Les stocks de bovins canadiens diminuent, les prix des bovins engraissés s’améliorent

Les stocks de bovins canadiens ont continué de diminuer au début de 2021, tandis que les stocks américains ont légèrement diminué par rapport à leur sommet. Les stocks de bovins nord-américains demeurent abondants, mais pourraient se resserrer à mesure que l’année avance avec le potentiel d’une récolte de veaux plus petite. La production canadienne de bœuf continue d’être soutenue par les importations d’engraissement en provenance des États-Unis. L’arriéré de bovins dû aux interruptions de production liées à la pandémie de COVID-19 l’an dernier a été en grande partie éliminé. Les prix des bovins engraissés se sont améliorés par rapport aux niveaux d’il y a un an, mais sont restés inférieurs à la moyenne quinquennale.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Canfax – Publié le 11 mai 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Les prix des veaux ont rebondi de façon contre-saisonnière pour atteindre leurs plus hauts niveaux depuis 2016 pour février et mars. La hausse des coûts des aliments pour animaux devrait faire partie des principaux vents contraires pour le marché bovin, car les prix des céréales fourragères sont poussés à des niveaux élevés en raison du resserrement des approvisionnements nationaux et mondiaux de céréales et de la forte demande d’importation de la Chine pour les céréales fourragères.

Les stocks de bovins canadiens diminuent à nouveau

Le nombre total de bovins et de veaux au 1er janvier 2020 était en baisse de 0,6% pour s’établir à 11,15 millions de têtes. Il s’agit de la troisième année consécutive de diminution des effectifs et les stocks totaux sont désormais inférieurs d’un quart (25,3%) au sommet de janvier atteint en 2005. Des effectifs plus faibles ont été signalés pour la plupart des catégories, à l’exception des taureaux (+4,9%) et des génisses de remplacement du bœuf (+4,1%).

Les stocks de vaches de boucherie ont diminué de 0,4 pour cent pour s’établir à 3,53 millions de têtes, le plus petit nombre depuis 1990. L’Ouest canadien représente 88 pour cent du cheptel de vaches de boucherie. Une augmentation des stocks de vaches de boucherie a été signalée au Québec (+4,1%), en Saskatchewan (+1,6%) et en Colombie-Britannique (+0,9%). D’autres provinces ont enregistré des chiffres inférieurs, les provinces de l’Atlantique ayant baissé de 7%, le Manitoba de 6,2%, l’Ontario de 3,3% et l’Alberta de 0,1%.

Les génisses de remplacement du bœuf ont augmenté de 4,1 pour cent pour atteindre 545 400 têtes. Cela a plus que compensé la diminution du nombre de vaches de boucherie, entraînant une augmentation marginale de 0,2 pour cent du nombre total de femelles reproductrices de boucherie à 4,1 millions de têtes. La Saskatchewan a connu la plus forte augmentation des génisses de remplacement du bœuf avec une augmentation de 7,8%, suivie de l’Alberta (+4,1%), du Manitoba (+3,5%), de la Colombie-Britannique (+2,4%) et des provinces de l’Atlantique (+1,7%). L’Ontario et le Québec ont connu une baisse de 4% et 1,3%, respectivement.

Source : Statistique Canada

Les stocks d’engraissement ont connu la plus forte baisse, les bouvillons ayant baissé de 4,2 pour cent à 1,05 million de têtes et les génisses abattues de 4,5 pour cent à 695 700 têtes. La récolte de veaux a également diminué de 1,1 pour cent à 3,71 millions de têtes, ce qui est le plus petit nombre depuis 1990. L’approvisionnement des bovins d’engraissement en dehors des parcs d’engraissement est estimé à 3,5 millions de têtes, en baisse de 2,2 pour cent par rapport à l’année. Le Canada est un importateur net de bovins d’engraissement depuis 2019. Le resserrement de l’offre de bovins d’engraissement sur le marché intérieur devrait soutenir les importations de bovins d’engraissement.

L’industrie bovine continue de se consolider. Au 1er janvier 2021, 71330 fermes ont déclaré des stocks de bovins et de veaux, en baisse de 1,8% par rapport au 1er janvier 2020. Le nombre d’élevages bovins au Canada a diminué de 60% au cours des deux dernières décennies, tandis que le nombre moyen de bovins et les veaux par ferme ont augmenté de 34 pour cent à 156 têtes.

