Steve Kay – Cattle Buyers Weekly

//  16 juin 2017  //  Analyses de marché, Marchés, Steve Kay (Cattle Buyers Weekly)  //  Commentaires fermés

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Kay – JBS est toujours assiégée

Le 12 juin 2017, un article de Steve Kay a été publié où il explique qu’au moment d’écrire l’article, les actions du processeur mondial de viande JBS SA avaient chuté après les rapports qui disaient que la société était visée par un raid de la police fédérale brésilienne.

Selon un rapport publié par le magazine de presse Veja du Brésil, des agents de la police fédérale ont fouillé le siège de JBS et de FB Participações, une autre société contrôlée par la famille Batista. Ni la police fédérale ni JBS n’avaient fait de commentaires immédiats, dit Kay.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Pour les Batistas, et indirectement pour JBS, la crise semble loin d’être terminée.

Selon Kay, le scandale de corruption aurait englouti la famille et leur aurait déjà coûté cher. Il résume les événements clés pour examiner les implications plus larges des opérations mondiales de JBS.

Kay dit que J & F Investimentos de la famille Batista, l’actionnaire majoritaire de JBS avec 42 pour cent des stocks, aurait accepté de payer une amende de 10,3 milliards d’euros sur 25 ans. Cela représente 5 p. 100 du chiffre d’affaires total de J & F de JBS et de toutes les autres activités dans lesquelles elle a des actions. Il note aussi que les rapports indiquent que cela pourrait augmenter à 20 milliards de dollars, car le chiffre est indexé sur l’inflation. J & F aurait également accepté d’investir 2,3 milliards de dollars dans les projets sociaux liés à l’éducation et à d’autres domaines proposés par le ministère public fédéral.

Une cour fédérale brésilienne aurait émis une injonction pour geler 800 millions de dollars dans des comptes bancaires appartenant à Joesley Batista, ajoute Kay. La cour fédérale aurait déclaré que les fonds gelés pourraient être utilisés pour rembourser les gains prétendument acquis illégalement sur le marché des devises étrangères un jour avant la divulgation du 17 mai que Batista avait conclu un plaidoyer avec les procureurs. Le gardien des finances brésilien du CVM enquête sur les transactions et aurait dit qu’il mènera son enquête le plus rapidement possible.

Selon Kay, la négociation de plaidoyer, dans laquelle il y avait Wesley Batista, aurait permis aux deux frères de ne pas aller en prison car les procureurs ont convenu de ne pas déposer des accusations pour leurs années de corruption. Mais ils seraient encore confrontés à l’allégation selon laquelle JBS aurait fait des échanges suspects qui présentent des signes d’un délit d’initiés. La seule déclaration de JBS sur le sujet, ajoute Kay, était que le 19 mai, tous les échanges effectués cette semaine-là étaient conformes à sa stratégie de couverture de sa grande dette (en dollars américains).

Transfert illégal vers l’Argentine

Une autre conséquence du scandale était que JBS aurait accepté de vendre, pour 300 millions de dollars US, neuf usines de transformation du bœuf en Argentine, au Paraguay et en Uruguay pour rivaliser avec le processeur brésilien Minerva SA, dit Kay. JBS dit qu’elle a l’intention d’utiliser le produit de la vente pour réduire ses mobilisations financières.

Cette action est probablement un soulagement pour JBS car, sleon Kay, son incursion en Argentine était néfaste. JBS avait acquis les usines argentines entre 2001 et 2005. Mais, dit-il, JBS aurait eu de la difficulté à les exploiter de manière rentable, surtout après que la présidente Cristina Fernandez ait mis en place des quotas d’exportation. JBS a fermé toutes les usines en 2012 sauf une.

Ironiquement, Kay dit que l’offre en 2005 de JBS d’acheter Swift Armor SA en Argentine semble avoir commencé le cycle des financements et des pots-de-vin de l’État. La Banque nationale de développement du Brésil (BNDES) aurait accepté de prêter à la société 80 millions de dollars américains et les Batistas auraient payé 4pc de la valeur ou 3,2 millions de dollars EU en pot-de-vin à un associé du président de la BNDES, Guido Mantega. C’est ce que Joesley Batista aurait déclaré aux procureurs, dit Kay.

Cependant, ajoute Kay, JBS restera de loin le plus gros processeur de bœuf au Brésil, bien devant Marfrig et Minerva. Elle a, malgré tout, 36 usines au Brésil avec une capacité combinée de 34 600 de capacité journalière. Cependant, dit-il, la société devra convaincre les éleveurs de bovins de vendre leur bétail à crédit, alors qu’avant, ils achetaient plutôt leur bétail sur des termes strictement en espèces.

