Une conjonctivite non traitée chez les bovins peut être coûteuse

//  22 juillet 2016  //  Bien-être et Santé animale, Santé Animale  //  Commentaires fermés

Une réduction du gain de poids sur les veaux signifie moins de livres mises sur le marché

C’est spécial de marcher parmi les bovins de boucherie – j’ai tendance à voir des choses qu’autrement je ne verrais pas en les regardant à partir d’un camion. Prenez par exemple le fait de repérer des bovins ayant une conjonctivite. L’autre semaine, je marchais avec le gestionnaire du parc d’engraissement après que la mangeoire ait été remplie. La plupart des bovins de finition étaient accotés au câble de la mangeoire et mangeaient, mais une douzaine d’animaux restaient en arrière.

(Traduction libre de Mylène Noël)

J’ai vu que deux de ces bouvillons avaient chacun quelque chose d’anormal à un œil ; un animal avait un œil enflé qui coulait et qui était fermé, tandis que l’autre bouvillon avait un œil visiblement trouble. Le gestionnaire a pris leurs numéros d’étiquette d’oreille et les traita cet après-midi là pour une conjonctivite.

Maintenant, j’ai appris que les bandages utilisés pour protéger leurs yeux infectés sont tombés et que les animaux sont à la mangeoire avec le reste du bétail, comme si rien ne s’était passé.

Cette histoire est un bon rappel que la détection précoce, le traitement rapide et un bon programme de prévention devrait mettre fin à la progression de la conjonctivite dans la plupart des troupeaux de bovins. Nous devrions aussi nous rappeler que les bovins non traités qui deviennent aveugles à cause d’un œil malade consomment moins d’aliments et ne font pas d’aussi bons gains que les bovins ayant une vision acceptable des deux yeux. Par exemple, la recherche américaine (SDSU 2013) affirme que les veaux du printemps diagnostiqués avec une conjonctivite pèsent environ 20 livres de moins que la normale, ce qui, en argent, représente environ 30 $ de pertes en revenus au moment du sevrage.

Même avec un programme de conjonctivite en place, certaines personnes sont surprises lorsqu’un groupe du troupeau est atteint de cette maladie très contagieuse et douloureuse causée par les bactéries Moraxella bovis. En soi, l’œil sain d’un bovin a des mécanismes adéquats de défense pour empêcher la croissance de M. bovis, mais un certain nombre de facteurs, en particulier pendant les mois d’été, se réunissent pour briser cette protection naturelle et provoquer une épidémie de conjonctivite.

Je trouve surprenant que la conjonctivite puisse littérairement commencer avec un animal ; un oeil pour une raison quelconque commence à se fragiliser, ce qui crée un environnement parfait pour que se développe les bactéries M. bovis. La première source d’irritation des yeux peut venir de partout comme de l’herbe abrasive des pâturages, de la poussière, du vent ou de la lumière excessive du soleil, mais de loin la principale source d’irritation des yeux du bétail est la mouche faciale commune.

Les mouches sont les coupables en tête

Les mouches faciales sont naturellement attirées par la tête des bovins au pâturage, et plus particulièrement attirées par les sécrétions de l’œil. Ces mouches ont des parties buccales spongieuses abrasives qui stimulent l’œil à se déchirer, de sorte qu’elles puissent se nourrir des sécrétions. Par inadvertance, elles volent d’un animal à un autre, transférant aux bovins en bonne santé la bactérie M.bovis provenant d’un animal ayant une conjonctivite clinique ou qui devient transporteur après une guérison de conjonctivite (qui abrite encore des bactéries à la surface de la paupière intérieure). Ces mouches causent également de petites rayures sur la conjonctive et la cornée des yeux quand elles se nourrissent, ce qui permet beaucoup plus facilement aux organismes M. bovis de s’attacher au tissu oculaire et de prospérer.

Le traitement des bovins infectés par une conjonctivite peut être simple, mais personne ne devrait attendre qu’elle apparaisse avant de poser une action médicale. Un programme solide pour la prévention de la conjonctivite peut commencer par un contrôle insecticide et non chimique, qui se concentre autour de la tête de l’animal et qui tient compte du fait que les mouches faciales passent seulement environ 10 pour cent de leur vie d’adulte sur la face du bétail. Les mouches faciales passent habituellement la plupart de leur temps sur les clôtures, les arbres et d’autres objets. À l’automne, les mouches faciales ont tendance à hiverner dans les bâtiments d’élevage.

Programme de contrôle de la conjonctivite

La fondation sous-jacente à un bon programme de contrôle de la conjonctivite est:

  • La protection de l’étiquette d’oreille. Les étiquettes d’oreille en plastique sont imprégnées soit par des organophosphates ou pyréthrinoïdes. Une étiquette par saison par animal est recommandée. La plupart des gens doivent être conscients que l’efficacité de l’insecticide des étiquettes d’oreille est bonne pour jusqu’à environ cinq mois de contrôle.
  • La rotation stratégique des insecticides. C’est aussi pratique courante chez les producteurs d’alterner les étiquettes à base d’organophosphorés et de pyréthrine tous les deux ans afin de réduire le risque de résistance à la mouche faciale. Remarque: une nouvelle étiquette d’oreille est sortie au cours des dernières années qui contient ces deux insecticides.
  • La gestion des animaux et des non-chimiques. Certains producteurs ne mettent pas leur bétail aux pâturages ayant des herbes hautes et envahis par les buissons, ce qui n’est pas toujours pratique, mais qui réduit l’incidence de l’irritation des yeux. Dans parcs d’élevage, des zones excessivement poussiéreuses sont contrôlées par différents moyens. Idéalement, les animaux infectés doivent être isolés du reste du troupeau, car ils sont très contagieux.
  • La prévention par la nutrition. Assurez-vous que les éléments nutritifs qui favorisent une bonne vision et un système immunitaire fonctionnant (comme la vitamine A, la vitamine E, le zinc, le cuivre et le sélénium) soient dans la nourriture des animaux.
  • La gestion des aliments pour animaux. Je connais un producteur de parc d’engraissement qui ajoute de l’eau à son régime alimentaire de croissance des bovins pour réduire la poussière. Un autre producteur a arrêté de vider les rations poussiéreuses des parcs d’engraissement sur les têtes des bovins pendant le temps d’alimentation pour éviter que les aliments irritants aillent dans les yeux des bovins.

