Le cheptel bovin canadien augmente, et la demande demeure forte

Le troisième trimestre a apporté des opportunités et des défis, car la forte demande de bœuf justifie un optimisme prudent pour les producteurs qui doivent encore faire face à une année de sécheresse. Le cheptel bovin canadien aurait augmenté pour la première fois depuis 2017, le nombre de génisses reproductrices de bœuf ayant augmenté le 1er juillet. Les exportations de bœuf ont augmenté en raison d’une forte demande des consommateurs en Amérique du Nord et dans le monde. 

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Canfax – Publié le 17 novembre 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

L’incroyable demande a soutenu les prix des bovins d’engraissement et d’engraissement face aux prix record des céréales. Le flux de bovins a maintenu l’utilisation d’abattage au Canada à 95 pour cent depuis le début de l’année. La quantité de bœuf de première qualité et AAA produite au Canada n’a jamais été aussi élevée et a comblé la baisse saisonnière de la production au milieu de l’été. Le monde veut du bœuf et les efforts déployés par l’industrie canadienne du bœuf pour y répondre ont été impressionnants. 

Inventaires du bétail

Juillet 2021 voit une augmentation du cheptel bovin national canadien

Les stocks de bovins canadiens au 1er juillet 2021 s’élevaient à 12,29 millions de têtes, soit 0,2 % de plus qu’au 1er juillet 2020. Cette année est la première augmentation signalée du cheptel bovin national total depuis 2017. Cette augmentation est attribuable à la fois à plus de veaux et à plus d’importations de bétail. Les stocks totaux ont augmenté dans toutes les provinces, à l’exception de l’Alberta (-2,2 %) et du Canada atlantique (-0,1%). La baisse des stocks de l’Alberta était principalement attribuable à la baisse des vaches de boucherie (-59 800 têtes), des bouvillons d’abattage (-38 300 têtes) et des génisses d’abattage (-34 700 têtes). 

Le nombre de vaches de boucherie semble avoir encore diminué cette année, de 1,7 pour cent, à 3,55 millions de têtes. Il s’agit de la quatrième année consécutive que le troupeau de vaches de boucherie diminue, ce qui en fait le nombre le plus bas signalé depuis 1988. Dans l’Est, le nombre de vaches de boucherie a diminué de 3,4 pour cent, principalement en Ontario (-5,2 pour cent) mais aussi au Québec ( -1,3 %), tandis que le Canada atlantique était en hausse (+0,5 %). Dans l’Ouest, les vaches de boucherie ont diminué de 1,4 %, avec des baisses principalement en Alberta (-4,1 %) et au Manitoba (-0,7 %), tandis que la Colombie-Britannique (+1,4 %) et la Saskatchewan (+1,3 %) augmenté. Ces chiffres ont été signalés avant que de nombreuses régions ne commencent à procéder à des abattages en raison de la sécheresse. 

Source : Statistique Canada

Le nombre de génisses reproductrices de boucherie a considérablement augmenté, en hausse de 3,8 % par rapport à l’an dernier pour atteindre 654 700 têtes. Cette augmentation est la première pour le troupeau reproducteur de boucherie depuis 2017. Compte tenu des conditions estivales, il est douteux que toutes ces génisses resteront à la ferme cet automne. Les placements de génisses dans les parcs d’engraissement de l’Alberta et de la Saskatchewan représentaient 29 % de tous les placements en juillet, en hausse par rapport à 25 % en 2020, mais en baisse par rapport à la moyenne quinquennale de juillet qui est de 37 %. Le pourcentage de placements de génisses en août à 40 pour cent s’est rapproché de la moyenne quinquennale pour août à 41 pour cent. Le nombre de veaux (moins d’un an) a augmenté de 1,4 pour cent pour atteindre 4,06 millions de têtes, marquant la troisième année consécutive d’augmentation de la récolte de veaux. 

Troupeau national américain de bovins en troisième année de liquidation 

Les stocks de bovins diminuent alors que les États-Unis gèrent leur approvisionnement suffisant en bovins engraissés. Les tendances actuelles en matière de liquidation indiquent que les troupeaux américains et canadiens pourraient se consolider simultanément au cours des deux à trois prochaines années, ce qui pourrait conduire à une expansion intégrée des troupeaux nord-américains d’ici le milieu des années 2020. 

Le rapport d’inventaire de l’USDA du 1er juillet 2021 indique que les stocks totaux de bovins s’élèvent à 100,9 millions de têtes, en baisse de 1,3 % par rapport à juillet 2020 – la troisième année consécutive de baisse. Le nombre de génisses d’engraissement (> 500 lb) et de bouvillons d’engraissement (> 500 lb) a diminué de 1 % à 16 millions de têtes et 14,5 millions de têtes, respectivement. Certains rapports déclarent que l’arriéré de bétail aux États-Unis a été résorbé à compter du 1er octobre, avec des remaniements régionaux en cours pour faire passer le bétail dans le système. Les approvisionnements en bovins d’engraissement en dehors des parcs d’engraissement sont estimés à 36,1 millions de têtes, en baisse de 2 % par rapport à juillet 2020. 

