Campagnes publicitaires : donner le crédit là où il est dû

Si l’on devait faire un sondage auprès des éleveurs canadiens concernant leur restaurant préféré, je suppose que A&W ne se classerait toujours pas particulièrement haut. Une grande partie de cette animosité remonte à la campagne du bœuf naturel que l’entreprise a menée au cours des cinq dernières années. De nombreux producteurs de bœuf ont estimé que cette campagne, tout en extorquant les vertus du bœuf élevé sans «hormones» ou «antibiotiques», l’a fait au détriment du bœuf conventionnel et a abouti à un message public mixte qui a contrecarré les efforts de l’industrie pour promouvoir la qualité et la salubrité du bœuf canadien.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par John McKinnon – Publié le 22 janvier 2021
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Si l’on regarde les efforts commerciaux plus récents, il me semble que cette entreprise adopte une approche résolument différente de son plan d’affaires concernant la promotion de ses produits à base de viande bovine. Oui, ils utilisent toujours du bœuf élevé sans implants hormonaux ni antibiotiques, ce qui est évidemment un marché de niche qui a touché une corde sensible chez un segment de consommateurs canadiens. Cependant, nous ne voyons plus de publicités avec des messages subliminaux qui font la promotion du naturel au détriment du bœuf conventionnel. Coïncidence ou non, ce changement de tactique promotionnel remonte à environ trois ans à un partenariat entre A&W et l’Université de la Saskatchewan, dans lequel l’entreprise a fait don de 5 millions de dollars aux opérations de construction et de recherche du Centre d’excellence pour l’élevage et le fourrage (LFCE). Comme je l’ai écrit dans une chronique de janvier 2018 intitulée «Dormir avec le diable », en faisant ce don, la propriété et la haute direction ont insisté sur le fait qu’ils voulaient travailler avec tous les secteurs de la chaîne de la viande bovine, dans l’intérêt de tous.

Maintenant, si nous avançons rapidement vers le présent, A&W a respecté son engagement envers l’Université de la Saskatchewan. Avec d’autres partenaires financiers, la construction du LFCE est terminée et les opérations de recherche battent leur plein. Peut-être plus important encore, les campagnes actuelles de promotion des produits de bœuf A&W semblent être en harmonie avec les messages de l’industrie bovine. Ici, je fais allusion spécifiquement à l’initiative du bœuf nourri à l’herbe que l’entreprise diffuse sur les téléviseurs d’un bout à l’autre du pays, surtout dans les foyers de Toronto, Montréal, Vancouver et d’autres grands centres urbains.

À une époque où le public est de plus en plus conscient de la source de sa nourriture, de sa production et de son impact environnemental, ces publicités mettent en scène deux jeunes éleveurs de différentes régions du pays qui aiment manifestement la terre et le bétail, ainsi que le style de vie que leur offre l’élevage. Espérons que les téléspectateurs comprennent que la santé du bétail, des sols et des prairies est interdépendante. En fait, en une soixantaine de secondes environ, ces publicités présentent aux consommateurs un cycle séculaire impliquant l’importance cruciale des animaux au pâturage (c.-à-d. les bisons et maintenant les bovins) pour la santé des prairies canadiennes et le rôle qu’un sol microbien sain jeux communautaires pour la diversité végétale et animale.

Mieux encore, ces publicités sont diffusées en même temps que McDonald’s lance sa campagne d’approvisionnement en bœuf qui a été élevé de manière durable. Les publicités de McDonald’s présentent également de jeunes éleveurs dont le message est un message d’amour et de compassion pour les animaux qu’ils élèvent, de respect pour les terres transmises par leurs grands-parents et de la nécessité d’élever du bœuf de manière écologiquement durable.

McDonald’s et A&W ne sont que deux des nombreuses entreprises actives dans le secteur de la transformation et de la vente au détail de bœuf qui sont membres de la Table ronde canadienne pour le bœuf durable (SCRB). Cette initiative dirigée par l’industrie cherche à transformer l’industrie canadienne du bœuf de celle qui s’attend à ce que le public accepte au pied de la lettre que les pratiques de production historiques sont sûres, humaines et respectueuses de l’environnement à une qui soutient son produit en suivant des protocoles de durabilité L’industrie. Les producteurs inscrits au programme doivent respecter les normes de durabilité dans des domaines tels que la gérance de l’environnement, la salubrité des aliments, la santé et le bien-être des animaux et l’intendance communautaire. Le fait que les producteurs inscrits au programme soient certifiés par des vérificateurs tiers est essentiel pour la perception et l’acceptation du public. Le bœuf remontant la chaîne d’approvisionnement à partir de ces opérations portera la certification CRSB selon laquelle il a été élevé et manipulé de manière durable. Bien qu’il soit encore relativement tôt dans son développement, il ne fait aucun doute que les principes fondamentaux de la SCRB dirigeront la future production de bœuf au Canada. En fait, le bœuf que McDonald’s commercialise pour son programme de bœuf durable provient actuellement de ce programme.

Nous sommes tous conscients d’une ligne tirée d’un célèbre discours d’Abraham Lincoln qui va dans le sens d’une «maison divisée contre elle-même ne peut pas tenir». Le fait que nous voyons tous les segments de l’industrie travailler de concert pour assurer la salubrité et la qualité du bœuf canadien et pour diffuser des messages publics cohérents est vraiment encourageant. Alors, peut-être qu’il est temps de donner du crédit là où le crédit est dû. La prochaine fois que vous serez en ville, pourquoi ne pas essayer un quart de livre avec des frites ou un Teen Burger avec ses célèbres rondelles d’oignon?

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/nutrition/giving-credit-where-credit-is-due/