Vous considérez le contrôle des mouches à passage direct cette année?

//  5 avril 2018  //  Bien-être et Santé animale, Nutrition, Techniques de nutrition  //  Commentaires fermés

Jason Smith, Université du Tennessee
23 mars 2018

Le contrôle des mouches à passage direct est sans aucun doute devenu l’un des types les plus populaires d’additifs alimentaires utilisés dans les systèmes de production bovine aux pâturages. Par conséquent, de nombreux suppléments minéraux nourris à volonté et autres produits alimentaires contenant l’une de ces technologies seront bientôt disponibles pour la prochaine saison de pâturage. Le contrôle des mouches à passage direct peut être un élément important d’un programme complet de contrôle des mouches, mais son utilisation abusive entraîne souvent des occasions manquées et un retour sur investissement limité. Ainsi, il est important de comprendre la science derrière ces produits et comment ils devraient être utilisés afin de maximiser leur efficacité.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Une chose que tous les produits alimentaires à passage direct de lutte contre les mouches ont en commun est qu’ils n’ont aucun effet direct sur l’animal, ils font plutôt effet dans le fumier de l’animal. Alors qu’ils sont consommés par l’animal, ils se déplacent dans son tube digestif sans que ce dernier ne soit vraiment affecté et sont déposés dans son fumier. C’est là qu’ils mènent leur guerre contre les mouches. Bien que ces produits arrivent tous dans le fumier de la même manière, leurs différences résident dans le mode d’action. Ces additifs se classent donc généralement dans l’une des deux catégories suivantes: les régulateurs de croissance d’insectes ou les larvicides.

Les régulateurs de croissance d’insectes sont des composés qui interfèrent généralement avec la progression du développement des mouches normales. En d’autres termes, ces produits agissent en inhibant ou en retardant la progression des larves de mouches d’un stade de développement à l’autre. Pour cette raison, les produits régulateurs de croissance des insectes sont généralement spécifiques à l’espèce et ne ciblent donc qu’une seule espèce de mouche. Les produits régulateurs de croissance des insectes les plus courants ne sont efficaces que sur les mouches à cornes. Les plus communs d’entre eux en tant qu’ingrédients de médicament actif (ex: produit / nom commercial, société) sont le S-méthoprène (ex: Altosid, Central Life Sciences) et l ADM méthoprène (Dipteracide, ADM Animal Nutrition).

Contrairement aux régulateurs de croissance d’insectes, les larvicides provoquent un changement structurel de la mouche qui conduit à la mort avant qu’elle ne puisse se reproduire. En d’autres termes, ces produits empêchent les mouches de se reproduire. En raison de ce mode d’action, les larvicides ne sont généralement pas spécifiques à l’espèce et ciblent donc plus d’une espèce de mouche. En conséquence, les larvicides ciblent non seulement les mouches à cornes, mais aussi les mouches faciales et les mouches piqueuses. Les plus communs d’entre eux sont le Diflubenzuron (ex: Clarifly, Central Life Sciences) et leTetrachlorvinphos (ex: Rabon, Bayer Animal Health).

En raison de leurs différences, il est important de s’assurer que vous utilisez le bon produit pour atteindre vos objectifs de contrôle des mouches et ainsi, répondre à vos attentes. Par exemple, certaines situations se présentent où un régulateursde croissance d’insectes est utilisé mais que le producteur ne croit pas qu’il fonctionne parce qu’il voit toujours des mouches. Étant donné que ce produit est destiné à contrôler les mouches à cornes, ne vous attendez pas à ce qu’il réduise le harcèlement des mouches faciales ou des mouches piqueuses d’étables. C’est pourquoi il arrive souvent que l’on suppose à tort que le produit ne fonctionne pas, alors qu’en fait il fonctionne. Dans cette situation ou dans des situations similaires, le problème vient d’un manque de compréhension de ce pourquoi le produit spécifique a été conçu et non pas d’un manque d’efficacité. De même, les larvicides peuvent affecter les insectes autres que les mouches qui se reproduisent également dans le fumier.

