L’urgence Bœuf Québec

//  30 avril 2020  //  Achat local, Dossiers, Marchés  //  Commentaires fermés

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Depuis le déclenchement de la pandémie de coronavirus, nous avons soudainement pris conscience de l’importance d’affirmer notre souveraineté alimentaire et de nous affranchir de notre trop grande dépendance aux produits étrangers dont nous ne pouvons contrôler les arrivages.

La crise actuelle a révélé plusieurs failles dans la chaîne d’approvisionnement et mis en lumière tout le potentiel qu’il nous était possible d’exploiter pour consolider des maillons dont nous avons trop longtemps négligé les faiblesses.

Je ne parle pas ici de la volonté de certains de vouloir produire des ananas en serre, mais de celle d’accroître nos capacités à assurer la production continue de produits essentiels de base, comme celle de légumes et, pourquoi pas, de protéines bovines.

Il y a 15 ans, le Québec produisait plus de 200 000 bœufs par année tout en assurant une bonne part de leur transformation sur place.

Tiré de lapresse.ca – par Jean-Philippe Décarie – Publié le 30 avril 2020

Mais le mouvement de consolidation dans l’industrie de l’abattage et de la transformation qui s’est opéré à l’échelle nord-américaine n’a pas épargné le Québec, alors que la plupart de nos abattoirs incapables d’être concurrentiels ont été forcés de fermer pour être relocalisés ailleurs au Canada et aux États-Unis.

Depuis le début des années 70, le nombre d’abattoirs a chuté de 70 % aux États-Unis alors que le marché s’est concentré autour de trois grands acteurs – Cargill, Tyson Foods et JBS – qui ont mis sur pied de gigantesques usines où sont traitées des dizaines de milliers de têtes de bétail chaque semaine.

Une des usines de Cargill en Alberta, responsable de 40 % de la transformation bovine au Canada, a été forcée de fermer ses portes la semaine dernière en raison de trop nombreux cas de travailleurs atteints du coronavirus. Cette seule fermeture risque de créer une pénurie au Canada et va irrémédiablement générer des hausses de prix considérables.

« Ce n’est pas un problème d’approvisionnement auquel on fait face, mais un problème de production. Les producteurs de bœufs doivent composer avec des prix déprimés parce qu’ils n’arrivent pas écouler leur production. La marge que prend un abattoir par tête de bétail, qui était à 133 $US l’an dernier, est à 700 $US aujourd’hui », souligne Jean-Sébastien Gascon, directeur général de la Société des parcs d’engraissement du Québec et coordonnateur du Partenariat Bœuf Québec.

Une occasion à saisir

En moins de 15 ans, la production québécoise annuelle de bœuf a chuté de moitié pour s’établir aujourd’hui à 100 000 têtes environ. Il serait possible de retrouver d’ici cinq ans les niveaux de production d’antan, soit 200 000 têtes par année, si on arrivait à transformer notre production sur place.

« Les Québécois consomment l’équivalent de 600 000 bœufs par année. On pourrait donc facilement absorber une production de 200 000 têtes si on faisait une campagne de mise en marché locale. Mais pour y arriver, il faut faire la transformation ici pour assurer la provenance du produit », insiste Jean-Sébastien Gascon.

Lire le texte complet : https://www.lapresse.ca/affaires/202004/29/01-5271477-lurgence-boeuf-quebec.php

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