L’utilisation des antibiotiques dans les exploitations canadiennes vache-veau

//  18 septembre 2018  //  Recherche en santé et bien-être animal, Santé Animale  //  Commentaires fermés

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Les enregistrements d’utilisation d’antibiotiques sont importants pour les producteurs qui veulent suivre l’efficacité des antibiotiques qu’ils utilisent. Les groupes industriels ont besoin de données sur l’utilisation des antibiotiques pour réfuter les allégations trompeuses concernant nos pratiques de production. Même les chaînes de restaurants et les entreprises de viande qui commercialisent du bœuf «sans antibiotiques» ont besoin de registres pour garder les animaux traités hors de leur flux d’approvisionnement. En ce qui concerne l’utilisation des antibiotiques dans l’industrie du bœuf, la plus grande partie de l’attention est concentrée sur le secteur des parcs d’engraissement. C’est parce que la plus grande partie de l’utilisation des antibiotiques se produit là-bas et que les grands parcs d’engraissement travaillent en étroite collaboration avec des vétérinaires spécialisés et ont développé un logiciel sophistiqué pour soutenir les protocoles de santé animale et l’enregistrement des traitements vétérinaires. Mais l’utilisation d’antibiotiques au niveau vache-veau est également importante.

Cet article a été écrit par le Dr Reynold Bergen, directeur scientifique du CRCB, et a d’abord été publié dans le numéro de septembre 2018 du magazine Canadian Cattlemen. Il a ensuite été repris par le Beef Cattle Research Council. Nous le reproduisons à notre tour pour le bénéfice de nos lecteurs.

Les rapports les plus récents sur l’utilisation d’antibiotiques dans les opérations vache-veau dans l’est du Canada (Revue canadienne de recherche vétérinaire 72: 109) et dans l’Ouest canadien (médecine vétérinaire préventive 90:55) ont presque 10 ans. L’initiative du Réseau de surveillance des vaches et veaux de l’ Ouest canadien (WCCCSN) appuyée dans le cadre de la grappe scientifique sur le bœuf de 2013-2018 a permis de recueillir de l’information à jour sur l’utilisation des antibiotiques dans les exploitations vaches-veaux.

Ce qu’ils ont fait : La Dre Cheryl Waldner et ses collègues du Western College of Veterinary Medicine ont mené une enquête sur 100 exploitations de vaches-veaux en Alberta, en Saskatchewan et au Manitoba au sujet deQuels antibiotiques ont-ils utilisés en 2013-2014, comment ils les ont utilisés et ce qu’ils ont utilisé pour les taureaux, les vaches et les veaux reproducteurs (avant et après le sevrage). Des antibiotiques importants sur le plan médical (MIA, antibiotiques importants pour le traitement des infections humaines) et des ionophores (non utilisés en médecine humaine) ont été utilisés. Cette étude a été acceptée pour publication dans le Canadian Veterinary Journal (Utilisation d’antimicrobiens dans les troupeaux de vaches de l’Ouest canadien).

Ce qu’ils ont appris : En résumé, la plupart des troupeaux utilisaient des MIA, mais très peu d’animaux recevaient des MIA.

Les taureaux ont reçu du MIA dans 72% des troupeaux (principalement pour la boiterie, mais aussi pour les infections oculaires ou respiratoires). Dans 59% des troupeaux, moins de 5% des taureaux ont été traités avec le MIA et seulement 4% des troupeaux ont traité plus de 30% des taureaux avec MIA.

Les vaches ont reçu un MIA dans 95% des troupeaux (principalement pour la boiterie, mais aussi pour les infections reproductives, oculaires et respiratoires et la mammite). Dans 82% des troupeaux, moins de 5% des vaches ont été traitées par MIA, et seulement 3% des troupeaux ont traité plus de 30% des vaches avec MIA.

Les veaux qui allaitent ont reçu un MIA dans 95% des troupeaux (principalement pour les maladies respiratoires, la diarrhée et le nombril). Dans 48% des troupeaux, moins de 5% des veaux ont été traités par MIA, et 18% des troupeaux ont traité plus de 30% des veaux avec MIA.

Les veaux sevrés ont reçu du MIA dans 85% des troupeaux (principalement pour les infections respiratoires, les infections oculaires et l’arthrite). Dans 50% des troupeaux, moins de 5% des veaux ont été traités avec un MIA et 15% des troupeaux ont traité plus de 30% des veaux avec un MIA.

Les MIA les plus communément utilisées étaient l’oxytétracycline (par exemple, la liquamycine, l’alamycine et bien d’autres), les sulfamides (présents dans de nombreux bolus et suspensions), la Trimidox et Trivetrin) et florfénicol (par exemple Nuflor, Resflor et Florkem).

Ce que cela signifie : les producteurs participant au WCCCS ont utilisé les MIA de manière sélective. Bien que les MIA aient été utilisés dans la plupart des troupeaux, très peu de bovins ont été traités. Parmi les quatre MIA les plus couramment utilisés, seuls deux (combinaisons de florfénicol et de triméthoprime / sulfonamide) nécessitent actuellement une ordonnance. Les trois autres peuvent être achetés légalement depuis plusieurs mois.

Les producteurs qui ont participé au WCCCS ont été initialement identifiés par leurs vétérinaires habituels. Ils sont donc plus susceptibles d’avoir des protocoles de traitement officiels et d’utiliser des antibiotiques sur ordonnance que les producteurs qui achètent tous leurs produits vétérinaires en vente libre dans les magasins agricoles. Mais à partir de décembre, tous les éleveurs auront besoin d’une ordonnance d’un vétérinaire avec lequel ils ont une relation vétérinaire-client-patient valide avant de pouvoir accéder à des antibiotiques importants sur le plan médical. L’accès aux ionophores (par exemple, le monensin) ne devrait pas changer, mais les règles concernant les personnes pouvant vendre des MIA peuvent varier d’une province à l’autre. Si c’est une nouvelle pour vous ou si vous n’avez pas déjà de contacts réguliers avec un vétérinaire, commencez à planifier dès maintenant! De plus amples renseignements sur ces modifications de Santé Canada sont disponibles à l’adresse www.beefresearch.ca/amr .

L’enregistrement des bovins de boucherie canadiens est passé de 1 à 2,50 dollars par habitant dans la plupart des provinces, et environ 75 cents ont été alloués au conseil de recherche sur les bovins. La Stratégie nationale sur le bœuf du Canada expliquait pourquoi l’augmentation de Check-Off était nécessaire et comment elle serait investie. Un objectif énoncé dans la stratégie était une augmentation de 15% de la demande de bœuf, en partie grâce à une meilleure compréhension du public des pratiques d’élevage de l’industrie bovine et à la communication du rôle des pratiques responsables de gestion responsable des antibiotiques. Grâce à l’augmentation des prélèvements canadiens sur les bovins de boucherie, l’initiative de réseau de surveillance de l’Ouest canadien a été élargie pour devenir un réseau canadien de surveillance des vaches et des veaux d’un océan à l’autre.

Source : http://www.beefresearch.ca/blog/antibiotic-use-on-canadian-cow-calf-operations/

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