Les petits transformateurs de viande sont en attente alors que le coronavirus met au ralenti les grandes usines

//  17 juin 2020  //  Marchés, Tendances et consommateurs  //  Commentaires fermés

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À l’intérieur du petit abattoir de l’Iowa Stanhope Locker and Market, la propriétaire Shaunna Zanker bâille d’épuisement en écoutant un autre producteur lui demander d’abattre ses bêtes.

«Je suis vraiment désolé, mais nous avons réservé jusqu’en mars de l’année prochaine», déclare Shaunna Zanker au téléphone. «Et en juin prochain alors?

Tiré de Manitoba Cooperator – Publié le 16 juin 2020
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Les opérations d’abattage comme celle de Shaunna Zanker sont en plein essor alors que de nouvelles flambées de coronavirus dans les principales usines de viande américaines et canadiennes obligent à rechercher des alternatives à un lien crucial de la chaîne d’approvisionnement.

Depuis 1946, cette entreprise de Stanhope, dans l’Iowa — l’un des 1 500 abattoirs américains indépendants — a traité chaque semaine quelques animaux de ferme des fermes locales et vendu au public des coupes de bœuf et de porc.

Aujourd’hui, l’entreprise familiale et d’autres comme elle sont débordés et sont contraints de refuser les producteurs.

Au Canada, l’Alberta a du mal à faire face à une réduction de la production dans les deux principales usines de production de bœuf du pays, détenues par Cargill Inc. et JBS SA, toutes deux dans cette province.

Les parcs d’engraissement ont été refoulés par les grandes usines, qui ont un arriéré de bétail.

Certains appellent donc Marc Lustenberger, propriétaire de l’abattoir Meat Chop près de Penhold, en Alberta, qui a déjà une entreprise dynamique de découpe de viande pour que les agriculteurs vendent directement aux consommateurs.

«Il y a beaucoup de panique», affirme Marc Lustenberger. «On dirait que ça ne va pas s’arrêter de sitôt.»

En mars et avril, les Red Deer Lake Meats de l’Alberta ont abattu deux fois plus de porcs et de bovins que d’habitude. Le ministère provincial de l’Agriculture a appelé le boucher de Red Deer, Darrel Barrett, pour lui demander de récupérer une partie causée par la fermeture de l’usine de Cargill pendant deux semaines.

«Ce qui est absurde, car Cargill abat 4 500 têtes par jour», a note Darrel Barrett. «Nous avons de la chance si nous en faisons 20 par semaine.»

Comme d’autres bouchers de l’Alberta, Darrel Barrett est également occupé à couper de la viande pour des fermes qui font soudainement exploser les ventes directement aux consommateurs.

Un client, un éleveur Ben Campbell de Black Diamond, en Alberta, a pré-vendu 10 800 livres (4 900 kg) de bœuf nourri à l’herbe en deux mois, soit un tiers de plus que l’année dernière.

Les petits éleveurs comme Tim Hoven, qui exploite une ferme de bœuf biologique près d’Eckville, en Alberta, entretiennent des relations de longue date avec de petits bouchers qui connaissent maintenant une demande massive. Les voisins, habitués à livrer aux grandes usines, se retrouvent avec du bétail qui n’a nulle part où aller.

«Ils sont dans une situation difficile car ils sont petits et ils sont en bas de la liste pour obtenir une entrée dans ces grandes usines», a note M. Hoven, dont les ventes de viande ont triplé.

De retour dans l’Iowa, Shaunna Zanker raccroche. C’est le 10ème fermier à appeler ce jour-là.

Ensuite, une femme appelle pour demander si Stanhope Locker and Market a de la viande à vendre.

Source : https://www.manitobacooperator.ca/news-opinion/news/how-about-next-june/

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