Traduire les données génétiques des bovins de boucherie en profit

Le nouveau leader du Conseil canadien des races bovines vise à créer une plus grande valeur en capturant et en partageant l’information génétique tout au long de la chaîne d’approvisionnement. Sandy Russell est habile à voir les possibilités et à les transformer en profit.

Sa carrière jusqu’à présent lui a permis d’aider différentes facettes de l’industrie bovine canadienne à trouver une plus grande valeur. Elle est maintenant prête à diriger une initiative majeure visant à capitaliser sur les opportunités inexploitées de saisir la valeur des données génétiques dans l’ensemble de la chaîne de production bovine.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Piper Whelan – Publié le 13 décembre 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

« Nous savons tous que le secteur des bovins de boucherie est une entreprise difficile. Générer des bénéfices et garantir une valeur à long terme pour votre produit, quel que soit le segment dans lequel vous êtes impliqué, est un défi », a déclaré Sandy Russell, qui a récemment été nommé nouveau PDG du Conseil canadien des races bovines.

« Mais je crois aussi fondamentalement que si nous perfectionnons nos compétences commerciales et accordons vraiment une certaine attention à divers processus de prise de décision en matière de données, vous pouvez capturer plus de valeur pour votre produit », poursuit-elle.

« J’ai donc toujours été très concentré sur le fait d’essayer d’aider les producteurs et d’aider l’industrie à obtenir plus de profits et à obtenir plus de valeur du produit final de ce que nous produisons, et à créer cette durabilité sur laquelle nous avons tous travaillé pour longtemps au sein de votre exploitation individuelle, mais aussi de l’industrie dans son ensemble.

Cette orientation est présente depuis le début de sa carrière. Mme Russell, qui a grandi dans une exploitation commerciale vache-veau à Outlook, en Saskatchewan, où elle vit aujourd’hui, a étudié l’agriculture à l’Université de la Saskatchewan. Après avoir obtenu un baccalauréat ès sciences et une maîtrise ès sciences, elle a commencé à travailler comme économiste provinciale du bœuf de la Saskatchewan.

« Alors que j’avais un diplôme en sciences animales, il était fortement axé sur l’économie. J’ai passé beaucoup de temps à vraiment traduire les aspects économiques et la valeur de l’industrie bovine canadienne », dit-elle.

Plus tard, elle est devenue associée chez Spring Creek Land and Cattle Consulting, par l’intermédiaire duquel elle a travaillé avec divers secteurs industriels, notamment des associations, des chercheurs et des gouvernements.

« Cela m’a amené à me concentrer vraiment sur un certain potentiel pour générer plus de valeur à partir de notre côté génétique de l’entreprise et de certaines des technologies innovantes qui étaient en cours. Je sais que nous laissions beaucoup d’opportunités sur la table, ce qui a suscité mon intérêt pour la traduction de valeur.

Dans cet esprit, Sandy Russell s’est impliquée dans l’exploration des opportunités dans le secteur des stocks de semences il y a une dizaine d’années, la menant au Conseil canadien des races bovines. Une division de la Canadian Cattlemen’s Association, le mandat du conseil est de diriger le développement du progrès génétique et de promouvoir le secteur canadien des stocks de semences sur les scènes nationale et internationale. Avant d’occuper le siège de PDG, elle a été directrice du développement des affaires pour le Réseau canadien d’amélioration du bœuf, la principale initiative du Conseil canadien des races bovines.

«En ce qui concerne la génétique et l’amélioration génétique, je sais précisément de par mon opération individuelle et d’être impliquée à ce niveau que nous pouvons faire plus», dit-elle.

« Le seul élément auquel nous n’avons pas accordé suffisamment d’attention au sein de l’industrie est la valeur de la génétique et la façon dont nous pouvons utiliser ces données génétiques pour réellement traduire la valeur tout au long de la chaîne. »

Elle note qu’il s’agit d’une entreprise difficile, et du point de vue du producteur individuel, il est facile de se laisser submerger par la science de l’amélioration génétique. «Mais je sais aussi qu’investir votre temps et vos ressources pour prêter attention à ce côté de l’entreprise ouvre vraiment un énorme potentiel en termes de capture de plus de valeur pour votre entreprise dans tous les segments», dit-elle.

« Si nous pouvons lier ces données génétiques à certaines des autres mesures de production que nous capturons et examinons traditionnellement dans l’ensemble de l’industrie, nous savons qu’il y a là un potentiel de valeur. »

C’est l’objectif primordial du Réseau canadien d’amélioration du bœuf, qui existe depuis quelques années et a pris de l’ampleur au cours de la dernière année. En travaillant avec les principales associations de races bovines au Canada, le Conseil canadien des races bovines prévoit de développer une plate-forme pour normaliser la façon dont les données génétiques sont saisies et partagées tout au long de la chaîne d’approvisionnement du bœuf, créant ainsi la possibilité de tirer une plus grande valeur de l’information génétique. Au moment d’écrire ces lignes, huit associations de race étaient à bord pour participer au développement du réseau.