Source : USDA

Les stocks de vaches de boucherie ont diminué chaque année pour la troisième année consécutive, en baisse de 2% par rapport à juillet 2020, à 31,4 millions de têtes. Les génisses de remplacement de boucherie ont diminué de 2,3% à 4,3 millions de têtes et le nombre de veaux (<500 lbs) a diminué de 1% à 27,4 millions de têtes en 2021.

Gains de production et de classement

De janvier à septembre, les poids carcasses des bovins engraissés étaient supérieurs de 1 % à ceux de 2020 et à la moyenne quinquennale, soutenant une production totale de bœuf plus élevée et une proportion plus élevée de production de qualité Prime et AAA. Le poids des carcasses de bouvillon de janvier à septembre (911 lbs) a augmenté de 6 lbs de la même période en 2020 et jusqu’à 10 lbs de la moyenne quinquennale. Le poids des carcasses des génisses (840 lbs) de janvier à septembre a augmenté de 5 lbs de la même période en 2020 et jusqu’à 12 lbs de la moyenne quinquennale. La production de bœuf de qualité Prime et AAA de janvier à septembre représentait 71 pour cent de toutes les catégories A, une augmentation de 4,6 pour cent par rapport à la même période en 2020 et 11 pour cent. 

La production américaine Prime and Choice a été en moyenne de 83 % de janvier à septembre de cette année, stable avec 2020. Alors que l’utilisation d’abattage aux États-Unis a eu du mal à dépasser 90 % chaque semaine en 2021, l’utilisation d’abattage au Canada de janvier à septembre était de 95 %. Avec une offre abondante de bovins plus lourds arrivant sur le marché au Canada au quatrième trimestre, il est peu probable que ce taux retombe sous le deuxième taux annuel le plus élevé à 92 % par rapport à 2019. 

Source : CBGA

Exportations de bœuf

Hausse des exportations de bœuf

De janvier à août 2021, les exportations de bœuf ont augmenté de 25 % en volume et de 34 % en valeur par rapport à la même période en 2020. Les volumes d’exportation ont augmenté vers tous les principaux marchés, y compris les États-Unis (+16%), l’UE (+ 31 pour cent), le Japon (+36 pour cent), le Mexique (+108 pour cent), la Chine continentale (+131 pour cent) et la Corée du Sud (+91 pour cent). Les exportations ont bondi vers l’Asie du Sud-Est (hors Taïwan) (+314 %) et le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord ou MENA (+47 %) à partir d’une base plus petite. Des baisses ont été observées au Royaume-Uni (-27 %), à Hong Kong (-34 %) et à Taïwan (-48 %). Les exportations totales de bœuf pour 2021 devraient augmenter de 20 % par rapport à 2020. 

Bouleversement des parts de marché

La part de marché des exportations de bœuf s’est remaniée, avec moins d’exportations vers les États-Unis et davantage d’exportations vers le Mexique et l’Asie. Les États-Unis sont toujours le principal marché d’exportation pour le bœuf canadien, représentant 69 % des exportations totales prévues en 2021 contre 72,8 % en 2020. Les exportations vers la Chine sont en passe de doubler, pour être le deuxième plus élevé depuis 2015. 

Source : Statistique Canada, Canfax Research Services (*projeté)

Bovins engraissés et non engraissés

Deuxième été pour les primes du marché de la Fed de l’Est

Les prix des bouvillons nourris en Alberta se sont renforcés en 2021 par rapport à 2020, variant entre 145 $ et 165 $/quintal de janvier à septembre. Les prix ont culminé à 163 $/quintal en mai et juin, soit 15 $/quintal de plus que la moyenne quinquennale. Le prix du troisième trimestre à 154 $/quintal était de 14 % supérieur à celui de la même période en 2020 et de 10 % supérieur à la moyenne quinquennale. 

Les prix des bouvillons nourris de l’Ontario ont varié entre 140 $ et 161 $/quintal tout au long de l’année et ont maintenu une prime de trois à quatre dollars par rapport au prix des bouvillons nourris de l’Alberta au troisième trimestre. Les prix des bouvillons nourris en Ontario étaient de 157 $/quintal au troisième trimestre, en hausse de 9 % par rapport à 2020 et de 14 % par rapport à la moyenne quinquennale. 

