L’après-Covid : un avenir relativement optimiste pour l’industrie canadienne des bovins de boucherie

L’industrie canadienne des bovins de boucherie entre dans la deuxième année de la pandémie en assez bonne forme, selon un économiste agricole de premier plan.

«Après une année d’adaptation aux chocs associés au COVID-19, le secteur canadien des bovins et du bœuf fait face à un avenir relativement optimiste», écrit James Rude de l’Université de l’Alberta dans le Canadian Journal of Agricultural Economics.

Tiré de producer.com – par Ed White – Publié le 1 avril 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Ces chocs comprenaient des fermetures de conditionneurs et des divergences féroces entre les prix de gros et les prix des bovins vivants, ainsi que des arriérés importants de bovins engraissés.

«Malgré ces chocs dramatiques, le secteur est revenu à des conditions quasi normales.»

Cependant, James Rude dit que la situation à long terme de l’industrie reste une question ouverte, avec un certain nombre de problèmes assombrissant son avenir.

«L’industrie bovine canadienne est entrée en 2020 et la perturbation du COVID-19 avec un troupeau reproducteur en déclin depuis 15 ans, un secteur de la transformation concentré et vieillissant, des inquiétudes concernant l’augmentation des substituts de viande et des pressions exercées sur l’industrie pour qu’elle réduise son empreinte carbone», a déclaré James Rude.

«Pourtant, les perspectives des exportations de bœuf canadien demeurent aussi optimistes aujourd’hui qu’elles l’étaient au début de 2020. Cependant, pour rester compétitive, l’industrie canadienne doit relever de sérieux défis.»

Ces défis comprennent d’éventuelles nouvelles exigences en matière de santé et de sécurité pour les travailleurs des usines d’emballage à la suite de la pandémie, le protectionnisme sur les marchés étrangers, la pression pour une capacité plus faible dans l’industrie afin de fournir une résilience aux chocs futurs et le déclin à long terme du troupeau canadien de vaches de boucherie.

James Rude a présenté les perspectives de l’industrie canadienne du bœuf en mars 2020, alors que la pandémie a éclaté, et sa nouvelle pièce est un retour sur ce qui s’est passé et sur la situation actuelle de l’industrie.

Les fermetures d’usines d’emballage ont été le plus gros choc pour l’industrie, les deux grandes usines du Canada étant toutes deux gravement touchées par les infections et l’usine Cargill de High River a fermé pendant deux semaines.

Cela a conduit à une baisse temporaire de 60 pour cent de l’abattage de bovins au Canada, ce qui était plus important qu’aux États-Unis.

Les prix de gros du bœuf ont plus que doublé, tandis que les prix des bouvillons ont chuté d’un tiers. Cela a causé un arriéré d’environ 133 000 bovins, créant des problèmes dans les parcs d’engraissement et plus loin dans la chaîne.

Les programmes fédéraux-provinciaux de mise en jachère ont contribué à cette situation, tandis que les secteurs de l’emballage et de la vente au détail ont réglé la nouvelle réalité de la COVID-19.

Le marché d’exportation a été troublé par la pandémie, avec des exportations en baisse de 9% en volume entre janvier et juin 2020. Mais à la fin de l’année, elles n’étaient en baisse que de 3,1%.

Au cours de l’année, après les premiers chocs, l’industrie bovine est revenue à un fonctionnement essentiellement normal. La demande intérieure et internationale a permis à la viande de bœuf de couler et les mesures de santé et de sécurité dans les usines de conditionnement leur ont permis de reprendre des activités proches de la normale.

À long terme, les conditionneurs doivent répondre à la nécessité de concevoir des usines pour éviter des arrêts majeurs lorsqu’ils seront confrontés à une crise similaire à l’avenir.

«La voie à suivre implique des compromis difficiles pour s’assurer que la chaîne d’approvisionnement du bœuf ne sera pas confrontée à de futures perturbations d’une ampleur similaire», a indiqué M. Rude.

Cela peut inclure une utilisation accrue de l’automatisation et de la robotique pour réduire les conditions de travail difficiles et faire face aux défis d’espacement du personnel.

«Il n’existe pas de solution universelle pour améliorer la résilience. Cela dépend plutôt d’un processus d’apprentissage à partir de l’expérience de la COVID-19 et du respect des meilleures pratiques de gestion des risques.»

Source : https://www.producer.com/livestock/beef-sector-survived-covid-shocks/