Le bœuf reprend sa place en épicerie

L’année 2020 aura été bonne pour le bœuf. Bien que le végétarisme et le véganisme semblent de plus en plus populaires, les ventes de viande bovine fraîche en épicerie – toutes provenances confondues – ont augmenté de 17 % au Québec au cours de la dernière année, révèlent les données fournies par NielsenIQ. Sur le plan de la quantité de viande, on enregistre une hausse de 10 %, du jamais vu, selon les spécialistes de la firme.

Tiré de lapresse + – par Nathaëlle Morissette – Publié le 13 février 2021

Pendant ce temps, le bœuf québécois – qui profite de cette popularité au détail – prend de plus en plus d’espace dans les comptoirs des supermarchés. Les produits portant le sceau Bœuf Québec, marque créée en 2017 qui garantit une traçabilité de la ferme à l’assiette, qui sont d’abord entrés dans quelque 300 magasins IGA en 2018, ont ensuite commencé à être vendus dans les 114 épiceries Maxi à la fin de l’été dernier, puis dans 84 Provigo. Plus récemment, ils ont fait leur apparition dans les comptoirs de plus de 150 marchands Metro.

En plus de différentes coupes de viande, Bœuf Québec commercialise maintenant des produits prêts à réchauffer comme une sauce pour pâtes ou encore un braisé à la bière. Une dizaine de nouveaux produits devraient apparaître sur les rayons en cours d’année.

« On a gagné une grande part de comptoir », se réjouit Jean-Sébastien Gascon, coordonnateur du Partenariat Bœuf Québec, qui n’a pas en main les parts de marché officielles de ses produits. « C’est certain que c’est une croissance très rapide », reconnaît-il. Et cette hausse pourrait se poursuivre.

Selon M. Gascon, au cours de la prochaine année, le Québec pourrait augmenter sa capacité de transformation du bœuf avec l’ajout de deux nouveaux abattoirs sous inspection fédérale. C’est ce critère qui permet de vendre aux grandes marques.

« Tout le monde est en mode investissement », fait-il remarquer. Actuellement, la transformation se fait aux usines de Viande Richelieu et de Montpak. Chaque semaine, il se transforme en moyenne 750 bouvillons dans la province, soit le triple de ce qui se faisait hebdomadairement en 2019. Il ne s’était pas transformé autant de viande bovine au Québec depuis 2007. Avec l’arrivée de deux nouveaux acteurs, Jean-Sébastien Gascon souhaite que la province passe à environ 1200, 1400 bouvillons chaque semaine. « C’est très ambitieux, reconnaît-il. Mais il y a une synergie qui permet de croire qu’on est capable de le faire. »

La marque Famille Fontaine dans le bœuf

De son côté, Délimax-Montpak, entreprise québécoise qui commercialise son veau et son agneau sous sa marque Famille Fontaine – les barquettes mauves –, a décidé de lancer en décembre une gamme de produits de bœuf sous le même nom. Les contre-filets, les filets mignons et les tomahawks sont vendus exclusivement chez Metro.

« Pour nous, c’était comme une évolution naturelle de produire du bœuf sous notre marque Famille Fontaine », souligne Alex Fontaine, président-directeur général de Montpak. « On a déjà toutes les infrastructures. C’est fait dans la même usine où on fait le veau. »

L’entreprise transformait évidemment déjà du bœuf, mais il n’était pas emballé et mis en marché sous sa marque. L’engouement pour l’achat de produits alimentaires d’ici et la croissance des ventes au détail du veau Famille Fontaine – de 35 % à 40 % au cours de la dernière année – ont convaincu Alex Fontaine de se lancer.

« On vend à Metro en exclusivité notre gamme Famille Fontaine dans le bœuf. En retour, ils prennent toutes les parties de l’animal et de la carcasse », souligne M. Fontaine. Selon lui, tout le défi de la mise en marché réside dans la vente de l’entièreté de l’animal. Avec la fermeture des restaurants, certaines parties ne trouvent plus preneur.

« Notre profit vient quand on vend la dernière livre de ce bœuf-là, explique-t-il. Tant que tu ne l’as pas vendue, tu ne fais pas d’argent. » D’autres coupes devraient apparaître dans les comptoirs au cours des prochains mois. Chez Metro, on confirme que les ventes de bœuf sont en augmentation et que le volume de viande bovine offert en magasin est beaucoup plus important qu’avant.

Source : https://plus.lapresse.ca/screens/ad0d8101-94f2-40d2-a16e-728f335ed69b__7C___0.html