Les fermetures d’usines de transformation obligent les éleveurs de bétail à jongler avec les stocks

//  26 décembre 2019  //  Dossiers, Gouvernement  //  Commentaires fermés

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En raison de la suspension des activités de trois usines de transformation du bœuf en Ontario, un plus grand nombre de bovins devront être abattus à l’extérieur de la province, ce qui entraînera des coûts de transport accrus pour les éleveurs et fera diminuer les bénéfices qu’ils tirent de leurs animaux.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a révoqué le permis de ces trois établissements au début du mois de décembre après les avoir suspendus une première fois en septembre.

Tiré de Financement agricole Canada – par Richard Kamchen – Publié le 20 décembre 2019

Capacité de transformation insuffisante

La fermeture de trois usines de transformation du bœuf en Ontario contraint plusieurs éleveurs à engraisser leurs bovins plus longtemps et fait grimper leurs coûts.

L’association Beef Farmers of Ontario soutient que la province compte déjà trop peu de transformateurs et que la fermeture récente des trois usines cause un goulot d’étranglement supplémentaire.

Parallèlement, la Canadian Cattlemen’s Association souligne que la capacité insuffisante fait déjà mal aux industries du bœuf et des produits laitiers et estime que les répercussions économiques pour l’Est du Canada se chiffrent à environ 174 millions de dollars.

La Fédération de l’agriculture de l’Ontario mentionne qu’en raison des fermetures d’usines, les éleveurs doivent engraisser leurs bovins plus longtemps, ce qui fait grimper leurs coûts.

Temps de transport accru

Des usines de l’Ouest canadien vont sans doute combler une grande partie de la capacité insuffisante de l’Ontario, dit Ryan Copithorne, président de Cows in Control, un cabinet-conseil spécialisé dans la gestion financière et la gestion du risque.

Une partie des bovins de l’Ontario devront aussi être expédiés aux États-Unis, mais dans les deux cas, les coûts de transport s’en trouveront augmentés.

Le transport de bovins vers les États-Unis occasionne par ailleurs des coûts additionnels d’exportation et d’inspection pour les éleveurs.

Amaigrissement du bétail

Les longues distances se traduisent aussi par des pertes de poids accrues chez les bovins. La perte de poids, qui se chiffre habituellement entre 3% et 4%, atteint maintenant de 7% à 8%, voire plus, selon M. Copithorne.

«Des bovins très gras perdent encore plus de poids durant le transport, et on ne peut pas en mettre autant dans les camions.»

Répercussions sur les éleveurs de l’Ouest et de l’Atlantique

Étant donné que les parcs d’engraissement de l’Alberta sont déjà bien remplis, l’arrivée massive de bovins de l’Ontario dans les usines de transformation appelées en renfort fera baisser les prix des bovins finis dans cette province de l’Ouest, prévient M. Copithorne.

Il recommande aux éleveurs de l’Alberta de fixer les prix par contrat ou d’utiliser des instruments de couverture comme le Western Livestock Price Insurance Program (en anglais seulement) pour atténuer le risque lié aux stocks excédentaires des usines de l’Ouest.

Nathan Phinney, président des Éleveurs de bovins du Nouveau Brunswick, prend au sérieux l’arrivée de bovins de l’Ontario dans des usines de transformation de l’Atlantique.

Une situation semblable a eu des répercussions sur les éleveurs de cette région l’an dernier.

«Les répercussions sur les prix des bovins d’engraissement sont considérables. Si des bovins gras prennent leur place, l’incitation à acheter des bovins d’engraissement diminue, explique M. Phinney. Les prix ont dégringolé l’an dernier, et l’on constate qu’ils commencent à chuter à nouveau cette année. Les éleveurs en subissent vraiment les contrecoups.»

En conclusion

Les éleveurs de bovins de boucherie de partout au pays risquent de ressentir les effets de la fermeture de trois usines de transformation du bœuf de l’Ontario. Des experts recommandent aux éleveurs de l’Ouest de fixer les prix par contrat ou de recourir à des instruments de couverture pour atténuer leur risque. En Ontario, des bovins devront sans doute être expédiés vers des abattoirs situés à l’extérieur de la province, tandis qu’au Canada atlantique, les parcs d’engraissement devront sans doute garder des bovins gras plus longtemps, au détriment des bovins d’engraissement.

Source : https://www.fcc-fac.ca/fr/ag-knowledge/knowledge/plant-closures-force-cattle-producers-to-juggle-inventory.html

 

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