Tendances dans les cheptels canadiens 2020

Statistique Canada a dévoilé au début de mars les chiffres sur le nombre de têtes recensées dans différents élevages en 2020. Entre autres, les chiffres sur l’abattage, le poids moyen des bêtes,  les variations entre le début et la fin d’année et les prix moyens donnent une idée de l’impact de la pandémie sur les secteurs bovins, porcins et ovins. Ils offrent aussi une idée de la projection de la demande et du cours des prix dans ce contexte particulier.

Tiré de cecpa.qc.ca – par Céline Normandin – Publié Avril 2021

L’organisme fédéral offre un premier constat, soit que de 2020 à 2021, les stocks de bovins et de moutons au Canada ont diminué alors que les stocks de porcs ont augmenté. Pour le secteur du bœuf, il s’agit d’une tendance à long terme débutée en 2005 qui se poursuit. Dans l’est du pays, une hausse a toutefois été notée. Les stocks d’agneaux et de moutons sont pour leur part à son niveau le plus bas depuis 1999. C’est le phénomène inverse pour le porc où les stocks sont en hausse de 11% par rapport à 2010.

Les chiffres reflètent les problèmes liés à l’abattage en raison de la fermeture de plusieurs usines à la suite d’éclosion du coronavirus. Malgré tout, après les perturbations du printemps, l’abattage a repris pour tous les secteurs en 2e partie d’année pour résulter avec des chiffres tout de même stables d’une année à l’autre.

Du côté des prix, le secteur bovin a affiché une baisse par rapport à 2019, reflétant les problèmes à l’abattage et le grand nombre de bêtes en attente qui ont dépassé les capacités des installations. La demande pour le porc à l’étranger a soutenu les prix. Les prix pour les agneaux ont été meilleurs, mais en raison de la demande interne et du resserrement du cheptel.

Voici en détail les chiffres pour chacun des secteurs.

Boeuf

Au début de 2021, le Canada comptait 11,2 millions de bovins sur les fermes, en baisse de 1,0 % par rapport à l’année précédente. Les stocks ont augmenté de 0,9 % pour atteindre 2,9 millions de têtes dans l’est du Canada. Le détail entre les provinces n’est pas donné pour les différents secteurs. Les stocks de veaux au 1er janvier 2021 ont légèrement diminué de 1,1 % pour s’établir à 3,7 millions de têtes à la suite d’une baisse des naissances. Les mois d’été ont permis de reprendre la cadence des abattages après le ralentissement du printemps. Les prix ont repris durant cette période pour le bœuf destiné à l’engraissement et à l’abattage, mais ils sont demeurés plus bas que pour la même période en 2019.

Porc

Au 1er janvier, les producteurs porcins ont déclaré 14 millions de porcs dans leurs exploitations, en hausse de 0,4 % par rapport à l’année précédente. Le Québec compte les plus importants stocks de porcs au pays depuis 1991 et compose 60% des stocks du pays avec l’Ontario. Le nombre de têtes au Québec était de 4,3 millions de têtes. Au pays, le nombre de cochettes et de truies a augmenté de 1%, mais celui des verrats et demeuré stable.

L’abattage a atteint son niveau le plus élevé depuis 2005 durant l’été dernier pour s’établir à 11,5 millions, une hausse de 4,2%. La demande de la Chine est demeurée élevée. Le Canada a exporté 2,8 millions de porcs au cours de la deuxième moitié de 2020, en hausse de 10,1 % comparativement à la même période en 2019. L’année 2020 a vu également une demande accrue des États-Unis pour les porcelets sevrés. Ces deux tendances ont permis de rétablir les prix à leur niveau de 2019 après un creux au printemps et l’été.

Agneaux et moutons

Le nombre total de moutons et d’agneaux a fléchi de 2,0 % d’une année à l’autre pour s’établir à 780 200 têtes. En début d’année 2021, les stocks étaient à leur plus bas depuis 1999. L’Ontario et le Québec représentaient plus de la moitié des stocks totaux de moutons et d’agneaux au 1er janvier 2021 au Canada.

Le troupeau de moutons de reproduction a diminué de 1,0 % d’une année à l’autre pour s’établir à 580 800 têtes; les baisses du nombre de brebis (-2,1 %) et de béliers (-1,3 %) ont plus que contrebalancé la hausse du nombre d’agneaux de remplacement (+6,4 %).

Les exportations ont diminué de 59% sur un an à 3100 têtes. Les importations d’animaux vivants ont augmenté (8400 têtes) à leur niveau le plus élevé depuis 2015.

Le nombre d’agneaux de marché a reculé de 4,8 % par rapport au 1er janvier 2020 pour se chiffrer à 199 400 têtes. L’abattage d’agneaux au cours de la même période a augmenté de 2,6 % pour atteindre 336 200 têtes. Au cours de la deuxième moitié de 2020, le prix moyen des agneaux d’abattage canadiens a augmenté par rapport à la même période en 2019, particulièrement en décembre 2020, le resserrement des approvisionnements et la demande intérieure observée au cours de la période des Fêtes ayant contribué à soutenir les prix à la production.

Source : https://www.cecpa.qc.ca/article-tendances-dans-cheptels-canadiens-2020,37