Afin de maximiser l’efficacité d’un régulateur de croissance d’insectes ou d’un larvicide, il est important de s’assurer qu’ils soient utilisés correctement. Comme ils produisent leur effet sur les mouches dans le fumier, ils doivent être présents dans le fumier pour le faire. Cela signifie que vous devez les devancer et commencer à distribuer ces produits au moins un mois avant l’émergence des mouches. Si vous attendez de distribuer un de ces produits que lorsque les mouches sont déjà rendues un problème, vous allez limiter leur efficacité, car les mouches ont eu la possibilité de se reproduire et de se développer dans le fumier non exposé au produit. Dans ces situations, les mouches ont essentiellement gagné un mois d’avance. De même, l’efficacité du produit dépend de l’alimentation de ces produits pendant toute la durée de la saison des mouches. En conséquence, il est nécessaire d’étendre sa distribution dans les aliments jusqu’à ce que le deuxième gel meurtrier majeur de l’automne soit passé.

Étant donné que ces produits fonctionnent selon que l’animal reçoive la bonne dose, il est impératif que les bovins consomment la quantité nécessaire (étiquetée) du produit. Cela signifie que les bovins doivent consommer la quantité d’aliments nécessaire pour fournir le niveau nécessaire de régulateurs de croissance d’insectes ou de larvicides, et ceci d’une façon constante. Il faut prendre des mesures pour s’assurer que ces produits soient consommés d’une manière qui permettra la livraison constante de la quantité nécessaire de drogue pour le fumier. Si vous utilisez un supplément minéral qui se consomme à volonté, vous devez suivre la consommation de minéraux et déplacer les sources d’alimentation minérale au besoin pour que les animaux ingèrent la quantité nécessaire.

Un autre facteur limitant l’efficacité des produits à passage direct est lorsqu’ils sont utilisés comme seul moyen de lutte contre les mouches. Bien qu’ils procurent un certain avantage lorsqu’ils sont utilisés seuls, les pesticides à passage direct ne sont pas une «solution miracle» et donnent de meilleurs résultats lorsqu’ils sont utilisés dans le cadre d’un programme complet de lutte contre les mouches. Ainsi, il est recommandé de les utiliser en combinaison avec d’autres méthodes de contrôle, telles que les étiquettes d’oreille imprégnées d’insecticide, l’administration d’insecticides topiques (vaporisateurs, à verser, par frottements, etc.) et la gestion adéquate du fumier. Cette dernière méthode, la bonne gestion du fumier, est la méthode la plus souvent négligée. Lorsque la gestion du fumier n’est pas appliquée, et croyez-moi, cela arrive, l’efficacité de ces produits est considérablement limitée, car les mouches auront presque toujours accès à du fumier qui n’a pas été exposé au produit. Il faut prendre les mesures nécessaires pour s’assurer que le «vieux fumier» ne limite pas l’efficacité du produit.

En raison de la réglementation, la plupart des suppléments minéraux ou autres aliments pour animaux contenant un pesticide à passage direct contiennent aussi un autre médicament. Actuellement, le médicament le plus fréquemment ajouté est un ionophore, tel que Bovatec ou Rumensin. De plus, certains produits peuvent être achetés en tant qu’«additifs» pour être incorporés dans un supplément minéral à volonté ou un autre aliment à la ferme, mais cela peut augmenter considérablement les coûts par rapport à l’achat d’un supplément ou d’un aliment qui contient déjà le produit. Il est important de prendre son crayon et de calculer ça sur pour déterminer l’option la plus économique.

Bien que les produits régulateurs de croissance d’insectes et de larvicides soient des éléments précieux d’un programme complet de lutte contre les mouches, leur mauvaise utilisation, conjuguée à une méconnaissance de leur mode d’action et des facteurs qui déterminent leur efficacité, crée des occasions perdues et limite considérablement leur valeur. Utilisez ces informations pour vous assurer que vous utilisez l’outil approprié pour le travail et que vous l’utilisez de manière à optimiser les avantages de votre travail.

** Toute mention de médicaments spécifiques, de noms de produits ou de marques ou de sociétés a été faite uniquement à des fins éducatives et non pour promouvoir un produit par rapport à un autre. **

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