Source : Statistique Canada

Les stocks de bovins américains en légère baisse

Les stocks américains de bovins et de veaux au 1er janvier 2021 s’élevaient à 93,6 millions de têtes, légèrement en dessous des 93,8 millions de têtes au 1er janvier 2020.

Toutes les vaches et génisses qui ont vêlé, à 40,6 millions de têtes, placent l’inventaire légèrement en dessous des 40,7 millions de têtes déclarés l’an dernier. Les stocks de vaches de boucherie ont diminué de 0,6 pour cent pour s’établir à 31,16 millions de têtes. C’est 533 000 têtes en dessous du pic de 2019, mais reste 2,2 millions de têtes de plus que le minimum de 2014. Les génisses de remplacement du bœuf ont légèrement augmenté par rapport à il y a un an, à 5,81 millions de têtes, mais sont restées 9% en dessous du pic d’expansion de 2017.

La récolte de veaux de 2020 était estimée à 35,1 millions de têtes, en baisse de 1% par rapport à l’année dernière, la récolte de veaux de 2019 ayant été révisée à la baisse de 468 000 têtes. Les stocks de bovins destinés à l’alimentation ont totalisé 14,7 millions de têtes, en légère hausse par rapport à 2020. Le total combiné des veaux de moins de 500 livres et des autres génisses et bouvillons de plus de 500 livres (en dehors des parcs d’engraissement) était légèrement inférieur aux niveaux d’il y a un an, à 25,7 millions de têtes.

On s’attend à ce qu’un plus grand inventaire d’aliments pour animaux maintienne les stocks de bovins de départ suffisants pour le début de l’année. Compte tenu de la baisse des stocks de vaches de boucherie, la récolte de veaux pour 2021 devrait être moindre. Des approvisionnements plus serrés de bétail pourraient commencer à apparaître plus tard cette année et offrir plus de soutien au marché du bétail.

Source : USDA

Production de bœuf

Les abattages de bovins inspectés aux niveaux fédéral et provincial au Canada en 2020 ont totalisé 3,28 millions de têtes, en baisse de 2% par rapport à 2019, mais restent le deuxième abattage en importance depuis 2010. Malgré la forte baisse en avril et en mai en raison des interruptions de production liées à la pandémie du COVID-19, les chiffres des abattages se sont réalignés avec les niveaux historiques de la deuxième partie de l’année, les usines de conditionnement fonctionnant à pleine capacité et même à plus de 100 pour cent d’utilisation en ajoutant les éliminations du samedi. L’abattage des animaux engraissée termine l’année avec une augmentation de 0,4% par rapport à 2019, tandis que l’abattage des vaches a diminué de 2,3%. Les taux d’utilisation des usines d’emballage étaient en moyenne de 89%, en baisse de 3% par rapport à 2019, mais en hausse de 6% par rapport à la moyenne quinquennale.

La production de bœuf en 2020 était en baisse de 1,6% par rapport à 2019, mais toujours 23% plus élevée que le creux de 2015. La production engraissée était stable par rapport à l’année dernière, tandis que la production non nourrie était en baisse de près de 10 pour cent. Le poids moyen de la carcasse des bouvillons canadiens était de 917 livres, soit huit livres de plus qu’en 2019, mais était toujours de deux livres sous le record établi en 2016.

Au premier trimestre de 2021, la production de bœuf depuis le début de l’année a augmenté de 12% par rapport à il y a un an, les abattages ayant augmenté de 9% et le poids des carcasses de 2%. L’arriéré de bovins ayant été en grande partie éliminé, l’offre de bovins engraissés pourrait se resserrer à l’avenir, car les stocks de bovins destinés à l’alimentation ont été inférieurs aux niveaux d’il y a un an d’octobre 2020 à mars 2021. À plus long terme, la production de bœuf pourrait être stimulée par la demande dans le secteur de la restauration après la réouverture de l’économie.

