Il existe plusieurs voies pour réduire les émissions de méthane des bovins

Selon la chercheuse Cécile Martin de l’INRAE en France, il existe plusieurs moyens pour réduire les émissions de méthane chez les bovins. Elle était conférencière du Colloque de nutrition animale du Canada en mai 2021.

Tiré de lebulletin.com – par Marie-Josée Parent – Publié le 14 septembre 2021

Pourquoi?

Les ruminants permettent de valoriser des cultures non digestibles pour l’humain. En fait, 51% des protéines animales sont produites par ces ruminants, dont 33% en viande et 67% en lait, et 81% des protéines sont produites par des bovins. Mais ces animaux sont pointés du doigt parce qu’ils occupent une grande part des émissions de gaz à effets de serre du secteur agricole : 80%.

Le méthane, CH4, est un puissant gaz à effets de serre, soit 28 fois le gaz carbonique, CO2. Chez les bovins, 85% des émissions de méthane proviennent de la fermentation entérique, donc de l’action des bactéries du rumen. D’où l’intérêt de rechercher une façon de faire produire moins de méthane aux bovins, donc d’agir sur la méthanogénèse.

Manipuler l’hydrogène

Pour produire du méthane, les bactéries du rumen combinent de l’hydrogène et du CO2. Une solution pour réduire la production de méthane est donc d’influencer l’hydrogène en diminuant sa production ou en faisant en sorte que l’hydrogène soit utilisé à d’autres fins que la production de méthane. Ou encore, en ayant une stratégie qui combine ces deux approches.

Une étude a démontré qu’il était avantageux de combiner ces deux approches. L’ajout de lin dans la ration a fait diminuer de 17% l’émission de méthane. L’ajout de nitrate a détourné l’utilisation de l’hydrogène et a permis de réduire l’émission de méthane de 22%. En combinant ces deux approches, les chercheurs ont vu une diminution de l’émission de méthane de 32%. L’effet était surtout marqué durant les périodes de la journée pendant lesquelles les bovins produisaient le plus de méthane, soit dans les heures suivant les repas.

Génétique

L’utilisation de la génétique pour diminuer les émissions de méthane est plus récente, mais le potentiel est intéressant. L’héritabilité, soit le potentiel de transmettre ce trait, est modéré, soit entre 0,19 et 0,49 g/kg. Avec un groupe de 45 vaches, les chercheurs ont évalué l’effet de la variance individuelle sur la variation globale, à plusieurs reprises et sur périodes de différentes durées.

« Il existe une différence individuelle entre les individus pour produire du méthane et donc cela permet d’envisager une sélection d’animaux faibles émetteurs », explique Cécile Martin.

Efficacité alimentaire

En étudiant des taurillons en croissance, les chercheurs ont remarqué que les taurillons qui ingéraient plus que leurs besoins alimentaires émettent plus de méthane. Toutefois, cette constatation n’a pas été observée par toutes les recherches similaires menées à travers le monde. Cet aspect nécessite donc plus de recherche.

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