De telles méthodes pour stopper la conjonctivite chez les bovins sont importantes en raison des pertes économiques graves quand un animal perd la vue d’un seul œil. La conjonctivite pourrait être une maladie d’été en raison des risques associés impliqués, mais la mise en œuvre des programmes de prévention et de traitement appropriés peut aider les producteurs à combattre les effets de la conjonctivite, toute l’année.

Cet article a d’abord été publié dans le numéro du 7 juin 2016 du magazine Grainews

Par Peter Vitti
Publié le 18 Juillet, 2016
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Untreated pinkeye in cattle can be costly

Reduced weight gain on calves means fewer marketable pounds

It’s a funny thing about walking among beef cattle — I tend to catch things that I wouldn’t otherwise see by staring at them from a truck. Take spotting cattle with pinkeye for instance. The other week, I was walking along with the feedlot manager after the feedbunk was filled. Most of the beef finishers were up to the bunk cable and eating, but about a dozen animals hung back.

I saw that two of these steers had each something wrong with one eye; one animal had an inflamed dripping eye that was closed shut, while the other steer had a visibly cloudy eye. The manager took their ear-tag numbers and treated them that afternoon for pinkeye.

By now, I understand that the patches used to protect their infected eyes have fallen off and both animals are up to the bunk with the rest of the cattle, like nothing happened.

This story is a good reminder that early detection, rapid treatment and a good prevention program should halt the advancement of pinkeye in most cattle herds. We should also be reminded that untreated cattle that go blind in one diseased eye consume less feed and don’t gain as well compared to cattle with acceptable two-eye vision. For example, mid-American research (SDSU, 2013) states spring calves diagnosed with pinkeye weigh about 20 pounds less than normal, which translated in hard cash is about $30 of lost revenue at weaning time.

Even with a pinkeye program in place, some people are shocked when a string of their cattle come down with this highly contagious and painful disease caused by Moraxella bovis bacteria. In itself, the healthy bovine eye has adequate defense mechanisms to prevent M. bovis growth, but a number of factors particularly during the summer months come together that breakdown this natural protection and cause a pinkeye outbreak.

I find it surprising that pinkeye can literarily start with one animal; one eye for whatever reason starts to tear, which underlies the perfect environment for the M. bovis bacteria to thrive. The initial source of eye irritation can come from anywhere such as abrasive pasture grass, dust, wind, or excessive sunlight, yet by far the primary source of cattle eye irritation is the common face fly.

Flies are leading culprits

Face flies are naturally attracted to the head of cattle on pasture, and specifically attracted to the discharges of the eye. These flies have abrasive spongy mouthparts that stimulate the eye to tear, so they can feed off the secretions. Inadvertently, they fly from one individual transferring m.bovis from animals with clinical pinkeye or recovered pinkeye carriers (still harbour bacteria in inner eyelid surface) to healthy cattle. These flies also cause small scratches on the conjunctiva and corneas of the eyes when they feed, which makes it much easier for the M. bovis organisms to attach to the eye tissue and thrive.

Treating cattle infected with pinkeye can be straightforward, but nobody should wait for it to appear before medical action is taken. A sound program for pinkeye prevention may start with insecticidal and non-chemical control, which focuses around the head of the animal as well as takes into account that face flies spend only about 10 per cent of their adult life on the face of cattle. Face flies are usually found spending most of their time on fences, trees and other objects. In the fall, face flies tend to overwinter in cattle buildings.

Pinkeye control program

The underlying foundation of a good pinkeye control programs are:

  • Ear tag protection. Plastic ear tags are impregnated with either organophosphates or pyrethroids. One tag per season is recommended per animal. Most people should be aware that the efficacy of the insecticide in ear tags is good for up to about five months of control.
  • Strategic rotation of insecticides. It’s also common practice for producers to alternate organo- and pyrethrin-based tags every other year to reduce the chance of face-fly resistance. Note: a new ear tag has come out in recent years that contains both of these insecticides.
  • Non-chemical and animal management. Some producers keep their cattle out of tall grass pasture and overgrown bush, which is not always practical, but reduces the incidence of eye irritation. In drylots, excessively dusty areas are controlled by various means. Ideally, infected animals should be isolated from the rest of the herd, because they are highly contagious.
  • Nutrition prevention. Make sure nutrients that promote good eyesight and a functioning immune system (such as vitamin A, vitamin E, zinc, copper and selenium) are fed.
  • Feed management. I know of one feedlot producer who adds water to his beef grower diet to keep the dust down. Another producer quit emptying dusty feedlot ration on the heads of the cattle during feeding time to avoid irritating feed getting in the cattle’s eyes.

Such methods to halt pinkeye in cattle are important because of the serious economic losses when an animal loses sight of even one eye. Pinkeye might be a summertime disease because of the associated risks involved, but implementing the proper treatment and prevention programs can help producers combat the effects of pinkeye, all year round.

This article first appeared in the June 7, 2016 issue of Grainews magazine

By Peter Vitti
Published: July 18, 2016
Photo: File

 

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