Pas Kasher?

//  27 septembre 2019  //  Qualité de la viande et de la carcasse, Santé Humaine et Sécurité Alimentaire  //  Commentaires fermés

1octobre2019-12

«L’ACIA a récemment suspendu le permis de la plus grande usine de viande kasher du Canada. Les raisons n’ont pas été divulguées. Mais à la lumière d’une récente amende qui a affecté un autre fabricant casher, il semble que notre organisme de réglementation fédéral ait l’intention de veiller à ce que nos produits casher restent, eh bien, casher.»

Tiré de Linkedn.ca | Par le Dr. Sylvain Charlebois | Publié le 24 septembre 2019
| Adaptation libre par la rédaction |

Les licences des suspensions ont été suspendues dans les plus grandes usines de viande kasher du Canada, comme nous l’avons appris récemment de l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA). Ryding-Regency Meat Packers, une société basée à Toronto, est en activité depuis 1983. Cela pourrait bien sûr être source de problèmes pour les consommateurs qui achètent régulièrement des produits carnés kasher, ainsi que pour la communauté juive.

Ryding-Regency, qui opère également sous d’autres noms, a vu son permis suspendu à la mi-septembre pour « non-conformité liée aux mesures de contrôle », selon l’ACIA. L’agence fédérale n’a pas divulgué d’autres informations et nous ne savons toujours pas Ce qui s’est passé, mais cette fermeture pourrait faire pression sur les approvisionnements casher. Plus inquiétant encore, casher concerne la confiance, la conviction et l’authenticité. Historiquement, le secteur a été affecté par des comportements frauduleux et des pratiques de mauvaise étiquetage, c’est pourquoi de nombreux organismes de certification existent à présent, s’assurer que les entreprises restent en conformité.

Pour les néophytes casher, le mot signifie «acceptable» et est basé sur des écrits de la Bible et d’autres ouvrages juridiques juifs. Le régime casher limite la consommation de certains animaux, tels que les porcs, les lapins, les crustacés et les insectes. La viande casher provenant d’animaux acceptables doit être abattue conformément à des protocoles stricts et par un boucher qualifié ou un «shochet». Les pratiques interdisent de causer de la douleur aux animaux. D’autres règles s’appliquent également. Le lait et les produits carnés ne doivent jamais être mélangés. En outre, certains produits alimentaires doivent être préparés en totalité ou en partie par des Juifs. Cela inclut des produits comme le vin et le fromage. Les règles sont généralement rigoureuses et assez strictes. Dans le secteur des services alimentaires, très rarement, une ville se verra infliger une amende par une ville qui ne se conformera pas aux règles de sécurité alimentaire. En fait, certains restaurateurs n’ont généralement pas accès à leur propre réfrigérateur.

La certification casher est une affaire sérieuse et les tribunaux canadiens ont maintenu les normes casher dans le passé. En janvier de cette année, un juge ontarien a condamné une entreprise à payer une amende de 25 000 $ pour ne pas avoir respecté les règles relatives aux marques de commerce. La société de préparation de gâteaux, Adee Flour Mills, a été accusée d’avoir «provoqué un traumatisme spirituel» en ne respectant pas de règles strictes casher, alors même qu’elle était certifiée par le plus grand organisme de certification au pays, le Kashruth Council of Canada. Cette affaire marquait la première fois que l’ACIA procédait à une affaire de déclaration inexacte d’un produit alimentaire certifié casher. Par conséquent, nous savons maintenant que l’ACIA surveille.

Le marché des produits casher au Canada est fascinant. Selon un sondage récent, 1,5 million de Canadiens achètent casher régulièrement. En fait, plus de 3,5 millions de non-juifs au Canada achètent des produits casher. C’est l’équivalent de la population de Montréal. Le marché casher au Canada a augmenté de plus de 10% au cours de la dernière année et on trouve des produits casher partout. Les Canadiens ont accès à plus de 195 000 produits casher et près d’une entreprise par semaine au Canada est certifiée casher. Le marché casher au Canada dépasse celui des produits sans gluten. La ville d’Ottawa a même récemment organisé une cuisine de viande casher, une première au pays.

À une époque où la fraude alimentaire devient un problème pour un nombre croissant de consommateurs, les produits casher sont devenus synonymes de confiance et de légitimité. La certification basée sur la foi et les autres labels de confiance, y compris ceux issus de l’agriculture biologique et du commerce équitable, suggèrent de mettre davantage l’accent sur le soin et la rigueur. Beaucoup achèteront ces produits en raison de leur confiance dans le processus intégré et de ce qu’il signifie. La certification casher va au-delà de la sécurité alimentaire ou des régimes alimentaires. Ses vertus symboliques et religieuses sont essentielles à la devise de cette catégorie. Un simple rappel peut compromettre toute perception du degré de fiabilité du processus. Et l’affaire Ryding-Regency n’est pas simplement un rappel, mais un arrêt complet. Gutsy quitte l’ACIA, ce qui augure mal pour la catégorie. L’ACIA semble être plus active et plus disposée à soutenir les organismes de certification et à préserver l’intégrité de l’ensemble du système casher. C’est attendu depuis longtemps.

Encore une fois, les causes de l’arrêt Ryding-Regency étant inconnues, il serait prématuré de faire des déclarations concluantes pour le moment. Mais la fermeture peut potentiellement nuire au marché casher au Canada. Espérons que la situation sera bientôt résolue, sinon d’autres produits casher devront être importés au Canada afin de répondre à la demande intérieure croissante.

Source : https://www.linkedin.com/pulse/kosher-dr-sylvain-charlebois/

 

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