Stabiliser l’industrie des bovins de boucherie en Ontario

//  20 mars 2018  //  Gestion, Stratégie et Leadership  //  Commentaires fermés

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Cinq opinions entendues lors de la journée Grey-Bruce Beef

Par Lois Harris
Publié le 19 mars 2018

Les panélistes Mike Buis, Mike von Massow, Jarius Maus, Joe Hill et Tammi Ribey discutent des défis auxquels les producteurs de bœuf de l’Ontario seront confrontés en 2018. Photo: fourni

Si chaque producteur mettait en pratique deux ou trois nouvelles idées issues des conférences auxquelles il assistait, l’ensemble de l’industrie pourrait en bénéficier, selon le Dr Tammi Ribey.

(Traduction libre de Mylène Noël)

« L’industrie du bœuf c’est nous – tout le monde peut faire quelque chose », a-t-elle déclaré. « Si nous faisions tous un petit quelque chose, collectivement, cela devrait aider. » Ribey est vétérinaire à Paisley, en Ontario. Il est propriétaire d’une entreprise de semences de base pure Angus et président de la Conférence canadienne de l’industrie du bœuf de 2018.

Elle a participé à une table ronde sur la quête d’une plus grande stabilité de la province dans l’industrie du bœuf pendant la semaine des agriculteurs de Grey-Bruce, à Elmwood.

Cinq panélistes ont exprimé leur opinion sur ce que les producteurs peuvent faire pour contrer la diminution du cheptel provincial, les fluctuations des prix, l’environnement commercial chancelant, les préférences changeantes des consommateurs, les agriculteurs vieillissants, le prix élevé des terres et bien d’autres défis. Le panel a été animé par Christoph Wand, le spécialiste de la durabilité de l’élevage du ministère de l’Agriculture, de l’Alimentation et des Affaires rurales de l’Ontario.

De l’avis général, une meilleure coordination et une rétroaction de l’information dans la chaîne de valeur contribueraient grandement à améliorer la qualité du produit, à réaliser des économies et à répondre à la demande des consommateurs.

Mike Buis a dit que, parce qu’il a une opération verticalement intégrée de vache-veau à la vente au détail, il peut joindre toutes les étapes ensemble et voir où il peut apporter des améliorations. Buis a un troupeau commercial de 300 têtes près de Chatham, en Ontario, qui approvisionne son propre magasin à la ferme et plusieurs autres marchés. Il cultive aussi 750 acres de terres cultivées.

« Nous fixons les prix sur une base annuelle et ne suivons pas les hauts et les bas des marchés », a-t-il déclaré. « Nous avons également réduit les coûts d’alimentation importants en faisant brouter les cultures de couverture et en utilisant des aliments de remplacement ». Il a ajouté qu’il obtenait encore plus d’efficacité alimentaire en travaillant avec des voisins producteurs pour faire paître leurs champs récoltés.

Buis a également déclaré que l’industrie vieillissante doit engager les jeunes et a attribué son succès grâce la présence de sa fille dans l’entreprise. Elle s’interroge sur la façon dont l’entreprise fonctionne, demande si les choses peuvent être mieux faites et aide à faire des changements.

Mike von Massow, professeur agrégé à l’Université de Guelph, a déclaré que les sables mouvants de la demande des consommateurs signifient que les producteurs doivent être disposés à penser différemment la façon dont ils fonctionnent.

« Vous devez penser davantage en tant que manager, pas en tant que producteur et être plus flexible afin de répondre aux exigences du marché », a-t-il déclaré, notant que, même si cela n’est pas facile, formaliser les relations de haut en bas dans la chaîne pourrait aider.

Buis était d’accord, ajoutant que les producteurs feraient bien de se rappeler qu’ils produisent le repas de quelqu’un, pas seulement des bovins.

Jarius Maus, un producteur de boeuf de quatrième génération qui commercialise 3 000 à 4 000 bovins par an dans son parc d’engraissement à l’ouest d’Elmwood, cultive aussi du maïs, du soya et du blé et exploite une entreprise de silos à grains.

