Principales constatations concernant l’adoption de pratiques bénéfiques dans les exploitations canadiennes vache-veau

//  31 mai 2019  //  Dossiers, Vache/veau et Approvisionnement veau  //  Commentaires fermés

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Parfois, il peut être difficile de savoir où vous allez si vous ne regardez pas où vous êtes allé. Pendant des décennies, les organismes de recherche et de vulgarisation ont encouragé de nombreuses pratiques auprès des exploitants d’élevage de bovins de boucherie dans le but d’améliorer la production, la sécurité des produits et, en définitive, la rentabilité. Récemment, le Conseil de recherches sur le bétail et le bœuf (BCRC) et les services de recherche de Canfax ont créé un rapport complet décrivant l’adoption de pratiques de gestion recommandées pour le bœuf au fil du temps et dans l’ensemble du Canada.

L’analyse a utilisé une perspective large pour examiner toutes les pratiques vache-veau allant des méthodes d’alimentation à la gestion du fumier, en passant par la mise bas des vaches, la conservation des génisses, la gestion des pâturages et les tests, etc. Les données récentes des enquêtes régionales de recherche bovin-veau et des études de recherche ont été comparées aux données de l’enquête fondamentale auprès des producteurs et aux données de Statistique Canada remontant à trente-cinq ans.

Tiré de beefresearch.ca –  Publié le 22 mai 2019
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

La première du genre, cette analyse :

  • Repères consolidés pour des paramètres tels que les taux de conception, le poids au sevrage, la perte de mortalité et la durée de la saison de vêlage ;
  • Comparé les pratiques actuelles et souligné les tendances à long terme partout au Canada, dans la mesure du possible ;
  • Les lacunes identifiées dans l’adoption et les opportunités d’extension potentielles ;
  • Reconnaissance et élimination des obstacles à l’adoption.

Les nouvelles innovations, y compris les technologies à grande échelle telles que les smartphones et Internet, ont changé la manière dont les producteurs peuvent gérer leurs troupeaux et apprendre de nouvelles informations. D’autre part, certaines pratiques, telles que le vêlage, le sevrage et l’élevage, sont courantes dans toute exploitation vaches-veaux, mais elles ont également évolué avec le temps. Les poids au sevrage ont généralement augmenté de 558 lb (Alberta, 1988) à plus de 600 lb, comme l’indiquent les dernières enquêtes menées au Canada. Bien que ce soit une bonne nouvelle, les décès chez les veaux ont également augmenté au fil du temps dans la plupart des régions du Canada, d’où la nécessité de s’attaquer à la prévention de la mortalité tôt dans la vie du veau.

Les principales conclusions comprennent :

  • Les procédures douloureuses font depuis toujours partie du secteur du bœuf, mais les producteurs disposent aujourd’hui de nouveaux outils pour gérer la douleur et les utilisent. Au Canada, près de la moitié des producteurs ont recours à l’atténuation de la douleur à tout moment (y compris les AINS ou les anesthésiques locaux).
  • La réduction du stress au sevrage est essentielle pour réduire les pertes tout au long de la chaîne de valeur. Le sevrage brutal traditionnel est passé de 70% en 2014 à moins de 50% en 2017 dans l’Ouest canadien, et les techniques peu stressantes, comme la séparation en deux étapes et en clôture, sont passées de 28% en 2014 à 45% en 2017 montrant un changement positif à court terme.
  • Les taux de vaccination varient considérablement, mais les chiffres indiquent un besoin d’amélioration. Un tiers des producteurs ontariens ne vaccinent pas leurs vaches contre la BVD et beaucoup moins de vaccins contre d’autres maladies de la reproduction, ce qui rend les troupeaux vulnérables. Dans l’ouest du Canada, plus du quart des producteurs ne vaccinent pas les vaches contre les maladies de la reproduction. Un tiers seulement des producteurs de l’Atlantique et de l’Ontario vaccinent leur vacher contre la diarrhée, bien que cette diarrhée soit l’une des causes les plus fréquentes de mortalité des veaux dans ces régions. La vaccination est un outil éprouvé de prévention des maladies et les producteurs de bœuf canadiens ne l’utilisent pas pleinement.
  • La vérification des grossesses est en hausse partout au Canada. Les deux tiers des producteurs de l’Ouest canadien et de l’Ontario, et la moitié des producteurs du Canada atlantique, effectuent une pré-vérification et tirent parti de la commercialisation des vaches au moment opportun.
  • Les vaches ouvertes ont un impact négatif important sur la rentabilité du troupeau. Les informations disponibles indiquent que les taux d’ouverture sont en augmentation dans l’Ouest canadien (de 6,5% en 1988-1991 à 7,3% en 2017) et en baisse en Ontario (de 13% en 1983 à 10,9% en 2017).
  • Le régime foncier est en train de changer et peut avoir un impact sur des pratiques telles que le rajeunissement du fourrage et le pâturage en rotation. Les données de référence de l’Alberta ont montré qu’en 1986-1989, seulement 37% des producteurs de bœuf louaient des terres par rapport à 2017, où 62% des producteurs de l’Ouest canadien louaient des terres. La même enquête a également révélé que les producteurs sont moins susceptibles d’incorporer le pâturage en rotation sur des terres louées ou louées, par rapport aux terres qu’ils possèdent eux-mêmes.
  • Les pratiques alimentaires hivernales ont cessé de se limiter à une alimentation extensive (comme le pâturage en bande ou en ballots, ou l’utilisation de fourrages stockés). Statistique Canada a rapporté qu’en 2011, 39% des éleveurs de bœuf au Canada avaient une alimentation extensive, ce qui représente une augmentation par rapport à 28% en 2006. Les aliments pour animaux représentent une grande partie du coût de production de la plupart des bovins opérations, et les producteurs prennent des mesures pour réduire cela.