Graines fourragères

Les prix des céréales fourragères ont fortement augmenté au premier trimestre. Les prix de l’orge en Alberta sont passés de 294 $/tonne en janvier à un nouveau record de 319 $/tonne en mars, soit 37 pour cent au-dessus de l’an dernier et 42 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale. Les prix du maïs en Ontario sont passés de 267 $/tonne en janvier à 284 $/tonne en mars, 34 pour cent au-dessus de l’an dernier et 47 pour cent au-dessus de la moyenne quinquennale.

Les prix élevés des céréales sont dus à la fois à des facteurs d’offre et de demande. Malgré une production agricole record, les stocks de fin de campagne de céréales et d’oléagineux et de toutes les principales grandes cultures au Canada devraient diminuer considérablement, sous l’effet d’une baisse des exportations record. Les stocks de fin de campagne d’orge devraient baisser pour atteindre un creux record de 0,6 million de tonnes. Les stocks de fin de campagne de maïs devraient chuter de 14 pour cent à 2,2 millions de tonnes par rapport aux niveaux records de l’année précédente. L’offre mondiale de céréales devrait également être restreinte, avec la possibilité que les conditions météorologiques dérivées de La Niña persistent tout au long de la saison de croissance 2021, réduisant les rendements et la qualité des cultures.

Du côté de la demande, l’un des principaux facteurs est la forte demande de la Chine pour les importations de céréales fourragères, alors que le pays augmente activement sa capacité de production commerciale de porcs. Au cours de la première moitié de la campagne agricole 2020-2021, les exportations canadiennes d’orge ont augmenté de 41% par rapport à la même période il y a un an, environ 91% des ventes outre-mer d’orge brute étant expédiées en Chine.

La hausse des prix des céréales fourragères a entraîné une forte demande de bovins de graminées, car les parcs d’engraissement sont incités à placer les bovins à des poids plus lourds. Le coût élevé de l’alimentation peut également élargir l’écart de prix entre bouvillons et génisses, car les bouvillons voient généralement une meilleure efficacité alimentaire que les génisses.

Prix ​​du bétail

Prix ​​des bovins engraissés inférieurs à la moyenne quinquennale

Les prix des bovins engraissés en Alberta sont passés de 149 $/quintal en janvier à 152 $/ quintal en février avant de revenir à 149 $/quintal en mars. Alors que le prix de mars était supérieur de 1% ou 2 $/quintal il y a un an lorsque l’impact de la pandémie de COVID-19 a frappé le marché, il est resté de 7% ou 11 $/quintal inférieur à la moyenne sur cinq ans.

Les prix des bovins engraissés en Ontario se sont raffermis de 141 $/quintal en janvier pour s’établir à 143 $/quintal en février et se sont stabilisés à 144 $/quintal en mars. Le prix de mars était un pour cent ou 2 $/quintal au-dessus du niveau d’il y a un an, mais huit pour cent ou 13 $/quintal au-dessous de la moyenne quinquennale.

Les prix des animaux engraissés de l’Ontario ont été supérieurs à ceux de l’Alberta pendant la majeure partie du deuxième semestre de 2020, mais sont tombés à une décote en décembre. Cela était en partie lié au ralentissement de l’exploitation de l’usine Cargill à Guelph et à la nécessité de mettre l’usine au ralenti en raison d’une épidémie de COVID-19 à la fin de décembre. Les prix de l’Ontario ont continué d’être inférieurs à ceux de l’Alberta en 2021, car ils disposent d’un approvisionnement suffisant en bovins engraissés. La réouverture de l’ancien abattoir Ryding Regency à Toronto sous le nom de TruHarvest Meats et le début de la transformation du bétail au début du mois de mars constitue une évolution positive pour le marché des aliments pour animaux de l’Ontario.

Les stocks de bovins alimentés en Alberta et en Saskatchewan au 1er mars 2021 totalisaient 1 004 254 têtes, sept pour cent de moins que l’an dernier, mais six pour cent de plus que la moyenne quinquennale. Les placements en février ont augmenté de 20% par rapport à l’an dernier et de 9% par rapport à la moyenne quinquennale. Le nombre total de placements de génisses en janvier et février a diminué de 8% par rapport à l’an dernier, tandis que les placements de bouvillons ont augmenté de 31%. Avec les prix élevés des céréales fourragères, les parcs d’engraissement peuvent être plus intéressés à placer des bouvillons, étant donné leur conversion alimentaire.

