Nutrition du bétail par rapport à la qualité du marché : existe-t-il une relation?

Si vous avez été un lecteur assidu de cette chronique, vous savez que j’écris souvent sur la conception de programmes d’arrière-plan et de finition. Dans ces colonnes, je me concentre sur la formulation de régimes alimentaires à des niveaux spécifiques d’énergie et de protéines qui ciblent les taux de gain souhaités pour différentes classes de bovins. Dans le cas des programmes de finition, l’accent n’est pas seulement mis sur les performances, mais également sur l’atteinte des spécifications de poids et de grade de carcasse souhaitées. Dans le cas des programmes de semi-finition, l’objectif est d’élever les veaux sevrés à des poids appropriés afin qu’ils puissent aller à l’herbe ou passer à des régimes de finition sans craindre qu’ils finissent à un poids trop léger. Avec ceci et ma prochaine chronique, j’aimerais examiner comment le programme de nutrition influence la qualité du marché de diverses classes de bétail.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par John McKinnon – Publié le 31 août 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Voyons d’abord ce que le marché d’aujourd’hui définit comme la « qualité ». Les bovins d’un an entrent généralement dans un parc d’engraissement à environ 12 ou 18 mois. Dans ce dernier cas, ils sont généralement cultivés pendant l’hiver et commercialisés dans les parcs d’engraissement à la fin de l’hiver/au début du printemps en tant que « petits 1 an ». Dans le premier cas, ils sont commercialisés hors herbe sous le nom de « longs yearlings ». Selon le programme, ces bovins peuvent peser de 850 à 1 100 lb. La caractéristique essentielle de la qualité est que les bovins issus de ces programmes contiennent un minimum de graisse, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas surconditionnés ! L’objectif est de développer la structure et les muscles tout en minimisant le dépôt de graisse.

Avec les bovins de finition, la définition de la qualité est plus compliquée. Au Canada, les carcasses de jeunes bouvillons et génisses (c.-à-d. âgés de moins de 30 mois environ) sont classées selon leur qualité et leur rendement par les classificateurs de l’Agence canadienne de classement du bœuf. Les notes de qualité font référence à la quantité de marbrure ou de graisse dans le muscle faux-filet exposé. Les carcasses présentant des traces de marbrure sont classées Canada A tandis que celles présentant un léger marbrage sont classées Canada AA. Les deux grades les plus qualitatifs sont Canada AAA et Prime, avec des marbrures petites et légèrement abondantes, respectivement.

Les grades de rendement, en revanche, sont conçus pour prédire la proportion de la carcasse qui est vendable au niveau de la vente au détail. Bien qu’il existe plusieurs facteurs affectant le rendement au détail, le plus important est la quantité de graisse à l’extérieur de la carcasse (c’est-à-dire la graisse sous-cutanée). Il existe une relation inverse entre la quantité de graisse sous-cutanée et le rendement au détail. Plus il y a de graisse sous-cutanée, plus le rendement au détail est faible. Les notes de rendement canadiennes vont de 1 à 5, le Canada 1 ayant le rendement au détail le plus élevé (52,2 pour cent ou plus), tandis que le Canada 5 a le plus bas (45 pour cent ou moins).

Sur le marché commercial d’aujourd’hui, les carcasses avec des grades de qualité Canada Prime et, dans une moindre mesure, AAA sont les plus recherchées, en particulier lorsqu’elles sont combinées avec les grades de rendement Canada 1 ou 2. Bien qu’il y ait quelques exceptions avec les bovins de génotypes spécifiques, il est difficile d’obtenir un grade de persillage élevé (c.-à-d. Canada Prime) et un rendement au détail élevé (c.-à-d. Canada 1 ou 2) dans la même carcasse. Cette difficulté provient du fait que les bovins ne déposent pas de graisse persillée indépendamment des autres amas graisseux. Les bovins qui déposent une quantité importante de graisse dans le muscle ont tendance à déposer de la graisse à d’autres endroits comme sous la peau (c’est-à-dire la graisse sous-cutanée), réduisant ainsi le rendement au détail. Il existe cependant des exceptions à cette règle, dans la plupart des cas, elle est valable, en particulier si les bovins sont nourris à des poids plus lourds pour obtenir une qualité supérieure.

Pour en revenir à ma question initiale : comment la conception du programme de nutrition affecte-t-elle la qualité des bovins issus des programmes de semis-finition et de finition ? Commençons par concevoir des rations pour le bétail de fond. N’oubliez pas que l’objectif est d’élever du bétail dans ces programmes, pas de les terminer. Les régimes de base doivent être formulés pour atteindre des taux de gain spécifiques qui, à leur tour, sont basés sur la date de commercialisation prévue et le poids cible. Par exemple, si vous engraissez des veaux de 500 livres à 850 livres sur six mois, votre programme doit cibler deux livres par jour ou un peu moins pour atteindre votre poids cible. Si ces veaux étaient destinés à l’herbe au printemps, votre poids cible serait probablement inférieur (c.-à-d. 700 à 750 livres) et des gains cibles de 1,2 à 1,5 livres seraient plus appropriés.

En supposant que tous les autres facteurs liés aux nutriments soient optimaux (c.-à-d. protéines, minéraux, vitamines), les deux clés pour atteindre un gain ciblé dans un programme de semis sont de s’assurer que les bovins consomment aux niveaux attendus et que le régime est formulé à la densité énergétique correcte. (c’est-à-dire valeur nette de gain énergétique). En ce qui concerne l’apport, les bovins soumis à des régimes de semis de fond consomment généralement 2,5 pour cent de leur poids corporel sur une base de matière sèche (MS). Cela signifie qu’un bouvillon de 650 livres devrait consommer environ 16 livres de MS. Choisir la bonne densité énergétique de la ration à l’aide de tableaux de nutriments, de « COWBYTES » ou des services d’un nutritionniste est essentiel, car une densité énergétique trop élevée peut entraîner un dépassement des gains cibles, tandis qu’une densité énergétique trop faible peut avoir l’effet inverse.

Le mois prochain, nous poursuivrons cette discussion en nous concentrant sur l’impact du programme de nutrition sur la qualité des carcasses et les notes de rendement au détail.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/livestock/cattle-nutrition-vs-market-quality-is-there-a-relationship