Compléter les minéraux sur les pâturages est un mal nécessaire!

Avec un peu de chance, en lisant cet article, «le printemps est arrivé» et les pâturages de tout le pays montrent des signes de croissance précoce. Pour les éleveurs de vaches-veaux, l’arrivée du printemps signifie le passage de l’alimentation hivernale à une nouvelle saison de pâturage. La croissance des pâturages de printemps est considérée comme une excellente source de fourrage pour répondre aux besoins nutritionnels des vaches en lactation, en particulier en termes d’énergie et de protéines. Une supplémentation est rarement nécessaire, en particulier si le nombre de bovins correspond à l’approvisionnement en fourrage existant.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par John McKinnon – Publié le 14 mai 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Cependant, certains producteurs continuent de se poser des questions, voire du scepticisme, quant à la nécessité de compléter le minéral dans les pâturages. Les questions vont de la nécessité de fournir des minéraux au type de minerai requis pour une situation de pâturage donnée. Avec cette chronique, je voudrais aborder ces deux questions.

Abordons d’abord la nécessité de fournir des minéraux sur les pâturages. La teneur spécifique en macro (c.-à-d. calcium, phosphore, magnésium) et en traces (c.-à-d. cuivre, zinc, manganèse) d’un pâturage donné dépendra de nombreux facteurs, notamment les espèces fourragères, le type de sol, la maturité des plantes (c.-à-d. qui influencent la croissance des pâturages d’une année sur l’autre). Pour illustrer ce point, examinons les résultats d’une enquête menée par le Saskatchewan Forage Council (fiches d’information disponibles sur saskforage.ca). L’enquête a examiné la teneur en macro et en oligo-éléments d’une variété d’espèces de pâturages de graminées et de légumineuses échantillonnées au printemps et à l’automne de deux saisons de croissance. Les résultats ont montré que les pâturages de luzerne échantillonnés au printemps contenaient en moyenne 1,8 pour cent de calcium, tandis que la teneur en calcium de diverses espèces de graminées variait de 0,3 à 0,4 pour cent, soit presque une différence de cinq fois. Les échantillons de luzerne printanière avaient également tendance à contenir plus de magnésium (c.-à-d. 0,43 contre 0,14 pour cent) que les échantillons d’herbe comparables.

Plus important encore, lorsque l’on répond aux besoins d’une vache de boucherie en lactation peu de temps après le vêlage, seulement 70 pour cent des pâturages prélevés au printemps satisfont aux besoins en calcium, quelle que soit l’espèce végétale. Seuls 65% et 25% des échantillons répondaient aux besoins en phosphore et en magnésium. La situation s’aggrave lorsque l’on regarde les oligo-éléments. Par exemple, 15% seulement des pâturages répondaient aux besoins en cuivre et en zinc. Pour compliquer davantage le problème, certains minéraux – comme le calcium, le magnésium et le manganèse – avaient tendance à augmenter en concentration du printemps à l’automne. Pendant ce temps, d’autres – comme le phosphore, le zinc et le cuivre – ont eu tendance à diminuer.

Bien que ces résultats soient un aperçu de la teneur en minéraux des pâturages dans une province, ils illustrent plusieurs points importants. Premièrement, il existe un besoin de supplémentation macrominérale (c.-à-d. calcium, phosphore et magnésium) des vaches de boucherie en lactation dans les pâturages, en particulier celles qui paissent dans les pâturages du début du printemps avec une forte proportion de graminées indigènes ou apprivoisées. Au fur et à mesure que la saison avance, le besoin de supplémentation en calcium et en magnésium peut diminuer en partie en raison de l’augmentation de la concentration d’herbe de ces minéraux et en partie en raison de la réduction des besoins des animaux, en particulier lorsque la production de lait diminue. En revanche, répondre aux besoins en phosphore continuera d’être un défi, en particulier à mesure que les plantes mûrissent au cours de l’été et de l’automne.

Ces résultats indiquent également que quels que soient les espèces de pâturage ou le stade de maturité, les oligo-éléments doivent être complétés. Il est également important de comprendre que, quelle que soit la concentration en oligo-éléments du fourrage, la digestion et l’absorption des oligo-éléments tels que le cuivre et le zinc peuvent être sérieusement entravées par des facteurs tels que l’âge de l’animal (c’est-à-dire que le cuivre est mal absorbé par les ruminants matures) et des niveaux alimentaires élevés de minéraux antagonistes tels que le molybdène, le sulfate ou le fer.

Qu’est-ce que ces résultats indiquent sur le type de minéral nécessaire au pâturage? Tout d’abord, ils soulignent l’importance de comprendre la composition fourragère de vos pâturages et la nécessité d’une analyse annuelle des minéraux fourragers. Ces informations peuvent vous guider dans le choix du rapport calcium/phosphore approprié (c’est-à-dire 2: 1 vs 1: 1) ainsi que pour identifier les domaines dans lesquels vous devez vous concentrer pour répondre aux besoins en oligo-éléments. Une analyse des minéraux fourragers est également utile pour évaluer si la consommation projetée de minéraux à choix libre, comme indiqué sur l’étiquette minérale, compensera des carences minérales spécifiques telles que celle du magnésium ou du cuivre.

Les résultats soulignent également l’importance de la supplémentation en magnésium, en particulier pour les vaches qui vêlent au printemps, ainsi que le potentiel de carences généralisées en oligo-éléments. Pour compenser ces carences, de nombreux fabricants d’aliments proposent un minéral spécialement conçu pour la saison de reproduction. Ces minéraux sont formulés pour avoir des niveaux élevés de macro-minéraux tels que le calcium, le phosphore et le magnésium ainsi que des oligo-éléments spécifiques tels que le cuivre, le zinc et le manganèse. Une autre caractéristique commune est d’avoir une proportion de l’ensemble des oligo-éléments sous forme de minéraux chélatés. Les minéraux chélatés sont mieux absorbés que les sources conventionnelles et peuvent conduire à une restauration plus rapide des réserves de minéraux traces des animaux.

Enfin, au fur et à mesure que la saison des pâturages avance et/ou que les besoins des animaux changent en raison de l’arrêt de la reproduction ou d’une baisse de la production laitière, le passage à un minéral de «gamme» conçu pour compléter le profil macro et oligo-minéral de votre espèce de pâturage est une étape logique non seulement pour répondre aux exigences, mais aussi pour réduire les coûts.

Revenant à nos questions initiales, j’espère qu’il est clair que la supplémentation en minéraux sur les pâturages est une nécessité! Pour éviter les pièges inutiles lors de la sélection du minéral qui convient à votre situation, il est conseillé de demander conseil à un professionnel du représentant de votre entreprise locale d’aliments pour animaux et/ou à un nutritionniste/vétérinaire consultant.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/nutrition/supplementing-minerals-on-pasture-a-necessary-evil-2/