Le Québec ouvre la voie en intelligence artificielle pour la production animale

Les problèmes de main-d’œuvre et les demandes croissantes d’automatisation et de traçabilité tout au long de la chaîne d’approvisionnement stimulent la mise en œuvre de technologies qui automatisent diverses tâches agricoles et réduisent la dépendance à une main-d’œuvre humaine. 

Tiré de farmtario.com – par Lilian Schaer – Publié le 10 février 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

L’intelligence artificielle peut aider à rendre ces robots encore plus intelligents et à automatiser des tâches — comme la récolte de produits par exemple — qui auparavant ne pouvaient être effectuées que par des humains. Il est également essentiel d’aider à analyser et à interpréter les vastes rames de données constamment collectées dans les exploitations agricoles et sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement agroalimentaire afin qu’elles puissent être utilisées pour une prise de décision plus éclairée.

Pourquoi c’est important : L’intelligence artificielle dans l’agriculture dans son ensemble devrait croître à un taux annuel de 25,5% entre 2020 et 2026, selon les données de Research and Markets, avec le segment de l’intelligence artificielle en tant que service qui devrait connaître le plus grand croissance. 

Le Québec est devenu la centrale de l’intelligence artificielle au Canada. Il abrite l’Institut des algorithmes d’apprentissage de Montréal, le plus grand centre de recherche universitaire au monde en apprentissage profond, et l’Institut de valorisation des données, par exemple, ainsi que la supergrappe Scale AI financée par le gouvernement fédéral. 

Scale AI était l’une des cinq supergrappes à avoir reçu 950 millions de dollars sur cinq ans en 2018 et comprend un large éventail d’entreprises, dont certaines du secteur agroalimentaire, comme Agropur et Lallemand. Son objectif principal est de créer des chaînes d’approvisionnement intelligentes qui permettront de prédire plus facilement et plus rapidement quand et où les produits sont nécessaires, puis de répondre à ce besoin. 

«Nous sommes fiers de compter plus de 1 300 entreprises au sein de notre écosystème actif», a déclaré Julien Billot, PDG de Scale AI, dans les remarques en français lors de la vitrine virtuelle de la supergrappe 2020 l’automne dernier. «Nous soutenons plus de 28 accélérateurs et incubateurs à travers le pays et ces incubateurs eux-mêmes soutiendront plus de 150 start-ups en intelligence artificielle chaque année.

Mais l’écosystème de l’intelligence artificielle au Québec encourage également les innovations plus directement liées à l’agriculture. Un couple a été présenté lors de la récente conférence en ligne organisée par la publication agricole Glacier FarmMedia Le Bulletin des Agriculteurs

Le comptage intelligent automatise la tâche répétitive et chronophage de comptage des porcs . Développé par Conception Ro-Main de Saint-Lambert-de-Lauzon, l’objectif est de réduire les besoins en main-d’œuvre à la ferme, ainsi que de limiter le stress sur les animaux. 

«Le comptage intelligent vient du besoin réel des producteurs de compter les porcs. Chacun doit compter les animaux à chaque fois qu’ils sont déplacés d’un endroit à un autre et c’est une tâche ennuyeuse », a déclaré Jacquelin Labrecque, directeur de la recherche et du développement en français de Ro-Main lors de sa présentation.

Le comptage automatisé augmente également la précision du comptage. Selon Labrecque, le comptage intelligent peut fournir une précision de 99,9%, tandis que les erreurs de taux de comptage manuel sont estimées à cinq porcs sur mille. 

Le système se compose d’une caméra aérienne de couloir qui suit chaque porc individuellement pendant qu’il se déplace dans le champ de vision de la caméra. La vidéo capturée est envoyée à un serveur où elle est analysée par des algorithmes spécialement développés qui sont formés pour compter les porcs de toutes tailles et couleurs. Un tableau de bord mobile permet aux utilisateurs de suivre et de gérer leurs données en temps réel, ainsi que de générer des rapports, des graphiques et des statistiques. 

Un autre système de gestion intelligent vient d’Agrimesh Technologies à St-Hyacinthe. Il permet aux producteurs d’automatiser et de contrôler entièrement l’environnement intérieur de leurs installations d’élevage, notamment la ventilation, l’éclairage ou la concentration de dioxyde de carbone. 

Des capteurs surveillent les conditions de l’étable et l’intelligence artificielle analyse les données pour calculer la meilleure stratégie énergétique pour maintenir la température cible intérieure constante au niveau défini, quelle que soit la façon dont la température extérieure peut augmenter ou diminuer. Le système s’ajuste alors automatiquement en fonction des recommandations de l’algorithme. 

Louis Landry de Ventec, qui distribue le système sans fil au Québec, assimile cela à avoir un employé supplémentaire dans la grange qui peut prendre des décisions indépendantes pour assurer des conditions uniformes et optimales pour le bétail ou la volaille. 

«C’est plus qu’un simple système de contrôleur de salle, c’est un système de gestion intelligent qui prend constamment des décisions et se gère de manière indépendante — lorsque vous déplacez du bétail, par exemple, il sait quand allumer automatiquement le système de ventilation», a-t-il déclaré. «La gestion intelligente est une nouvelle façon de fonctionner, une nouvelle façon de penser que nous voyons également de plus en plus dans d’autres secteurs.»

Source : https://farmtario.com/livestock/quebec-leads-the-way-in-artificial-intelligence/