Prévention de l’anthrax chez les bovins

//  27 juin 2019  //  Santé Animale  //  Commentaires fermés

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Pendant les années sèches, les animaux paissent près du sol et peuvent entrer en contact avec les spores et avec l’épidémie de charbon qui a eu lieu à l’automne 2018 dans le nord de la Colombie-Britannique, c’est le moment est idéal pour examiner les stratégies de prévention.

En 2006, nous avons beaucoup appris sur la maladie et sur la façon de la contrôler grâce à la grande épidémie qui sévissait dans l’Ouest canadien. Les bovins sont très sensibles, de même qu’une longue liste d’autres espèces, notamment les bisons et les chevaux.

Elle est également considérée comme une zoonose, ce qui signifie que les humains peuvent la contracter. Heureusement, les personnes contractent généralement la forme cutanée (peau), qui réagit bien aux antibiotiques. En fait, lors de la dernière grande épidémie, avec des centaines de producteurs et de vétérinaires exposés au charbon, seuls deux ont contracté la forme de la peau et ont été traités.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Roy Lewis* – Publié le 19 juin 2019
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Nous savons tous que les bovins entrent en contact avec les spores du sol et que les spores peuvent rester infectieuses pendant au moins 250 ans si elles sont enfouies profondément. Ils sont extrêmement durables. Les sols riches en matière organique, en calcium et à pH bas favorisent la survie. Les spores à la surface du sol se décomposent en quelques années. Ce sont ces conditions de sol favorables qui permettent aux experts de prédire facilement où des épidémies pourraient éventuellement se produire.

Les éclosions se produisent principalement dans des sources humides, suivies d’un été très chaud et sec ou dans des conditions très sèches. Des sources très humides ou des inondations ramènent les spores à la surface où les animaux en pâturage entrent en contact avec elles. Pendant les années sèches, le bétail pâture généralement dans les zones basses proches du sol où il n’a normalement pas accès. Ils peuvent contacter les spores. Si suffisamment de spores sont ingérées, une toxémie entraîne une faiblesse grave, une incoordination et une dépression suivie très rapidement par la mort.

Toute mort subite de bovins ou d’autres espèces doit être autopsiée par votre vétérinaire de troupeau. Non seulement les bovins matures sont admissibles au programme ESB, mais la cause du décès dans le cas des sentinelles vous permet, ainsi qu’à vos voisins, de lancer un programme préventif. Le sang ne coagule pas, le manque de rigueur dans la carcasse et d’autres découvertes, telles que l’augmentation de la rate, indiquent un diagnostic possible de charbon. Les vétérinaires n’ouvriront pas la carcasse si des cas précédents ont été rapportés.

Le charbon est encore une maladie à déclaration obligatoire à l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), mais les règles ont été considérablement modifiées depuis le 1er avril 2013. L’ACIA a supprimé des services tels que l’aide au diagnostic, la compensation de l’élimination et la fourniture d’expertise en désinfection.

Il appartient maintenant à votre vétérinaire local d’aider au diagnostic et au suivi. L’ACIA avait mis à la disposition des États-Unis des tests rapides sur le sang destinés à un diagnostic rapide. Ces mêmes tests sont désormais disponibles auprès des vétérinaires en chef des provinces et sont disponibles pour les vétérinaires privés dans les zones d’endémie. Le site Web de l’ACIA donne de bonnes recommandations sur la désinfection ou l’élimination. L’anthrax était limité à l’Alberta et à l’ouest de l’Ontario. Il est maintenant également présent dans la région de Peace en Colombie-Britannique. Ce sont les domaines dans lesquels les vétérinaires praticiens doivent être vigilants. Votre vétérinaire local saura si des cas ont été signalés dans votre région et si une vaccination est recommandée.

Le vaccin préventif est un vaccin à spores vivantes non encapsulé. Il porte le nom de vaccin anti-spores contre l’anthrax (souche sterne 34F2). Il est fabriqué par la société de sérum Colorado aux États-Unis. L’immunité au vaccin est presque 100% protectrice après deux injections espacées de trois à quatre semaines. Celles-ci doivent être rappelées chaque année pour maintenir l’immunité, de préférence juste avant l’heure d’annonce de la contraction en été.

Le vaccin est administré par voie sous-cutanée et le retrait de l’abattage chez les bovins serait d’environ 42 jours. Contrairement aux autres vaccins, il est important de ne pas administrer d’antibiotiques au moment de la vaccination. Les bisons ne sont pas sur l’étiquette du vaccin mais c’est protecteur. Essentiellement, une ordonnance est nécessaire car il est hors étiquette pour l’utiliser.

Mes recommandations seraient de vacciner si un troupeau de bovins était diagnostiqué dans votre région immédiate, en particulier s’il se trouvait sur le même cours d’eau. Au cours de l’éclosion en 2006 en Saskatchewan, le Dr Greg Douglas, vétérinaire à l’ACIA, a recommandé de vacciner tous les bovins, chevaux, moutons, chèvres et bisons dans un rayon de cinq milles autour de tous les cas positifs. Ce conseil était très sage.

En règle générale, chez les bovins, la vaccination contre l’anthrax ne fait pas partie des programmes préventifs de routine. C’est simplement parce que l’incidence est très basse et sporadique sur la base des cas confirmés. Comme les spores sont extrêmement résistantes, si le bétail était pâturé dans des zones ayant des antécédents de fièvre charbonneuse, je vaccinerais indéfiniment. Le coût est minime et la protection élevée. S’il n’y a jamais eu de cas dans votre région immédiate, il n’est probablement pas nécessaire de vacciner.

Des cas de contamination par le charbon ont été signalés. Cela est possible lorsque des balles rondes sont fabriquées au fond d’un ancien lac pendant une sécheresse. La saleté peut être blessée dans les balles. Si vous achetez votre nourriture dans une zone d’infection à l’anthrax confirmée, ce serait une autre bonne raison de vacciner votre troupeau.

Discutez de toutes les exigences en matière de vaccination, y compris l’anthrax, avec votre vétérinaire de troupeau et espérons que nous pourrons continuer à contrôler cette maladie redoutée dans l’ouest du Canada. N’arrêtez pas la vaccination simplement parce qu’il n’y a pas eu d’épidémie récente. La raison pour laquelle il n’y a pas eu de grandes épidémies, surtout à la lumière des inondations ou des sécheresses, est que les producteurs vaccinent et protègent leurs troupeaux.

Soyez informé et ne blâmez pas un producteur qui contracte l’anthrax, car il est peut-être resté inactif pendant plus de 100 ans. Il va frapper quand les conditions sont bonnes.

* Roy Lewis est un vétérinaire basé en Alberta spécialisé dans la pratique des grands animaux. Il est également vétérinaire technique à temps partiel pour Merck Animal Health.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/2019/06/19/anthrax-prevention-in-cattle/

 

 

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