La pandémie a propulsé la Politique bioalimentaire du Québec

Depuis plus d’un an, la pandémie a fait prendre conscience aux Québécois de l’importance de l’alimentation et de l’achat local. « La pandémie nous a rappelé à quel point c’était un service essentiel », a dit le premier ministre du Québec, François Legault, dans un message enregistré diffusé en guise d’introduction de la deuxième rencontre annuelle des partenaires de la Politique bioalimentaire, tenue en deux matinées de façon virtuelle, les 20 et 21 mai 2021.

Tiré de le bulletin.com – par Marie-Josée Parent – Publié le 22 mai 2021

Le ministre de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec, André Lamontagne, a expliqué comment, suite à l’effondrement des marchés et l’incertitude liée à la pandémie en mars 2020, son ministère a mis en place une cellule de crise qui se réunissait tous les matins, sept jours sur sept. Le but était de maintenir la fluidité du commerce afin de permettre aux consommateurs d’avoir accès aux aliments sur une base quotidienne et d’assurer l’accès à la main d’œuvre et la protection de cette main d’œuvre.

« Une chose qui est ressortie vraiment : ça a mis l’importance sur l’achat local auprès des consommateurs », a dit le ministre Lamontagne. Et cela s’est reflété dans les résultats des enquêtes qui ont été menées en prévision de cette rencontre.

Analyse de la demande

Selon une enquête effectuée par le CIRANO en février dernier, appelé baromètre parce qu’il s’agit des mêmes questions posées deux ans plus tôt, les Québécois mangent davantage pour le plaisir, davantage à la maison et plus sainement.

Maintenant, 83% des Québécois considèrent que le secteur bioalimentaire comme un service essentiel, alors qu’avant la pandémie, 67% étaient de cet avis. Globalement, le niveau de confiance des consommateurs envers le secteur bioalimentaire reste très élevé comparativement et en nette augmentation comparativement à 2019. 80% des Québécois jugent sécuritaire de consommer des produits alimentaires.

Le logo Aliments du Québec remporte la palme des attributs envers lesquels les consommateurs ont le plus confiance et a connu une augmentation de 7 points pour atteindre 79% de confiance.

Une majorité de Québécois, 54%, prévoient augmenter leur consommation d’aliments du Québec dans la prochaine année (contre 48% en 2019). Les 55-74 ans sont ceux qui achètent le plus d’aliments produits au Québec et qui veulent en augmenter la consommation. 71% des Québécois ont plus confiance dans les aliments du Québec par rapport aux aliments importés.

Les enjeux qui préoccupent les Québécois demeurent inchangés pour les 38 enjeux évalués dans le baromètre du CIRANO. Globalement, les préoccupations sont plus faibles cette année qu’en 2019. Toutefois, le prix des aliments est la plus grande préoccupation des Québécois. « 77% sont plutôt ou très préoccupés par cet enjeu-là », explique la directrice principale des partenariats et de la recherche au CIRANO, Ingrid Peignier, qui a signé le rapport avec présidente-directrice du CIRANO, Nathalie de Marcellis-Warin.

La préoccupation au niveau du prix est suivie par les résidus d’intrants et le gaspillage alimentaire.

« Un élément intéressant cependant cette année : on retrouve une amplification des préoccupations reliées aux animaux, et plus spécifiquement à la santé et au bien-être des animaux d’élevage qui […] a progressé de 5 places dans le classement des enjeux les plus préoccupants », a dit Mme Peignier.

Durant la dernière année, les ventes, telles que compilées par NielsonIQ, ont augmenté de 11%. « Cette croissance-là est similaire dans toutes les provinces », a expliqué le vice-président Est du Canada pour NielsonIQ, Francis Parisien. La dernière année a été marquée par des consommateurs qui étaient plus présents dans la cuisine et qui passaient plus de temps à cuisiner. Même s’il reste faible, le commerce en ligne a augmenté de 70%.

Ces bonnes nouvelles ont bien sûr réjoui le directeur responsable de la Politique bioalimentaire au MAPAQ, Daniel Bouchard. Pour l’occasion, il a présenté les faits-saillants du bilan 2020 de la publication Le Bioalimentaire économique à paraître d’ici quelques jours. Quatre indicateurs de performances sont à la hausse :

  • Les recettes monétaires agricoles (+6,8%);
  • Les livraisons en transformation alimentaires (+2,9%);
  • Les ventes dans les magasins d’alimentation (+10,2%);
  • Les exportations internationales (+11%).

Cependant les services alimentaires ont diminué de 30% en raison de la fermeture prolongée des salles à manger et il y a eu une baisse de valeur des pêches de 28%.

Deux des cibles fixés pour 2025 ont déjà été atteintes, notamment celle qui prévoyait de doubler les superficies en agriculture biologique pour 2025 qui est déjà atteinte. Pour accroître davantage la demande, le ministre Lamontagne a notamment lancé le défi 12$ qui incite les ménages québécois à transférer 12$ de leurs achats hebdomadaires d’épiceries par des produits locaux. Cela permettrait d’injecter 1 milliard de dollars dans l’économie.

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