Étude de Canada Beef : le secteur de la vente au détail est aux prises avec l’inflation alimentaire et le bœuf n’y échappe pas

Alors que le tsunami économique de 2020 recule et que les entreprises naviguent dans les eaux agitées des goulots d’étranglement de la chaîne d’approvisionnement et des difficultés de main-d’œuvre, les prévisions pour l’industrie canadienne du bœuf sont pour une navigation plus fluide. Cependant, plusieurs facteurs, allant de la sécheresse généralisée à la fuite des capitaux dans la transformation des aliments, font grimper les prix des aliments dans le secteur de la vente au détail.   

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Robyn Paddison – Publié le 14 octobre 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

L’inflation alimentaire soutient les ventes au détail  

Les ventes des supermarchés et autres épiceries sont restées supérieures aux niveaux de 2019 au cours des 18 derniers mois. Les épiciers réalisaient encore des augmentations des ventes d’une année sur l’autre en janvier et février 2021. Plus récemment, ce rythme a ralenti. Au deuxième trimestre 2021, les ventes des supermarchés et des épiceries ont baissé en moyenne de 1,6% par rapport à 2020, mais toujours en hausse de 12,2% en moyenne par rapport aux niveaux de 2019.

L’inflation alimentaire soutient les ventes au détail. Les prévisions canadiennes d’aliments au détail prévoient une augmentation de trois à cinq pour cent du prix global des aliments pour 2021. L’inflation sera ressentie différemment à travers le pays. L’Alberta, le Manitoba, l’Ontario et la Saskatchewan pourraient connaître des hausses de prix des aliments inférieures à la moyenne. Cependant, la Colombie-Britannique et les Maritimes pourraient connaître des augmentations des prix des aliments supérieures à la moyenne. Les augmentations les plus importantes étaient prévues pour la viande de 4,5 à 6,5 pour cent, la boulangerie de 3,5 à 5,5 pour cent et les légumes de 4,5 à 6,5 pour cent. Ces marchandises sont sensibles aux impacts de la sécheresse de La Nina subie cette année et à la dépendance nationale croissante vis-à-vis des produits importés qui sont à la merci de la hausse des coûts de carburant et de transport. 

Les prix de la viande augmentent 

Le prix de détail du bœuf a amorcé sa baisse saisonnière, en baisse de 1 % par rapport à juillet 2021 à 21,85 $ CA/kg en août 2021. Le prix de détail du rôti de côte de bœuf, qui a baissé de 5 % de façon saisonnière de juillet à août 2021, a été le principal facteur de ce déclin. Cependant, le bœuf au détail reste plus cher que d’habitude, avec des prix en hausse de 8% par rapport à août 2020 et de 14% par rapport à août 2019. La hausse des prix est due à une demande plus élevée dans le commerce de détail, en particulier pour les viandes moyennes plus chères.  

En août 2021, toutes les principales coupes étaient plus chères qu’en août 2020, à l’exception du bœuf haché. La plus forte augmentation a été enregistrée pour le bifteck de surlonge (13 %), suivi du rôti de pale désossé (11 %), du rôti de côte de bœuf (9 %), du ragoût de bœuf (5 %) et du bifteck rond (5 %). Les rôtis de lame et les rôtis ronds ont trouvé un soutien contre-saisonnier tout au long de l’été. Le bœuf haché, bien qu’en hausse de 2 % de juillet à août 2021, a baissé de 1 % en août 2021 par rapport à août 2020.  

D’une année à l’autre, les prix des produits de viande dans l’IPC ont augmenté au rythme le plus rapide en août (+6,9 %) depuis juin 2020 (+8,1 %). Cela a notamment été stimulé par le prix de la volaille et du porc. Les producteurs sont confrontés à des coûts d’intrants plus élevés, à des problèmes de chaîne d’approvisionnement et à une demande croissante des restaurants pour des produits partageables tels que des ailes qui ont eu du mal à répondre à la demande l’été dernier.  

La hausse des prix de détail du poulet et du porc devient plus favorable au bœuf, bien que le bœuf ne soit pas encore au niveau des prix comme il était avant la pandémie. En août 2021, le prix au détail du poulet a augmenté de sept pour cent par rapport à août 2020. De janvier à août 2021, le rapport des prix relatifs du bœuf au poulet était en moyenne de 2,72, contre 2,82 au cours de la même période en 2020. En 2019, cette moyenne était plus proche à 2,56.   

De janvier à août 2021, le rapport des prix relatifs du bœuf au porc était en moyenne de 1,53, contre 1,56 au cours de la même période en 2020. En 2019, cette moyenne était plus proche de 1,45. Le prix de détail du porc a augmenté de 9% en août 2021 par rapport à l’année précédente, atteignant le deuxième prix le plus élevé jamais enregistré depuis 1979. Seul novembre 2015 a vu les prix du porc augmenter au cours des 42 dernières années.   

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/news/market-intelligence-update-from-canada-beef-retail-sector-wrestles-with-food-inflation/