Le dollar canadien s’est raffermi pour s’établir à 0,79-80 $ US au premier trimestre, après avoir atteint en moyenne 0,7463 $ US en 2020. En mars, il était de 11 pour cent de plus qu’il y a un an et de 6 pour cent de plus que la moyenne quinquennale. La force du dollar canadien est liée à la faiblesse de la devise américaine. Le raffermissement des prix du pétrole brut et les perspectives d’une forte reprise économique soutiendront également le dollar canadien. Un dollar plus fort devrait accroître la pression sur les prix des bovins canadiens.

Prix ​​des vaches stables

Les prix des vaches de réforme ont subi d’importantes pressions l’automne dernier, car les emballeurs faisaient des heures supplémentaires pour traiter le grand volume de bovins engraissés dans l’Ouest canadien. Les prix mensuels des vaches D2 en Alberta ont chuté en dessous de 70 $/quintal en novembre et étaient au niveau le plus bas depuis 2013. Les prix des vaches ont été lents pour démarrer cette année, mais les prix ont rebondi en février et mars à environ 87 $/quintal, stables par rapport à l’année dernière, mais à huit pour cent sous la moyenne quinquennale. Les prix des vaches D2 en Ontario ont été saisonniers par rapport à l’an dernier, mais se situent en moyenne à environ 10 $/quintal en dessous de l’Ouest.

Les ventes de vaches ont diminué de 13 pour cent au quatrième trimestre et sont restées lentes au cours de la nouvelle année, l’abattage des vaches ayant baissé de 11 pour cent au premier trimestre. L’amélioration de la production de fourrage l’an dernier aurait donné aux producteurs plus d’occasions de nourrir leurs vaches dans la nouvelle année en attendant une amélioration des prix. De façon saisonnière, les prix des vaches de réforme se raffermissent généralement de la fin février à environ mai, avec une forte demande de mouture et une offre limitée de vaches avant que les prix ne ralentissent au début de l’été.

Prix ​​des veaux élevés

Les prix des veaux partout au Canada ont connu une forte reprise au premier trimestre pour dépasser les prix de l’an dernier. Les prix des engraisseurs ont tendance à baisser de janvier à mars, mais les prix cette année ont connu un rebond contre-saisonnier pour atteindre leurs niveaux les plus élevés depuis 2016 pour février et mars.

Les prix des veaux de l’Alberta sont passés de 220 $/quintal en janvier à 232 $/quintal en février et ont baissé à 231 $/quintal en mars. Les prix en mars ont augmenté de 3% ou 7 $/quintal par rapport à l’an dernier et de 2% ou 4 $/quintal par rapport à la moyenne quinquennale. L’écart des prix des veaux bouvillons-génisses s’établissait en moyenne à 32 $/quintal au premier trimestre, légèrement plus étroit par rapport à 34 $/quintal il y a un an et stable avec la moyenne quinquennale. Les prix des veaux de l’Ontario sont passés de 208 $/quintal en janvier à 228 $/quintal en février avant de chuter à 219 $/quintal en mars. Les prix de mars sont de 3 pour cent ou 6 $/quintal au-dessus de l’an dernier et de 2 pour cent ou 5 $/quintal au-dessus de la moyenne quinquennale. Les prix des veaux de l’Ontario se sont échangés à un rabais de 4 à 12 $/quintal par rapport aux prix de l’Alberta au premier trimestre.

La vigueur du marché canadien des engraisseurs a soutenu des niveaux de base très solides, malgré la vigueur du dollar canadien. Les prix canadiens des veaux et des aliments d’engraissement se négociaient à une prime de 10 $ à 25 $/quintal par rapport aux prix américains au premier trimestre. Cela s’est traduit par des exportations limitées de bovins d’engraissement et de fortes importations de bovins d’engraissement dans l’Ouest canadien, le Canada demeurant un importateur net de bovins d’engraissement.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/beef-watch/canadian-cattle-inventories-shrink-fed-cattle-prices-improve/