Un monde sans bœuf canadien ne serait pas bon pour la planète

//  4 janvier 2020  //  Production durable et environnement  //  Commentaires fermés

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Dans un monde qui ne tarde pas à calomnier les entreprises affectant le changement climatique, l’industrie du bœuf a été identifiée comme un contributeur majeur.

L’idée que «le bœuf est mauvais» a infiltré les opinions populaires sur le produit, ce qui rend difficile pour les perspectives alternatives de briser le brouillard de la rhétorique négative.

Donc, ici, je déclare clairement: le bœuf n’est pas tout mauvais; le bœuf peut faire partie de la solution.

Tiré de albertafarmerexpress.ca – Commentaire de Mikayla Janssen – Publié le 23 décembre 2019
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Les émissions générées par la production canadienne de bœuf sont parmi les plus faibles au monde. S’il est vrai que les émissions de l’agriculture canadienne dans son ensemble ont augmenté, l’industrie du bœuf a réalisé des réductions d’émissions. Pour chaque kilogramme de poids vif, le bœuf canadien produit seulement 11,4 kilogrammes de dioxyde de carbone — moins de la moitié de la moyenne internationale.

De plus, de 1981 à 2011, la production d’une unité de bœuf a connu une baisse de 17% de la consommation d’eau et une réduction de 15% des émissions de gaz à effet de serre. Ces progrès se poursuivront probablement, étant donné que l’adoption future de stratégies d’atténuation devrait entraîner une diminution de 20% des émissions, avec une réduction supplémentaire de 5%, si nous réduisions de moitié le gaspillage alimentaire.

Les terres réservées au pâturage du bétail canadien contribuent grandement à l’atténuation des changements climatiques, piégeant 1,5 milliard de tonnes de carbone dans son sol dans un processus de stockage à long terme et durable. La quantité de carbone contenue sous la surface d’un hectare de prairie de fétuque non cultivée équivaut à l’enlèvement d’environ 150 voitures pendant une année entière.

De plus, les pâturages sont intimement liés à la préservation et à la conservation des écosystèmes des prairies et des zones humides. Ces biomes, protégés par des réserves de pâturages, soutiennent les espèces menacées tandis que le bétail fournit des processus importants de recyclage des nutriments.

Le rôle clé que jouent les bovins dans la protection de ces écosystèmes a incité Canards Illimités Canada à lancer son programme renouvelable de conservation des terres. Cette initiative prend les zones humides et les prairies restaurées par l’organisation et les vend aux producteurs avec des servitudes de conservation en place.

Ces collaborations permettent de protéger les écosystèmes menacés à une échelle qui ne pourrait être atteinte ni par les écologistes ni par les éleveurs seuls, et illustrent les avantages potentiels de l’inclusion de l’industrie bovine dans la recherche de solutions climatiques.

L’agriculture remonte dans ma famille depuis cinq générations, j’ai donc pu constater de visu le degré d’intendance dont font preuve les producteurs.

Les éleveurs ont un lien inégalé avec l’environnement, car leurs moyens de subsistance en dépendent. Il est donc dans l’intérêt des producteurs de bœuf de s’assurer que les méthodes qu’ils emploient sont durables. Les éleveurs ont cultivé des pratiques agricoles conservatrices au fil du temps, associant des méthodes pratiques (telles que les techniques de gestion du pâturage) à la recherche scientifique pour réaliser des améliorations dans l’industrie et réduire les émissions.

Par conséquent, nous devons cesser de cibler les producteurs de bœuf en tant qu’instigateurs de la crise climatique et reconnaître les avantages potentiels que ces gardiens offrent.

Malgré ces faits, les critiques continuent de pousser le discours selon lequel «le bœuf est mauvais».

Cependant, je les invite à envisager un monde sans bœuf.

Un monde où les 50 millions d’acres de pâturages — dont une grande partie ne convient pas aux cultures — pourraient être convertis à des fins industrielles et le carbone stocké libéré dans notre atmosphère. Un monde qui connaît l’effondrement subséquent des écosystèmes des zones humides et des prairies à la suite de la conversion industrielle des pâturages.

Sans bœuf, ces biomes subiront la suppression du processus de recyclage des nutriments et la protection de l’habitat offerte par les bovins en pâturage. Imaginez un monde où toute une industrie de gens passionnés par l’environnement et motivés voit leurs moyens de subsistance arrachés — où un mode de vie multigénérationnel et séculaire est éradiqué.

Est-ce le monde que nous recherchons?

Au lieu de cela, j’encourage les critiques à imaginer un monde où les producteurs de bœuf sont intégrés dans l’histoire positive; un monde où les éleveurs continuent de travailler main dans la main avec les climatologues et les écologistes pour exploiter la capacité du secteur de la viande bovine à atténuer le changement climatique; où les prairies luxuriantes et les zones humides remplies de troupeaux de bovins tapissent la Terre, soutenant les populations humaines et les espèces menacées.

Je les invite à imaginer un monde où les processus de séquestration du carbone, les améliorations de l’industrie et les meilleures pratiques sont utilisées par les producteurs pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans la création d’un monde plus durable.

Il est impératif de cesser de pointer du doigt le secteur de la viande bovine et d’honorer sa capacité à générer des impacts positifs, car nous dénigrons ce qui pourrait nous sauver.

La société doit se frayer un chemin à travers les campagnes négatives et accepter la vérité. Après tout, lorsque nous arrivons à la chair du problème et que les faits sont présentés, il ne devrait pas y avoir de bœuf à ce sujet.

Source : https://www.albertafarmexpress.ca/2019/12/23/a-world-without-canadian-beef-would-not-be-good-for-the-planet

 

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