Quelle est la valeur d’une correction de carences en minéraux ?

//  11 avril 2018  //  Nutrition, Techniques de nutrition  //  Commentaires fermés

BeefProducer

Lorsque les producteurs corrigent les principales carences de leurs bovins de boucherie aux États-Unis, cela peut leur rapporter jusqu’à cinq fois plus que l’investissement qu’ils y auront mis.

Alan Newport, le 4 avril 2018

Un nombre surprenant d’animaux de boucherie sont déficients en cuivre, en sélénium et, dans certains cas, en vitamines E et A. La résolution de ce problème est payante.

Certaines carences minérales constituent un problème sérieux et persistant dans l’industrie du bœuf.

Une majorité des bovins ont des carences en cuivre, explique Jeffery Hall, vétérinaire et chef du laboratoire de toxicologie du Utah Veterinary Diagnostic Laboratory. Le laboratoire de Hall analyse chaque année des milliers d’échantillons de tissus à travers les États-Unis et Hall dit que les carences en cuivre peuvent être observées chez 60 à 70 % de tous les bovins testés.

(Traduction libre de Mylène Noël)

La carence en sélénium est la deuxième carence la plus fréquente et se retrouve chez 10 à 70% des échantillons de tissus de bovins, incluant parfois des échantillons de bovins dans les régions riches en sélénium normalement connues pour produire une toxicité au sélénium.

En outre, il n’est pas rare de voir des carences en vitamines E et A de manière cyclique ou saisonnière. Les deux sont communes, par exemple, chez les veaux nés pendant l’hiver, après une sécheresse grave, car des niveaux adéquats de ces deux vitamines dépendent de l’herbe verte, or la mère ne peut les maintenir que quelques mois après que l’herbe soit entrée en dormance.

Hall ajoute qu’il voit parfois des carences en zinc pendant ou deux ans après une sécheresse sévère. Les carences en manganèse et en cobalt sont rares chez les bovins de boucherie et peuvent souvent être liées à d’autres excès ou carences en minéraux à cause des interactions entre les minéraux.

Où est l’argent?

Si l’on comprend ces problèmes et qu’on les corrige, nous débloquons des améliorations significatives dans la performance, la reproduction et le profit potentiel, dit Hall.

Selon la gravité des problèmes de minéraux et l’argent dépensé pour les corriger, le retour sur investissement peut être aussi élevé que cinq pour un, ou légèrement plus élevé, suggère Hall. Voici quelques exemples qui expliquent pourquoi le retour peut être significatif.

La correction des carences légères peut améliorer la reproduction, en diminuant le nombre de vaches ouvertes de 2 à 4 %. La correction des déficiences graves peut réduire le nombre de vaches ouvertes de 5 à 15%.

L’amélioration de la santé des veaux nouveau-nés due à la correction de ces déficiences minérales courantes peut apporter des veaux plus vendables, moins de maladie, moins de frais de main-d’œuvre et moins de dépenses médicales. Les améliorations de la santé des jeunes veaux peuvent comprendre moins de pneumonies estivales, moins de problèmes de sevrage et une efficacité vaccinale améliorée.

L’amélioration du gain de poids dans une opération vache-veau peut être de 20-35 livres par veau lors de la correction de carences mineures, et de 50 livres ou plus lors de la correction des carences majeures.

Le timing est critique

Comme beaucoup de ces problèmes se manifestent chez les veaux et commencent in utero, le troisième trimestre dont la croissance est rapide est une période critique pour s’assurer que les vaches ont suffisamment de suppléments, dit Hall. Avec le cuivre, le sélénium et le zinc en particulier, les veaux doivent naître avec un approvisionnement suffisant et cet approvisionnement est plus élevé que celui observé chez les bovins adultes. La raison pour laquelle ils ont besoin de tels provisions à la naissance est double: Ils peuvent tripler leur poids de naissance dans les premiers 60-90 jours, ce qui dilue rapidement leurs provisions de la naissance. Ceci est particulièrement vrai parce que les niveaux de ces minéraux dans le lait sont très bas alors que, en même temps, un jeune veau reçoit une grande partie de sa nutrition à partir du lait.

Le processus normal est que la vache déplace ces nutriments et d’autres nutriments au fœtus pendant la gestation. S’il y a une carence chez le jeune veau c’est parce que la vache avait une carence. Cela peut être causé par une carence réelle de ces minéraux dans le régime alimentaire, ou cela peut se produire en raison de l’interférence par des niveaux élevés de minéraux tels que le fer, le soufre, le sélénium ou le molybdène. (Voir la roue minérale.)

Dans la plupart des cas, les suppléments minéraux peuvent être donnés à volonté au bétail pour corriger les déséquilibres. À quelques exceptions près, comme dans les pays éloignés, comme les pâturages d’été en montagne, il peut être nécessaire ou utile d’appliquer des suppléments injectables.

Source :

Articles :

Comments are closed.