La première étape de ce projet en quatre étapes a été lancée avec l’annonce d’un investissement de 640 000 $ de Results Driven Agriculture Research à la mi-octobre pour le développement de la plate-forme de données génétiques normalisée.

« Nous savons que de nombreux sélectionneurs de semences ont plus d’une race et utilisent plusieurs systèmes. Il s’agit d’avoir un système standardisé fabriqué au Canada qui, même si, oui, chaque race aura son pipeline et son accès spécifiques, il normalisera la façon dont nous capturons l’information génétique, ce qui facilitera ensuite les prochaines étapes de développement. à accomplir », dit Mme Russell.

La deuxième étape consiste à relier la plate-forme à d’autres secteurs de la chaîne d’approvisionnement pour partager efficacement les informations génétiques. Cela impliquera de relier les données génétiques aux métriques de production utilisées à différentes étapes de la production. La troisième étape consiste à approfondir les ressources techniques et les analyses impliquées dans cette plate-forme, afin de garantir que les outils sont faciles à utiliser et à comprendre pour tout le monde dans la chaîne d’approvisionnement. La quatrième et dernière étape consiste à encourager l’industrie à comprendre et à adopter la plateforme.

« La dernière chose que nous voulons faire est de créer quelque chose qui n’a pas de valeur pour l’industrie et qui est lourd… L’intention est d’aider les producteurs à prendre de meilleures décisions en matière de sélection et de génétique en fonction des données », dit-elle. « Il doit donc être dans un format de valeur, facilement accessible et facile à utiliser pour les producteurs. »

Le Conseil canadien des races bovines vise à présenter les résultats de la première étape au cours des 18 à 24 prochains mois, puis à mettre en place des liens tout au long de la chaîne d’approvisionnement deux à trois ans plus tard. «Ce sera vraiment l’industrie qui nous dictera et nous guidera dans la façon dont nous déployons cela», a déclaré Mme Russell.

« S’il y a de la valeur, je pense qu’il sera adopté et déployé plus rapidement, et nous pensons fondamentalement qu’il y a de la valeur là-bas. Ainsi, au cours des trois à cinq prochaines années, nous pensons que vous verrez (le Réseau canadien d’amélioration du bœuf) à l’avant-garde, avec un réel engagement et une réelle valeur ajoutée pour l’ensemble de l’industrie.

À l’instar d’autres initiatives progressistes à l’échelle de l’industrie s’attaquant à de grands défis, le Réseau canadien d’amélioration du bœuf implique une collaboration dans l’ensemble du secteur des stocks de semences et au-delà. Sandy Russell est particulièrement encouragé par l’esprit de collaboration dont font preuve les associations de race impliquées, qui peuvent être des compétiteurs amicaux.

« Je pense que le leadership démontré autour de la table et par les différentes associations de races et producteurs de semences est tellement rafraîchissant et ne fera que se traduire par plus de valeur pour tous », dit-elle.

« La façon dont nous capturons les données, la façon dont nous standardisons et communiquons ces données entre les différentes races peut générer beaucoup d’efficacité non seulement pour le producteur de bétail commercial, mais aussi pour les membres individuels des stocks de semences des diverses associations. Il s’agit donc de travailler collectivement pour faire progresser notre engagement et notre rôle au sein de la chaîne de production bovine pour le bien de tous.»

La passion de Mme Russell pour le bœuf canadien est évidente dans son enthousiasme pour cette entreprise collaborative et pour les possibilités infinies qu’elle envisage pour l’industrie dans son ensemble. La demande des consommateurs pour le bœuf canadien, tant au pays qu’à l’étranger, est une opportunité passionnante, tout comme la compréhension croissante de l’importance nutritionnelle du bœuf.

« Le fait que le bœuf soit enfin reconnu comme le produit nutritionnel à haute valeur ajoutée qu’il a toujours été est tellement excitant pour moi, et je pense que lorsque vous regardez ce que le consommateur désire et qu’il commence à reconnaître que c’est un élément essentiel d’une alimentation saine, qui a des tonnes de potentiel.»

Ce potentiel s’étend au leadership de l’industrie dans la communication du rôle vital de la production bovine dans la durabilité environnementale et la reconnaissance croissante de ce rôle par le public. «Je pense que nos opportunités sont illimitées en ce sens que si nous travaillons en collaboration et que nous nous concentrons vraiment sur cet objectif final de fournir un produit sain et respectueux de l’environnement et de le communiquer au consommateur, puis de le lier à la capacité d’être des producteurs efficaces à la production niveau et traduisent la valeur et le profit pour nos producteurs », déclare-t-elle.

« Je pense que l’avenir de l’industrie canadienne du bœuf est vraiment, vraiment excitant. Et nous espérons continuer à travailler en collaboration… Après avoir été impliqué dans cette industrie depuis près de 20 ans maintenant, c’est une approche rafraîchissante à voir parce que nous avons eu nos défis, comme nous le savons, et je pense que nous atteignons notre rythme de croisière. reconnaissant que lorsque nous travaillons ensemble, il y a ici beaucoup d’opportunités à saisir.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/livestock/beef-cattle/translating-beef-cattle-genetic-data-into-profit/