Repenser la production de cultures agricoles sur les terres marginales

//  13 mars 2018  //  Dossiers, Production durable et environnement  //  Commentaires fermés

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08 mars 2018

Les herbages naturels et le pâturage constituent d’excellentes utilisations des terres marginales, selon des experts, et ils peuvent procurer des bénéfices plus importants que ceux de la production de cultures agricoles.

Les terres marginales sont généralement celles où il est le plus risqué de produire des cultures agricoles, ce qui s’explique souvent par le manque ou l’excès d’humidité, indique le directeur scientifique du Beef Cattle Research Council, Reynold Bergen.

Elles sont aussi plus écosensibles, comme l’illustre si bien la perte colossale de sol arable et de carbone séquestré dans les années 1930, explique M. Bergen.

« C’est un exemple de ce qui peut arriver lorsque des terres propices au pâturage vivace sont converties à la production de cultures agricoles », dit-il.

Travail réduit du sol

Même si le travail réduit du sol rend la production de cultures agricoles beaucoup plus viable du point de vue environnemental, il est toujours beaucoup plus avantageux de consacrer les terres marginales à la production de graminées vivaces et au pâturage, à condition que celui-ci soit bien géré, souligne M. Bergen.

Ces cultures permettent de produire, de façon durable, des protéines pour les bovins tout en régénérant le sol, en prévenant l’érosion du sol et l’érosion hydrique, en préservant la diversité des végétaux, des oiseaux, des insectes et de la faune, et en protégeant les bassins hydrographiques, fait-il valoir.

Facteurs économiques

La quantification des différences économiques entre les choix de production représente un défi de taille.

La variation de la productivité des cultures d’une année à l’autre et d’une région à l’autre fait qu’il est difficile d’estimer les rendements par acre du fourrage par rapport à ceux des cultures annuelles, explique M. Bergen. Un autre facteur qui brouille les cartes est le fait que les coûts d’intrants peuvent fluctuer considérablement, de même que les prix des cultures, du fourrage et des bovins d’une année à l’autre.

Toutefois, des études sur les terres marginales de l’Ontario préparées par Douglas Yungblut, président du cabinet Yungblut & Associates Consulting, donnent une idée des retombées économiques.

Notamment, une étude a permis de conclure que les cultures fourragères peuvent générer des bénéfices comparables à ceux d’autres cultures commerciales.

Cette étude indique que la production d’un acre de foin coûte environ deux fois moins cher que la production de maïs sur la même terre, soit 242 $ par rapport à 539 $. Un rendement en foin de 3,5 tonnes génère un bénéfice net comparable à celui d’une récolte de maïs.

Toutefois, le rapport indique aussi que la production de légumineuses pourrait fournir jusqu’à 70 $ d’azote à une culture subséquente de maïs, et entraîner un profit supplémentaire de 48 $ à 192 $ l’acre de maïs au cours des deux années suivant la production de fourrages.

Selon le rapport intitulé An Economic Comparison of Pasture Based Beef Breeding Herds and Cash Crops in Southern Ontario, produit en 2015 par le cabinet de M. Yungblut, les revenus tirés du pâturage en 2015 s’établissaient en moyenne à 366 $ l’acre, comparativement à 286 $ et à 226 $ l’acre pour le maïs et le soja, respectivement.

Et ces calculs ne tenaient même pas compte des effets bénéfiques sur la santé des sols et des avantages environnementaux, souligne M. Yungblut.

En conclusion

Le fait de repenser la production de cultures agricoles sur les terres fragiles et les terres marginales peu productives peut procurer des avantages environnementaux et économiques.

Article par : Richard Kamchen

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