Où en sommes-nous dans le cycle du bétail ?

J’ai reçu de nombreux appels de producteurs vache-veau me demandant des informations sur le cycle des États-Unis et du bétail. Les récentes sécheresses aux États-Unis et dans l’Ouest canadien ont entraîné une augmentation d’une année à l’autre des abattages de vaches. De nombreux producteurs au Canada et aux États-Unis ont liquidé une partie de leurs troupeaux en raison de l’approvisionnement limité en aliments pour animaux. Dans le même temps, les prix de l’orge continuent de frôler les sommets historiques. 

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Jerry Klassen – Publié le 1er novembre 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Au moment de la rédaction de cet article à la mi-septembre, les prix des yearlings de l’Ouest canadien atteignaient de nouveaux sommets sur 52 semaines. Il semble que les prix des veaux peinent à augmenter malgré la baisse d’une année à l’autre de la récolte de veaux aux États-Unis. L’environnement de marché est dans une situation très précaire. Dans ce numéro, je fournirai une prévision pour les récoltes de veaux 2021 et 2022. Je passerai également en revue les facteurs qui influenceront le marché des bovins d’engraissement au cours des 12 prochains mois.

L’USDA et Statistique Canada ont publié leurs rapports semestriels d’inventaire du bétail du 1er juillet plus tôt cet été. Il est important de noter que l’estimation de la récolte de veaux de l’USDA en juillet a une grande marge d’erreur. Au cours des dernières années, nous avons vu des révisions importantes entre l’estimation de juillet et le chiffre officiel publié en janvier. L’USDA a estimé la récolte de veaux de 2021 à 35,1 millions de têtes, en baisse de seulement 35 500 têtes par rapport à la production de veaux de 2020 de 35,13 millions de têtes. Je crois qu’il y aura une baisse plus marquée d’une année à l’autre de la récolte de veaux pour deux raisons principales.

Premièrement, l’USDA a estimé le nombre de vaches de boucherie qui avaient vêlé au 1er juillet à 31,4 millions de têtes, en baisse de 650 000 têtes par rapport au 1er juillet 2020. Deuxièmement, l’abattage de vaches aux États-Unis du 1er janvier au 31 juillet était de 2,05 millions de têtes, en hausse de 129 000 têtes de l’année dernière. Par conséquent, j’estime la récolte de veaux aux États-Unis en 2021 à 34,7 millions de têtes, en baisse de 435 000 têtes par rapport à la récolte de veaux de 2020 de 35,13 millions de têtes. Cela fait suite à une baisse d’une année sur l’autre de 455 000 têtes par rapport à 2019 et 2020. Si mon estimation pour 2021 est correcte, les États-Unis auront réduit la récolte de veaux d’environ 900 000 têtes au cours des deux dernières années. Selon les premières prévisions pour 2022, la récolte de veaux aux États-Unis devrait encore chuter de 400 000 à 500 000 têtes.

Statistique Canada a estimé la récolte de veaux de 2020 à 4,34 millions de têtes, en hausse de 9 000 têtes par rapport à 2019. La récolte de veaux au Canada a été relativement stable au cours des trois dernières années et nous n’allons probablement pas voir beaucoup de changement pour 2021. La sécheresse de 2021 entraînera un changement majeur d’une année à l’autre en 2022. Je m’attends à ce que la récolte canadienne de veaux pour 2021 atteigne 4,33 millions de têtes et les premières prévisions prévoient une production de veaux de 2022 à 4,23 millions de têtes. Il ne baissera que d’environ 100 000 têtes et ce n’est pas assez important pour modifier la structure du marché.

Dans l’Ouest canadien, les placements dans les parcs d’engraissement en Alberta et en Saskatchewan de mai à juillet étaient de 359 300 têtes, en hausse de près de 115 000 têtes par rapport à la même période l’an dernier. Cela entraînera un resserrement de l’offre de bovins d’engraissement plus tard dans l’Ouest canadien au cours de la période automnale. Cela devrait entraîner une hausse des prix des veaux en novembre et décembre.

La baisse des récoltes de veaux en 2020 et 2021 entraînera une forte baisse d’une année sur l’autre de la production de bœuf pour 2022. La production annuelle de bœuf aux États-Unis devrait diminuer de près d’un milliard de livres, ce qui représente une baisse importante d’une année sur l’autre à venir aux deuxième et troisième trimestres. Cela permettra également de bien soutenir les bovins d’engraissement dans l’Ouest canadien. Il se peut que les contrats à terme sur les bovins vivants intègrent une prime de risque en raison de l’incertitude de la production.

Enfin, les régimes météorologiques de l’Ouest canadien se produisent selon des cycles de 18 ans. Nous nous souvenons tous que 2003 a été extrêmement sec, tout comme 2021 ; l’été 2004 a connu des précipitations supérieures à la normale et des températures inférieures à la normale. Il faisait humide et froid ; certains se souviendront peut-être que nous avons eu un gel le 19 août 2004. Cela a donné d’excellents rendements et une bonne quantité de blé fourrager. Cela augure bien pour les prix des bovins d’engraissement à l’automne 2022.

En conclusion, la contraction de la récolte de veaux aux États-Unis entraînera une demande accrue au sud de la frontière pour les prix des bovins d’engraissement canadiens. Les producteurs vache-veau ont vendu plus de bovins d’engraissement au cours de l’été, ce qui a réduit l’offre disponible pour l’automne. Au printemps prochain, le marché sera aux prises avec une baisse de la production de bœuf d’une année à l’autre. À l’automne 2022, les céréales fourragères seront un fardeau. Les États-Unis et le Canada seront aux prises avec une autre baisse d’une année à l’autre de la récolte de veaux. Les années les plus rentables pour le producteur vache-veau seront de 2022 à 2025, exactement 10 ans après le précédent rallye à des sommets historiques.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/markets/where-are-we-in-the-cattle-cycle/