Kay dit que la société devra également réparer les relations avec ses clients au Brésil. Une foule de restaurants et de chaînes de supermarchés ont cessé d’acheter des produits JBS, ou disent qu’ils envisagent de le faire, aurait rapporté le Wall Street Journal dans son édition du 9 juin. De plus, la veille, la compagnie pétrolière brésilienne Petrobras aurait annulé un contrat d’approvisionnement en gaz naturel avec une centrale électrique détenue par J & F. Petrobas aurait cité la violation d’une clause anti-corruption et aurait déclaré qu’elle voulait environ 21 millions de dollars en réparation.

Retombées financières

JBS a subi des retombées financières, dit Kay, mais on ne peut être certain si cela aura une incidence pendant très longtemps sur sa capacité à opérer au Brésil ou à l’étranger. Les agences de notation américaines Moody’s Investors Service et Fitch ont immédiatement réévalué leurs notations de JBS et de la filiale JBS USA. Cela pourrait donner de la difficulté à JBS d’attirer des fonds provenant d’autres sources, du moins à court terme, car sa réputation a été ternie, disent les analystes.

JBS pourrait avoir plus de difficultés à obtenir un financement au Brésil. Mais JBS a déclaré que l’accord de clémence avec l’accord de J & F permet à JBS et à d’autres sociétés dans lesquelles J & F est actionnaire de négocier et de renouveler des emprunts d’entreprises avec toutes les institutions financières brésiliennes, y compris les banques publiques. Donc, dans quelques mois, cela pourrait revenir à « comme si de rien n’était ».

La société va peut-être attendre un certain temps pour lancer une première offre publique (IPO) pour JBS Foods International, dit Kay. JBS aurait retardé l’introduction en bourse et l’inscription de l’unité sur la Bourse de New York après qu’aient émergé les allégations de Weak Flesh (concernant les allégations de corruption antérieures sur les pratiques d’inspection de la viande, avant que le scandale de corruption n’ait éclaté. Selon Kay, JBS avait espéré que l’introduction en bourse augmenterait d’environ 1 milliard de dollars US et aiderait à accélérer son expansion en dehors du Brésil.

Les actifs ne sont pas à vendre

La plus grande unité d’affaires de JBS est de loin JBS USA, qui comprend des opérations au Canada et en Australie, explique Kay. JBS est le deuxième transformateur de bœuf et de porc aux États-Unis et, de loin, le plus gros producteur de bovins d’embouche. Elle est aussi le deuxième processeur de volaille des États-Unis, ayant la propriété de 68pc de Pilgrim’s Pride Corporation. JBS Aaurait a également convenu, en mars, d’acquérir la société de viande transformée Plumrose USA pour un montant de 230 millions de dollars US dans une transaction par actions. JBS est également le deuxième processeur de bœuf au Canada et le plus grand processeur et producteur de bovins d’embouche de l’Australie.

Selon Kay, JBS aurait l’intention de conserver tous ces actifs et d’autres, tels que Moy Park en Irlande du Nord. Aucun actif de base aux États-Unis ou dans d’autres parties du monde n’est un candidat à la vente, aurait-t-elle déclaré dans un communiqué. JBS aurait également noté que Pilgrim’s Pride est essentiel à la stratégie à long terme de JBS consistant à rechercher des opportunités commerciales qui réduisent la volatilité et améliorent les marges. Le traitement du boeuf et du porc génère des flux de trésorerie énormes, de sorte que la division JBS USA devrait continuer à fonctionner normalement, dit Kay. Cependant, JBS ne devrait pas, pour un certain temps, chercher à obtenir de nouvelles acquisitions en Amérique du Nord, croit Kay.

C’était à prévoir, affirme Kay, le groupe de producteurs de R-CALF USA aurait envoyé une lettre de 11 pages au président Trump et à d’autres fonctionnaires demandant une enquête du ministère de la Justice sur les pratiques d’approvisionnement en bovins de JBS. R-CALF a cherché à dénoncer JBS comme étant seulement en mesure d’entrer dans les affaires américaines grâce à un enrichissement illicite et à la corruption.

Il est difficile d’imaginer que ses allégations auront un quelconque effet, c’est dèjà une année remplie de chocs pour JBS et la famille Batista. C’est pourquoi Kay ne crois pas qu’il se passera autres choses de surprenant.

Mylène Noël
Rédactrice web
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