Quand la blockchain se met au service de l’économie d’impact

//  8 mars 2018  //  Analyses de marché, Marchés  //  Commentaires fermés

Novae

Marie Allimann, le 8 mars 2018
Les entrepreneurs et autres acteurs de l’économie d’impact devraient porter attention à la blockchain, qui a le potentiel de contribuer à leurs démarches.
La blockchain est une technologie qui permet de stocker des informations et de les transférer partout dans le monde à la fois rapidement, sans intermédiaire et de manière sécuritaire. C’est la technique utilisée dans l’échange des cryptomonnaies, comme le Bitcoin ou l’Ethereum. «La blockchain est un registre de transactions décentralisé dont les données sont immuables et transparentes, ce qui permet de savoir qui a écrit sur la base de données, quand et pourquoi», indique Pascal Ngu Cho, associé principal chez DigiitBit Technologie.
Si la blockchain est consommatrice d’énergie, ce qui n’est pas sans conséquence environnementale, elle a toutefois le potentiel de s’intégrer dans un contexte d’économie d’impacts. «La blockchain et les cryptomonnaies sont accessibles à tous et permettent de répondre aux besoins de la communauté et des citoyens au niveau local sans devoir passer par des intermédiaires telles les institutions financières.» Les exemples d’utilisation se multiplient, que ce soit dans la vente directe de produits de la ferme aux consommateurs ou dans le service de transport de particulier à particulier comme le projet Eva Mobile, sorte de Uber qui se déploiera sur la blockchain.
«Contrairement au système financier traditionnel en ligne, ces techniques favorisent les micropaiements pour des achats inférieurs à 5$. C’est un avantage énorme pour ceux qui vendent des produits à petits prix.» L’exclusion du «chargeback», soit l’annulation d’un paiement, est également un atout puisque son utilisation abusive est vulnérable aux petits commerces. Ces technologies offrent enfin un accès aux services financiers à ceux qui en sont exclus, qu’il s’agisse de personnes en situation précaire à qui les institutions financières refusent un compte bancaire ou des communautés isolées, éloignées des centres urbains.
«Il est nécessaire que les acteurs québécois de l’économie d’impact s’intéressent à cette technologie, pour faire en sorte que la cryptomonnaie devienne un véritable outil financier à leur service.»
«La blockchain et les cryptomonnaies donnent véritablement l’opportunité aux organisations de revoir leur modèle d’affaires.» Dans le secteur musical, par exemple, elles permettent aux auteurs et interprètes de créer un lien direct avec leur public et d’être rétribués, sans intermédiaire et à juste prix, pour leurs créations. Autre exemple: la blockchain étant une base de données, elle est donc un outil intéressant pour retracer la provenance des produits dans le secteur agro-alimentaire. «C’est également un outil qui permet d’interagir directement avec les acteurs sociaux dans le cadre d’une campagne de sociofinancement.» C’est d’ailleurs à l’économie d’impact que l’Impak Coin, première cryptomonnaie québécoise, est exclusivement dédiée: elle permet d’effectuer des achats auprès d’entreprises locales qui apportent une solution aux enjeux sociaux et environnementaux.
«La blockchain est nouvelle et décentralisée, l’absence de clarté et de cohérence nécessitent une législation pour aider ceux qui désirent développer leur modèle d’affaires sur la blockchain», souligne Pascal Ngu Cho. D’autre part, la technologie évolue vite et ne répond pas aux besoins croissants des entreprises en termes de capacité de traitement. Plusieurs projets visent à améliorer l’exploitation de la blockchain, dont le projet EOS conçu pour prendre en charge les applications commerciales décentralisées. «Il est nécessaire que les acteurs québécois de l’économie d’impact s’intéressent à cette technologie, au moment où on cherche à mieux la définir. C’est primordial pour faire en sorte que la cryptomonnaie devienne un véritable outil financier à leur service.»

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