Source : Canfax

Les ventes de vaches canadiennes sont en baisse constante face à la hausse du prix des parures

De janvier à août 2021, les ventes de vaches canadiennes ont diminué de 2% par rapport à 2020 et se sont maintenues par rapport à la moyenne quinquennale. Il s’agit de la troisième année consécutive avec une baisse des ventes de vaches de boucherie entre janvier et août sans aucune augmentation signalée des stocks de vaches de boucherie au 1er juillet. De janvier à août 2021, les abattages de vaches au Canada ont augmenté de 1 % par rapport à 2020, mais ont baissé de 3 % par rapport à la moyenne quinquennale. En 2020, lorsque les abattoirs canadiens ont donné la priorité aux bovins engraissés, les ventes de vaches ont chuté et une proportion accrue se dirigeait vers le sud pour l’abattage. La proportion de vaches abattues en 2021 est devenue plus élevée qu’en 2020 aux deuxième et troisième trimestres ; après cinq mois de janvier à mai avec un pourcentage d’abattage de vaches inférieur à 2020. Les exportations de vaches de janvier à août 2021 étaient en baisse de 9 % par rapport à 2020, mais en hausse de 9 % par rapport à la moyenne quinquennale. Cela indique une dépendance continue à l’égard de la capacité d’emballage des États-Unis pour l’abattage non nourri. 

De janvier à août 2021, les ventes de vaches dans l’Ouest ont augmenté de 6% par rapport à 2020, mais restent stables par rapport à la moyenne quinquennale. Les abattages de vaches de l’Ouest ont augmenté de 7 % et les exportations de vaches de l’Ouest sont restées stables avec 2020, mais les exportations de vaches de l’Ouest en 2020 et 2021 ont toutes deux augmenté de 26 % par rapport à la moyenne quinquennale. De janvier à août 2021, les ventes de vaches dans l’Est ont baissé de 13 % par rapport à 2020, mais restent stables par rapport à la moyenne quinquennale. L’abattage de vaches a diminué de 13 % et les exportations de vaches ont diminué de 14 % par rapport à la même période en 2020. 

Les prix des garnitures se sont renforcés à l’automne, le prix des garnitures aux États-Unis de 85 % ayant augmenté de 39 % par rapport à septembre 2020 et de 41 % par rapport à la moyenne quinquennale de septembre. Cette demande de parures devrait aider à soutenir les prix des vaches, avec des écarts de prix régionaux pour déterminer où les conditionneurs peuvent gérer l’approvisionnement. 

Prix ​​des vaches

Les prix des vaches ont trouvé un certain soutien ce printemps, mais la sécheresse au Canada a stimulé la liquidation des vaches et exercé une pression sur les prix des vaches de l’Ouest au troisième trimestre. Les vaches D1,2 de l’Alberta ont atteint en moyenne 82 $/quintal au troisième trimestre, en baisse de 5 % par rapport à 2020 et de 10 % par rapport à la moyenne quinquennale. Avec une certaine reprise à la fin de l’été des conditions des pâturages et des cultures en Ontario, les vaches D1,2 de l’Ontario ont atteint en moyenne 86 $/quintal au troisième trimestre, en hausse de 2 % par rapport à 2020 et de 5 % par rapport à la moyenne quinquennale. Les prix des vaches à l’Est comme à l’Ouest devraient baisser. Au cours de neuf des dix dernières années, les prix des vaches ont baissé de façon saisonnière jusqu’en novembre. Au cours de la dernière décennie, les prix des vaches en Alberta et en Ontario ont chuté de 9 % et de 12 %, respectivement, entre septembre et novembre. 

Source : Canfax

Prix ​​du veau en hausse 

Les prix des bouvillons de l’Alberta ont diminué au troisième trimestre, mais sont demeurés supérieurs à la moyenne. Les prix des veaux en Alberta étaient de 224 $ le quintal au troisième trimestre, soit deux pour cent de plus qu’au troisième trimestre de 2020 et cinq pour cent de plus que la moyenne quinquennale pour le troisième trimestre. Le soutien des prix face à une récolte de veaux plus importante et à des coûts d’alimentation plus élevés indique une forte demande des parcs d’engraissement pour remplir les enclos. Les veaux qui sont commercialisés pour être performants peuvent avoir une prime cette année en raison du coût élevé de l’alimentation. 