Qu’est-ce qui motive les producteurs à changer? Qu’est-ce qui pourrait les arrêter ?

Que les éleveurs de bovins décident ou non d’adopter certaines pratiques, technologies ou innovations est compliqué. Comprendre les obstacles perçus et réels est essentiel pour encourager les producteurs à franchir les prochaines étapes vers la rentabilité.

L’argent est souvent cité comme un obstacle à l’adoption. Peut-être que le désir de changer existe peut-être, mais les producteurs se sentent limités par les prix du marché ou par des circonstances imprévues, telles que la sécheresse, un incendie ou une inondation. D’autre part, les réponses à l’enquête ont montré que les décisions sont motivées par plus que par des considérations financières. Les producteurs sont presque aussi susceptibles d’adopter une nouvelle pratique qui améliorera la durabilité environnementale, indépendamment des avantages économiques potentiels. Il est également intéressant de noter que les données montrent que lorsque les producteurs adoptent certaines idées, telles que le pâturage en hiver, cela conduit souvent à intégrer d’autres pratiques, telles que le vêlage ultérieur. S’appuyer sur les pratiques actuelles pourrait être le coup de pouce dont certains producteurs ont besoin.

Il est important de noter que toutes les pratiques de production ne sont pas applicables dans toutes les fermes. Un producteur dont le troupeau est petit ne peut pas investir dans la technologie GPS pour ensemencer ses cultures faute d’économies d’échelle. La variabilité régionale joue également un rôle. Le Canada est vaste et une pratique de production particulière en Colombie-Britannique peut ne pas intéresser un producteur des Maritimes.

Partout au pays, les exploitations d’élevage de bovins ont plus de 55 ans et plus de 50% d’entre elles sont âgées de plus de 55 ans. De génération en génération, les exploitations d’élevage de bovins seront plus nombreuses. Il y aura un changement de génération inévitable vers de plus jeunes exploitants. Les producteurs qui approchent de la retraite peuvent être moins disposés à adopter des pratiques qui nécessitent un investissement en temps ou en capital. D’un autre côté, leurs homologues plus jeunes démontrent un taux plus élevé d’adoption de la technologie lorsque le travail et l’argent le permettent. Cela représente une excellente occasion de susciter l’intérêt pour l’innovation auprès d’une nouvelle génération de producteurs.

Lorsqu’on leur demande d’identifier pourquoi ils n’adoptent pas une pratique recommandée particulière, la plupart des producteurs suggèrent qu’ils ne rencontrent pas de problème et ne se sentent donc pas une priorité à régler. Cet état d’esprit peut être risqué. Souvent, au moment où un problème de production se présente, il est peut-être trop tard pour y remédier et des pertes ont déjà eu lieu. Les éleveurs de viande de bœuf devraient faire des gains et des améliorations substantiels dans leurs troupeaux en envisageant de nouvelles pratiques plutôt qu’en réagissant après une épave.

Le recul peut être très utile et les résultats des enquêtes auprès des producteurs constituent un critère précieux pour l’ensemble du secteur du bœuf canadien. La capacité de mesurer l’adoption de pratiques nouvelles et anciennes à mesure que la recherche et l’innovation évoluent, aidera les organisations à développer des outils et d’autres stratégies de vulgarisation et à créer une programmation efficace pouvant être adaptée à une région. Cela aura un impact positif au niveau de la ferme et tout au long de la chaîne de valeur.

Vous pouvez lire le rapport complet ici : http://www.beefresearch.ca/files/Adoption_Rates_of_Recommended_Practices_by_Cow-Calf_Operators_in_Canada_-_March_2019_Final.pdf

Source : http://www.beefresearch.ca/blog/top-findings-about-adoption-of-beneficial-practices-on-canadian-cow-calf-operations/

 

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