Il croit que cela aide à éduquer le public sur la façon dont les fermes de boeuf fonctionnent et l’a illustré avec une histoire sur la façon dont il a ouvert son opération au public. Lors d’une tournée organisée par les Kinsmen Kinsmen en tant que collecteur de fonds, il était un des 5 participants.

« Nous avons reçu 250 personnes provenant de tous les horizons, il y avait des gens qui en savent plus sur les parcs d’engraissement et aussi des gens qui n’avaient jamais mis les pieds dans une ferme », a-t-il dit.

Tout le monde a posé beaucoup de questions pointues, mais une femme s’est distinguée. Elle a posé beaucoup de questions et a pris des photos de tous les détails de l’opération, de l’endroit où l’on gardait les bovins malades aux endroits où nous avions déjà stocké les aiguillons de bétail (il n’en possède pas). Maus a répondu à toutes ses questions et l’a emmenée partout.

Une semaine plus tard, il a reçu un paquet qu’elle lui avait envoyé, une agréable surprise. La femme avait assemblé un collage des photos qu’elle avait prises et avait inclus une note de remerciement pour lui avoir montré « la vérité ».

Répondre à la demande d’information du public est l’objectif d’un nouveau programme d’image de marque élaboré par Beef Farmers of Ontario (BFO).

« Les consommateurs ont besoin de se sentir bien avec ce qu’ils mangent », a déclaré Joe Hill, producteur et vice-président de BFO. Il cultive 800 acres de cultures commerciales en plus d’une exploitation d’engraissement au Centre Wellington.

« Nous voulons donner aux consommateurs les attributs qu’ils veulent et nous assurer qu’ils savent que c’est un produit de boeuf de l’Ontario », a-t-il dit.

Le renforcement de la loyauté des consommateurs est un moyen de contrer les fluctuations brutales des prix, a-t-il déclaré. Il a noté que l’année dernière, les prix des bovins finis en Ontario étaient inférieurs à la moyenne. Les bovins arrivent de l’Ouest et les coûts de production plus élevés signifient que les producteurs de bœuf de l’Ontario sont très touchés.

Il a ajouté que 40 pour cent du boeuf consommé en Ontario est importé et que « nous ne serons jamais le producteur le moins coûteux ». C’est pourquoi la commercialisation doit être faite différemment que par le passé.

La façon dont les bovins sont produits doit aussi être faite différemment. Dr Ribey a dit que, dans sa propre opération, elle cherche constamment des moyens de «s’améliorer», comme dans l’amélioration génétique pour faciliter le vêlage et diminuer les maladies, avoir meilleurs poids de sevrage et trouver des efficacités alimentaires.

Elle a convenu avec les autres membres du panel qu’il faut produire de la viande que les consommateurs veulent et a dit que dans sa pratique, elle voit toutes sortes de méthodes de production différentes.

« Les producteurs doivent trouver des endroits ou des niches sur le marché pour s’intégrer et perfectionner leur produit pour le bon consommateur au bon moment », a-t-elle déclaré.

Selon M. Ribey, les prix des terres représentent un énorme défi, car certains agriculteurs ont 40 ou 50 bovins. Ils doivent travailler à l’extérieur de la ferme pour joindre les deux bouts parce qu’ils n’ont pas les moyens d’acheter plus de terres et donc d’agrandir leur troupeau.

Le BFO commence à remédier à cette situation en offrant un nouveau programme appelé Beef North, a ajouté M. Hill. Les producteurs intéressés sont encouragés à explorer des options d’achat de fermes dans le nord de l’Ontario, où les terres sont moins chères et bien adaptées à la culture de fourrages et à l’élevage de bovins de boucherie. BFO a plusieurs ressources pour aider les producteurs en cours de route.

Pour conclure la table ronde, tout le monde a convenu que des changements devaient être apportés pour maintenir l’industrie du bœuf en Ontario, qui a subi une diminution d’un tiers du cheptel provincial entre 2005 et 2015.

« Nous devons faire les choses différemment », a déclaré Hill. « Sinon, dans 10 ans, nous ne parlerons pas de stabilité, mais de survie. »

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