à un risque négligeable est vraiment une étape importante », a déclaré David Moss, directeur général de la Canadian Cattlemen’s Association (CCA).

Pour qu’un pays obtienne le statut de risque négligeable, il doit prouver que son dernier cas d’ESB était chez un animal né il y a plus de 11 ans et qu’il a mis en place des mesures efficaces de surveillance et de contrôle. L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a dirigé cette initiative et était chargée de soumettre la demande de modification du statut de risque du Canada à l’OIE.

David Moss appelle cela « un effort très, très important et une soumission monumentale », qui a obligé l’ACC, les organisations provinciales de bœuf et plusieurs autres intervenants à jouer un rôle dans la collecte des informations nécessaires à la demande du Canada.

« L’un des défis était la façon dont l’OIE et en particulier les pays européens examinent les matières à risque spécifiées, ce sont donc les composants de la carcasse que nous considérons comme susceptibles de porter les prions de l’ESB », dit-il.

«Nous devions donc simplement démontrer que la façon dont nous procédons au Canada, aux États-Unis et en Amérique du Nord en général est tout aussi efficiente et efficace, et nous avons évidemment pu construire ce dossier suffisamment solide pour obtenir l’approbation du statut de risque négligeable.»

Les fermetures de frontières internationales qui ont suivi le premier cas d’ESB découvert au Canada en mai 2003 ont créé des retombées économiques sans précédent pour l’industrie bovine. « Bien qu’il soit difficile de quantifier pleinement les impacts économiques directs de l’ESB, entre 2003 et 2006, les pertes ont été estimées entre 4,9 et 5,5 milliards de dollars », indique un communiqué de presse de la CCA.

En raison de ces défis, environ 26 000 producteurs de bœuf canadiens ont été contraints de quitter l’industrie de 2006 à 2011, ce qui a entraîné la conversion de plus de 2,22 millions d’acres de pâturage.

L’obtention du statut de risque négligeable permet au Canada d’amorcer des discussions commerciales sur la suppression des limitations existantes à l’ère de l’ESB. Les produits de bœuf spécifiques avec ces restrictions, explique David Moss, se comptent par centaines et ne se limitent pas aux produits alimentaires.

« Je vais vous donner juste un exemple : la farine d’os qui est utilisée pour construire une mâchoire lors de l’obtention d’un implant dentaire, disons. Vous pouvez opter pour de l’os de bovin, un produit d’os broyé, à utiliser pour constituer la base », dit-il. « Nous ne pouvions pas utiliser de farine d’os canadienne; il fallait aller chercher la Nouvelle-Zélande ou un autre pays qui avait un statut différent.»

En ce qui concerne l’accès aux marchés étrangers pour les coupes primaires de bœuf, des pays comme la Corée du Sud, la Chine, Taïwan et l’Indonésie ont toujours des restrictions commerciales qui reflètent le statut antérieur de risque contrôlé du Canada. «Maintenant que nous avons le risque négligeable, nous pouvons retourner dans ces pays, et nous ne pouvons pas leur dire qu’ils doivent changer, mais nous pouvons maintenant rouvrir respectueusement ces négociations.»

La CCA a collaboré avec l’ACIA et le Secrétariat de l’accès aux marchés agricoles pour déterminer les marchés étrangers à partir desquels commencer à supprimer les restrictions commerciales, en se concentrant sur la Corée du Sud, la Chine et Taïwan.

Plus près de nous, l’ACC prévoit d’entamer des discussions avec des responsables américains sur la suppression des restrictions actuelles à l’exportation de bovins d’engraissement canadiens aux États-Unis, comme l’obligation de marquer les bovins d’engraissement avec la marque CAN.

La mise à jour des exigences de manutention des matières à risque spécifié (MRS) dans les installations de transformation canadiennes est une autre priorité. « En fin de compte, il s’agit d’environ 40 à 45 kilogrammes supplémentaires de produit qui sont retirés d’un OTM canadien – un animal de plus de trente mois – par rapport aux États-Unis, et le coût de stockage et d’élimination de ce MRS est différent de celui des États-Unis à gérer », dit David Moss, ajoutant que le coût par animal pour les transformateurs canadiens est beaucoup plus élevé qu’aux États-Unis.

« Au Canada, nous avons estimé qu’il pourrait s’agir de coûts supplémentaires d’environ 35 millions de dollars en termes d’enlèvement, d’élimination et simplement de traitement des coupes supplémentaires autour des produits de bœuf pour les rendre admissibles », poursuit-il. « Nous travaillons avec l’ACIA pour examiner cet examen du SRM et discuter de la façon dont nous pouvons nous rapprocher de nos concurrents. »

Alors que M. Moss note que l’élargissement de l’accès au marché et la réduction des coûts sont les principales priorités ici, il y a aussi un sentiment de fierté d’atteindre ce statut de risque.

« Je pense que le travail qui a été réalisé pour que l’industrie présente cette demande à l’OIE et démontre notre compétence en production bovine au Canada et l’obtention de cette désignation est quelque chose dont nous, en tant que Canadiens, devons tous être très fiers », dit-il.

« Cela nous ouvre tellement de portes maintenant d’avoir ces conversations sur le commerce, sur l’alignement avec le MRS, sur les bovins d’engraissement, que nous avons mérité le droit d’avoir ces conversations. »

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/features/negligible-risk-status-may-mean-more-market-access-for-canadian-beef