Les prix des bouvillons de l’Ontario se sont négociés à un escompte de 6 $/quintal par rapport à l’Alberta au troisième trimestre, se renforçant à une prime pour septembre. Le prix des veaux bouvillons en Ontario à 218 $/quintal au troisième trimestre de 2021 était inférieur de 2 % à celui du troisième trimestre 2020, mais supérieur de 4 % à la moyenne quinquennale. En septembre, les prix des veaux en Ontario ont augmenté de 5 % par rapport à août à 229 $/quintal; le prix de septembre est 3 % plus élevé qu’en 2020, 6 % plus élevé que la moyenne sur cinq ans et une prime de 5 $/quintal par rapport aux bouvillons de l’Alberta. Les prix des veaux peuvent fléchir de façon saisonnière jusqu’en novembre, mais ils peuvent conserver ce coussin de prix de 2 % par rapport à la moyenne quinquennale en raison de leur avantage en termes de coûts d’alimentation. 

Source : Canfax

Taux de remplacement 

Plus le taux de remplacement est bas, moins le parc d’engraissement doit payer pour remplacer un animal nourri par une mangeoire; à l’inverse, un ratio plus élevé signifie que le parc d’engraissement doit payer plus par livre pour remplacer ces animaux. Par conséquent, un ratio plus élevé a des répercussions négatives sur la rentabilité des parcs d’engraissement, car plus de dollars sont dépensés pour placer de nouveaux bovins. 

Les taux de remplacement aux T2 et T3 2021 étaient inférieurs à ceux des T2 et T3 2020. Dans l’Est, les ratios de remplacement ont diminué consécutivement du T1 au T2 et du T2 au T3 pour les bouvillons, les bouvillons d’un an, les bouvillons de petite garde et les génisses et les veaux d’un an. Dans l’Ouest, les taux de remplacement étaient inférieurs au T2 par rapport au T1, mais ont légèrement augmenté au T3 pour toutes les classes d’engraissement, à l’exception des 750 livres. Le taux de remplacement pour les 750 lbs dans l’Ouest entre le T2 et le T3 sont restés les mêmes à 1,46. 

Prix ​​des céréales fourragères

Les prix de l’orge montent en flèche 

La production canadienne d’orge en 2021 devrait être la plus faible depuis 2014, à 7,14 millions de tonnes. La faible production a soutenu les importations d’orge au quatrième rang jamais enregistré avec 150 000 tonnes. Cela fait suite à l’année d’importation d’orge la plus élevée jamais enregistrée (depuis 1990) en 2020. Même avec des importations plus élevées, 2021 serait la deuxième année consécutive de stocks de clôture d’orge record et la cinquième année consécutive de baisse des stocks de clôture d’orge. Les stocks de clôture d’orge devraient atteindre 300 000 tonnes en 2021, leur plus bas niveau depuis le début de la déclaration en 1980. La sécheresse La Niña a fait chuter la production des grandes cultures d’environ 30 pour cent au Canada et de 40 pour cent dans l’Ouest, par rapport à 2020. L’utilisation intérieure devrait diminuer de 21 % par rapport à l’année dernière. 

La baisse de l’offre a poussé le prix de l’orge à un sommet record en août à 421 $/tonne. Les prix de l’orge ont fléchi de façon saisonnière jusqu’en septembre, en baisse de 7 $/tonne par rapport au sommet d’août. Par conséquent, le ratio bovins à orge de Calgary a chuté à 16,7:1 en août, le plus bas depuis juillet 2003, et a augmenté d’un point pour atteindre 17,6:1 en septembre. Les prix au comptant et à terme se sont renforcés depuis l’automne dernier, mais le coût élevé des gains affectera les marges. 

Correction du marché du maïs 

Contrairement à l’orge, la production canadienne de maïs suit une tendance à la hausse depuis les années 1990 et devrait atteindre un sommet sans précédent de 14,37 millions de tonnes en 2021. Les stocks de clôture de maïs canadien ont également suivi une tendance à la hausse depuis les années 1990 et devraient être stables en 2021. par rapport à 2020 à deux millions de tonnes. L’utilisation intérieure totale devrait augmenter de 16 % cette année par rapport à l’année dernière. 

Avec l’incertitude de la récolte cette année et les effets complets de la sécheresse La Niña inconnus, les prix du maïs en Ontario ont grimpé en flèche pendant l’été alors que les producteurs cherchaient d’autres aliments pour animaux. Les prix du maïs en Ontario étaient de 346 $/tonne en août, mais corrigés à 285 $/tonne en septembre. Les cultures de maïs aux États-Unis et au Canada ont été moins touchées par la sécheresse qu’on ne l’avait prévu plus tôt dans l’année. La production de maïs d’Omaha devrait être à son plus haut niveau cette année depuis 2004, à 23,38 millions de tonnes. Le maïs d’Omaha a été réduit par rapport au maïs de l’Ontario depuis juin de cette année, mais s’est vendu à un prix plus élevé les deux dernières semaines de septembre, ce qui a donné un avantage alimentaire canadien dans l’Est. 

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/beef-watch/beefwatch-canadian-cattle-herd-increases-strong-beef-demand-seen-from-consumers/