Les producteurs votent contre l’augmentation des mises en production de boeuf en Ontario

//  26 février 2018  //  Dossiers, Financement, Gouvernement  //  Commentaires fermés

Par John Greig
Publié le 22 février 2018

Une offre visant à augmenter le prélèvement (checkoff) versé par les producteurs à Beef Farmers of Ontario a été annulée quand elle n’a pas obtenu le soutien du 66 % dont elle avait besoin pour obtenir son approbation.

Pourquoi est-ce important? Pour combler un déficit, Beef Farmers of Ontario (BFO) a retiré de ses réserves près de 1 million de dollars en 2017 et prévoyait faire de même en 2018 en prévision de l’approbation de la hausse de 1,50 $ par tête. La perte d’une augmentation du prélèvement provincial aura des répercussions à l’échelle nationale, car l’Ontario a mis du temps à approuver un nouvel accord national et à augmenter les prélèvements.

(Traduction libre de Mylène Noël)

« Nous n’allons tout simplement pas être en mesure d’épuiser nos réserves aussi rapidement », a déclaré Joe Hill, producteur d’embouche à Centre Wellington, en Ontario, et président nouvellement élu de BFO.

« Nous devront réaligner notre budget et prendre des décisions difficiles concernant nos priorités en matière de dépenses. Au bout du compte, cela veut dire que nous devrons prendre de l’argent dans certains domaines moins importants et le mettre dans des domaines plus importants afin que nous puissions retourner à un budget plus près de l’équilibre et que nous puissions ainsi continuer plusieurs années. »

Le conseil d’administration de BFO voulait augmenter les fonds de prélèvements dans le but d’élargir les activités de marketing et de communications et ainsi contrer l’étranglement de l’industrie du bœuf en Ontario et remplacer les 530 millions de dollars d’importations annuelles de bœuf des États-Unis dans la province.

L’augmentation des prélèvements au-delà des 3 $ par tête exigeait un changement constitutionnel pour BFO qui exigeait des consultations provinciales et une approbation des deux tiers des délégués des producteurs lors d’une réunion annuelle.

Lors du vote de ses délégués à la réunion annuelle de BFO, tenue mercredi et jeudi à Mississauga, le résultat était de 61 % en faveur, soit en deçà du soutien de 66 % requis pour le changement constitutionnel.

La plus grande partie du nouveau montant additionnel aurait été assignée à l’initiative de marketing régional de BFO, qui investit dans des initiatives de marketing du bœuf de l’Ontario.

Au cours de la dernière année, neuf projets d’une valeur de 390 000 $ ont été approuvés et 148 000 $ ont été investis par BFO, y compris des projets tels que ceux de :

  • Flanagan Food Service, qui a mis au point une marque de qualité supérieure appelée Boeuf de marque Ontario Beef;
  • Norwich Packers, qui a créé un programme de bœuf nourri à l’herbe; et
  • Ryding Regency, qui a mis au point un programme pour la viande bovine provenant de bovins qui n’avaient pas été traités avec des hormones.

« Lorsque vous avez un intérêt dans le jeu, vous avez la possibilité d’avoir votre mot à dire sur la façon dont les choses sont faites», a déclaré John Baker, gestionnaire de programme pour l’initiative de marketing régional.

La politique nationale de la viande bovine est également en jeu

L’Ontario a mis du temps à approuver un nouvel accord national avec l’Agence canadienne du prélèvement des bovins de boucherie qui a été approuvé par les autres provinces du pays. Le nouvel accord signifierait également une augmentation du prélèvement à 2,50 $ par tête, au lieu de l’actuel 1 $.

Le prélèvement national s’applique également au bœuf importé et, par conséquent, le fonds ne peut être utilisé que pour la promotion générique du bœuf par rapport aux produits de marque ou au remplacement d’importation, soit l’objectif de l’initiative de marketing régional de l’Ontario.

Une partie de l’argent du prélèvement national revient aux provinces pour leur utilisation dans des initiatives de marketing, mais elle ne peut pas être marquée.

Le conseil d’administration de BFO n’est pas encore convaincu qu’il y a suffisamment de valeur pour les éleveurs de bovins en Ontario à cause d’une augmentation de la taxe nationale, a dit M. Hill, même s’il a ajouté que le libellé de l’accord est en grande partie finalisé.

« L’industrie nationale a tendance à être plutôt orientée vers l’ouest », a déclaré Hill. Il faut s’y attendre car on peut dire que 80 pour cent du bœuf provient de l’Ouest canadien, mais pour que l’industrie de l’Ontario survive vraiment, nous devons trouver de la valeur ajoutée, ce que nous ne percevons pas encore dans notre organisation nationale. »

Tout se résume au marché. Un grand volume du bœuf de l’Ouest canadien est exporté, alors que d’importants marchés urbains en Ontario sont actuellement mal desservis par le bœuf canadien.

Quatre-vingt-cinq pour cent des importations canadiennes de bœuf en provenance des États-Unis arrivent en Ontario, totalisant plus de 530 millions de dollars chaque année, a déclaré Jim Clark, directeur exécutif du Programme ontarien pour la viande bovine.

BFO a adopté une résolution lors de la réunion annuelle qui encourage le conseil d’administration à conclure l’entente nationale.

« Nous travaillons dans ce domaine depuis plusieurs années », a déclaré Larry Jinkerson, qui a proposé la motion d’approbation de la résolution. « Il est temps de continuer et de le faire signer. Nous sommes la seule province à ne pas être à bord. »

- John Greig est rédacteur en chef pour Glacier FarmMedia à Ailsa Craig, Ont.

 

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