Les pénuries d’aliments pour animaux entravent la prise de poids et font diminuer les prix des bovins

//  24 octobre 2018  //  Marchés, Nutrition, Recherches en nutrition  //  Commentaires fermés

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En raison d’une saison de croissance sèche dans les Prairies et des pénuries d’aliments pour animaux, davantage de bovins affichent un poids insuffisant à l’approche de l’hiver, et le nombre d’animaux mis sur le marché est plus élevé.

Les répercussions de l’été sec et des retards de récolte se font sentir dans les parcs à bestiaux et dans les marchés aux enchères.

«Dans les cas où la productivité des pâturages a été réduite à cause d’une mise à l’herbe précoce, du manque de précipitations ou d’une surestimation de la capacité des pâturages, il est probable que les vaches soient amaigries et que les veaux soient d’un poids inférieur aux prévisions», indique Dwayne Summach, spécialiste de l’élevage au ministère de l’Agriculture de la Saskatchewan.

  Tiré de Financement Agricole Canada – par  Richard Kamchen – Publié le 18 octobre 2018
| Adaptation libre par la rédaction |

Répercussions sur les besoins alimentaires hivernaux

«Une vache maigre peut avoir besoin de 1 400 livres de foin supplémentaires pour rester au chaud», indique Barry Yaremcio, spécialiste des bovins et du fourrage au ministère de l’Agriculture de l’Alberta. «Cela représente une augmentation d’environ 140 $ par vache en coût d’alimentation par rapport à un animal en bonne condition.»

La quantité de lait qu’une vache maigre peut produire est aussi réduite, et son aptitude à la reproduction peut diminuer de 20 à 30 % au début de la période de reproduction.

Des outils en ligne permettent aux éleveurs d’évaluer l’état corporel de leurs troupeaux et d’équilibrer les rations (ces outils sont en anglais seulement) de manière à obtenir les gains de poids ciblés.

Optimiser l’alimentation des animaux

Pour contrer l’amaigrissement des bêtes, MM. Summach et Yaremcio recommandent aux éleveurs de sevrer les veaux dès maintenant. En effet, les besoins nutritifs d’une vache tarie sont inférieurs de 25 % à ceux d’une vache en lactation.

Après le sevrage, il convient de fournir plus de céréales ainsi que du fourrage de meilleure qualité pour favoriser la prise de poids des vaches.

De plus, il est judicieux d’effectuer un contrôle de gestation (en anglais seulement) du troupeau et de réformer toute vache non saillie.

«Un contrôle de gestation précoce permet de prendre des décisions de réforme rapidement, ce qui libère des ressources précieuses que vous pourrez administrer aux vaches en gestation», explique M. Summach.

Plus de céréales fourragères

Les précipitations ont entravé la récolte annuelle et réduit les catégories de qualité, ce qui pourrait faire augmenter l’offre de céréales fourragères.

Toutefois, la quantité de céréales fourragères qui entre dans la chaîne des aliments pour animaux de l’Alberta est infime jusqu’à présent parce que de nombreux andains sont détrempés ou couverts de neige, souligne M. Yaremcio.

Le grain de qualité fourragère peut aussi présenter des problèmes supplémentaires comme des moisissures, et c’est pourquoi les experts recommandent aux éleveurs de faire analyser leurs aliments pour animaux (en anglais seulement).

Répercussions sur le marché

Les acheteurs savent que les éleveurs doivent vendre dans les meilleurs délais et que l’accroissement de l’offre fera diminuer les prix, indique M. Yaremcio.

«Les prix des vaches sont nettement en baisse. Ils ont diminué d’environ 200 $ par tête par rapport aux prix offerts il y a deux mois, et d’environ 1 000 $ par tête par rapport à il y a un an», explique-t-il.

Le poids réduit des vaches pourrait aussi entraîner des baisses de prix supplémentaires sur le marché, ajoute Brian Perillat, analyste principal de marchés de Canfax.

M. Perillat a constaté qu’un nombre accru de veaux – sans doute d’un poids plus léger – a été mis sur le marché au début de l’automne.

Les six prochaines semaines donneront une idée claire de la direction que prendront les prix dans les Prairies, ajoute M. Yaremcio.

Les réserves restreintes d’aliments pour animaux ont aussi fait fléchir la demande de vaches et de génisses pleines, souligne M. Perillat.

En conclusion

Les éleveurs devront ajuster la taille de leurs troupeaux de vaches en fonction de l’offre d’aliments pour animaux, mais un nombre accru d’animaux à vendre fera baisser les prix.

Source : https://www.fcc-fac.ca/fr/ag-knowledge/knowledge/feed-shortages-lead-to-underweight-cattle-and-lower-prices.html

 

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