Les éleveurs qui doivent retenir du bétail ont besoin d’un plan d’affaires proactif

//  25 mai 2020  //  Gestion  //  Commentaires fermés

26mai2020-13

L’obligation de garder du bétail lorsque les installations de transformation ralentissent — ou cessent carrément leurs activités — a de nombreuses répercussions sur les entreprises agricoles. Et plus vite les risques sont recensés, mieux c’est.

Plus vite les risques sont cernés et les stratégies d’atténuation élaborées, plus votre exploitation sera solide.

Tiré de fcc-fac.ca – par Owen Roberts –

« Il est essentiel d’être proactif », selon Denise Filipchuck, conseillère en gestion agricole de Swan River, au Manitoba. « Plus vite vous cernez, traitez et proposez des stratégies d’atténuation, plus votre ferme ou votre ranch sera solide et pourra résister à la tempête. »

Par exemple, un éleveur qui doit retenir du bétail a besoin d’enclos d’attente et de pâturages adéquats, deux facteurs qui ont des répercussions financières. Il en va de même pour les ressources humaines nécessaires pour retenir le bétail plus longtemps. En cas de besoin, un employé à temps partiel pourrait acquérir le statut de travailleur à temps plein pour s’acquitter des obligations supplémentaires.

Mme Filipchuck indique que la planification est plus efficace si les éleveurs de bovins ont une bonne compréhension de leur situation financière, ce qui suppose la mise à jour de l’état de la valeur nette et l’établissement d’un plan financier et stratégique fondé sur la rentabilité antérieure et sur une analyse des répercussions de différents scénarios.

Se préparer à des retards éventuels

Scot et Murray Legge, éleveurs de bétail de l’Ontario, savent que si plusieurs travailleurs d’une installation de transformation tombent malades, les chaînes de production s’arrêtent complètement, tout d’un coup, ce qui peut obliger les éleveurs à retenir leur bétail pendant plusieurs semaines.

Devant la progression de la pandémie de COVID-19, les Legge savent qu’ils doivent se préparer à de possibles retards dans la transformation. Ils réduisent l’apport énergétique dans les rations d’une partie de leur bétail pour qu’ils engraissent plus lentement. Cette stratégie leur donnera une marge de manœuvre jusqu’à ce que la situation rentre dans l’ordre dans les installations de transformation.

Les Legge se préoccupent plus de la situation du secteur de la transformation que de la demande. À l’heure actuelle, leurs ventes de viande bovine surgelée sont en hausse d’environ 25 %, et ils approvisionnent un autre détaillant de produits agricoles qui enregistre aussi un accroissement de ses ventes de viande bovine surgelée à la ferme.

« Avec un peu de chance, les cuisines redeviendront un lieu où les gens préparent des repas à base de bœuf », dit Scot.

Collaborer étroitement avec l’équipe de votre ferme

Mme Filipchuck recommande aux producteurs de viande bovine d’évaluer minutieusement leurs activités dès maintenant et de prévoir d’éventuelles perturbations dans la commercialisation.

Elle indique que des relations de travail étroites avec les conseillers agricoles et les créanciers font partie d’une saine gestion, peut-être encore plus lorsqu’une situation inhabituelle — comme une pandémie — se produit et que des bouleversements financiers s’annoncent.

Les créanciers sont des partenaires du changement, et plus ils comprennent votre situation, mieux c’est.

« Si le calendrier des flux de trésorerie et des paiements pose problème, ce qui est fort probable pour un éleveur qui doit retenir du bétail, il importe d’en discuter ouvertement et en toute honnêteté, le plus tôt possible, et d’expliquer votre plan à votre créancier, dit Mme Filipchuck. Si un financement ou une restructuration est nécessaire, veillez à établir un plan financier et stratégique solide pour être en mesure de discuter de votre stratégie commerciale de façon ouverte et transparente et d’obtenir le soutien dont vous avez besoin dans l’optique d’un partenariat durable. »

Envisager de nouvelles possibilités

Ne sous-estimez pas les petites occasions. Par exemple, les ventes de bœuf surgelé des Legge ne représentent qu’une fraction de leurs activités. Mais si les consommateurs soucieux de la sécurité alimentaire privilégient de plus en plus l’achat local, ce volet de l’entreprise pourrait prendre de l’expansion et offrir une protection partielle contre les marchés imprévisibles.

« La vente sur un marché local est un exemple de moyen de faire les choses différemment, fait valoir Mme Filipchuck. Cela ne résoudra pas l’ensemble du problème, mais cela pourrait alléger la pression. »

En conclusion

L’obligation de retenir du bétail comporte des risques et des répercussions pour les exploitations agricoles, mais si les installations de transformation ferment leurs portes en raison d’une maladie humaine, les producteurs n’ont parfois pas le choix. Il importe de cerner les problèmes et d’y remédier le plus tôt possible, disent les experts, et de mettre en place des stratégies d’atténuation. De nouvelles possibilités de commercialisation pourraient se traduire par de nouvelles sources de revenus.

Source : https://www.fcc-fac.ca/fr/knowledge/holding-back-cattle-requires-proactive-business-plan.html

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