Les producteurs préoccupés par le comportement des prix des veaux

//  13 avril 2020  //  Marchés, Vache/veau et Approvisionnement veau  //  Commentaires fermés

14avril2020-11

Au cours des deux dernières semaines, j’ai reçu de nombreuses demandes de renseignements sur les perspectives de prix des bovins d’engraissement . La saison de vêlage bat son plein depuis plus d’un mois pour de nombreuses exploitations vache-veau. Les producteurs sont préoccupés par le comportement des prix au cours des quatre à six prochains mois étant donné la récente fusion des marchés financiers et des produits de base.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Jerry Klassen – Publié le 9 avril 2020
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Au moment de la rédaction de cet article, les abattoirs de l’Alberta achetaient des bovins d’engraissement vivants de 147 $ à 148 $, ce qui représente une baisse d’environ 18 $ par rapport aux sommets de janvier. Les valeurs de clôture du seuil de rentabilité se situent entre 159 $ et 162 $, de sorte que les marges de finition sont sous l’eau de 11 $ à 15 $ en fonction des prix des bovins d’engraissement. Les prix des yearlings ont reflété la baisse du marché des bovins d’engraissement, car les contrats à terme des bovins vivants d’août se négocient désormais près des plus bas contractuels. Les bovins d’engraissement de poids moyen ont connu une baisse marginale de 5 $ à 8 $ par rapport aux sommets de janvier; cependant, il semble que les prix des veaux se soient totalement séparés du marché des bovins d’engraissement. La demande a été exceptionnellement forte ces derniers temps.

Je pensais que ce serait un bon moment pour discuter des principes fondamentaux à plus long terme, car les producteurs seront plus préoccupés par les perspectives de prix pour la période d’automne. Statistique Canada et l’USDA ont publié leurs rapports semestriels d’inventaire des bovins au 1er janvier. Les données indiquent une structure fondamentale plus stricte pour les veaux et le bœuf pour la période d’automne et d’hiver.

Il est important de réaliser que le prix des bovins d’engraissement est largement basé sur le prix des bovins d’engraissement lorsque l’animal est terminé et le prix des céréales fourragères. Les marges de finition des parcs d’engraissement à court terme influencent également le marché des mangeoires, mais pas autant qu’on pourrait le penser. Habituellement, nous devons voir environ deux cycles d’alimentation avec une érosion importante des fonds propres avant que le marché des veaux ne succombe à la structure de la marge dans les parcs d’engraissement de finition. Sinon, je vais m’exprimer et déclarer que, généralement, l’offre et la demande de bovins d’engraissement sont totalement différentes de l’offre et de la demande voisines de bovins d’engraissement. Par conséquent, il n’est pas rare que les prix des veaux se séparent du marché des bovins d’engraissement.

L’USDA a estimé la récolte de veaux de 2019 à 36,060 millions de têtes. Cela représente une baisse d’environ 250 000 têtes par rapport à la production de 36,313 millions de têtes en 2018. Il s’agit de la première année de contraction depuis 2015 dans le cheptel bovin américain. Sans entrer dans les détails, 374 000 vaches de boucherie de moins avaient vêlé au 1er janvier 2020 qu’au 1er janvier 2019. L’essentiel est que la baisse d’une année à l’autre de la production de veaux ait concerné le bœuf et non les produits laitiers.

Deuxièmement, les chiffres de rétention des génisses de bœuf ont diminué de 110 000 têtes par rapport à l’année dernière, donc nous verrons probablement une autre baisse d’une année à l’autre de la production de veaux pour 2020. Je prévois que la production de veaux de 2020 se terminera à 35,7 millions de têtes, en baisse de 360 000 têtes par rapport à 2019.

Selon Statistique Canada, la récolte de veaux canadiens de 2019 a atteint 4,251 millions de têtes. Cela représente une baisse de 46 400 têtes par rapport à la production de 4,297 millions de têtes en 2018 et de 108 000 têtes par rapport à la récolte de veaux de 4,358 millions de têtes en 2017. Le troupeau canadien se contracte depuis deux ans. Au 1er janvier de cette année, 3,561 millions de têtes de vaches de boucherie avaient vêlé, en baisse de 95 000 têtes par rapport au 1er janvier 2019; 515 000 têtes de génisses de boucherie ont été conservées, en baisse de 34 000 têtes par rapport à l’année dernière. Il semble maintenant que la récolte de veaux de 2020 pourrait chuter à 4,150 millions de têtes, en baisse de 100 000 têtes par rapport à 2019.

Compte tenu de la baisse d’une année à l’autre des cultures de veaux et du calendrier d’abattage américain à ce jour, le marché des bovins d’engraissement connaîtra un changement fondamental important au cours de l’été. La production de bœuf aux États-Unis au deuxième trimestre devrait connaître une forte augmentation d’une année à l’autre; cependant, la production des troisième et quatrième trimestres connaîtra une baisse d’une année à l’autre. Plus important encore, si un calendrier normal de placement en parc d’engraissement se concrétise cet automne, nous pourrions voir des baisses importantes d’une année sur l’autre au premier trimestre de 2021. Cela va maintenir les prix des veaux bien soutenus. Les prix des yearlings cet automne pourraient revenir à des sommets de 52 semaines compte tenu des perspectives positives pour les valeurs des bovins d’engraissement au premier trimestre de 2021.

À court terme, les producteurs de vaches-veaux doivent fermer les nouvelles et éteindre les écrans. D’un autre côté, si les producteurs de vaches-veaux cherchent à se développer, il est temps de ramasser quelques vaches ou génisses de plus. Vous voulez faire le contraire de la foule pour réussir à long terme.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/market-talk/a-year-over-year-decline-in-calf-crops

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