Les bovins sont au sommet du cycle

//  12 janvier 2018  //  Dossiers, Production durable et environnement  //  Commentaires fermés

John_Maday_Bovine_Veterinarian

John Maday
10 janvier 2018

Alors que les bovins transforment les aliments moins efficacement que les porcs ou les poulets, leur capacité à prendre du poids sur les régimes à base de fourrage maintient la production de boeuf compétitive et améliore la durabilité à long terme.

Parmi toutes les discussions sur l’efficacité et la durabilité de la production alimentaire, les critiques sur le bœuf laissent souvent de côté un point important: les bovins mangent des aliments que nous ne pouvons pas manger. Ils transforment l’herbe, les tiges de maïs, la paille de blé et les sous-produits tels que les drêches de distillerie et le tourteau de coton en protéines de haute qualité pour la consommation humaine.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Bien qu’il soit vrai que les bovins mangent des produits comme le maïs et le tourteau de soja qui pourraient être utilisés dans l’alimentation humaine, l’analyse indique que le bœuf a une bonne histoire à raconter sur le ratio des nutriments comestibles humains investis par rapport aux nutriments comestibles produits.

Lors de la récente conférence de l’Academy of Veterinary Consultants, le nutritionniste bovin Tryon Wickersham, de l’Université A & M du Texas, a parlé de son analyse des bovins au sommet du cycle.

Les critiques sur le boeuf pointent souvent vers les porcs, la volaille ou le poisson qui ont de meilleures conversions alimentaires que les bovins, note Wickersham. Cependant, le simple fait de prendre en compte les calories par rapport aux calories ne révèle pas toute l’histoire. Le bétail non ruminant a tendance à consommer des aliments riches en protéines et entièrement à base de céréales, tandis que les bovins prennent du poids avec les régimes alimentaires à base de fourrage grossier, avec bien sûr certains suppléments protéiques et un passage vers une finition au maïs.

Wickersham a partagé son analyse préliminaire, fondée sur des hypothèses qui sous-estiment les contributions que les fourrages grossiers et les sous-produits ont sur la production de viande bovine. Les chiffres du tableau de la page 12, dit-il, sont basés sur les hypothèses d’une analyse de 2014 des conversions alimentaires et des rations de bétail (Peters et al). Cette analyse reposait sur des hypothèses selon lesquelles le maïs fournit toute l’énergie non fourragère dans les rations de bovins, tandis que le tourteau de soja fournit toutes les protéines non fourragères.

Dans le tableau, par exemple, une consommation à 100 % de maïs correspond à l’estimation de Peters, alors qu’une consommation à 70% de maïs suppose que 30% de l’énergie non fourragère proviendrait d’autres sources et une consommation à 120 % de maïs représenterait un régime alimentaire comprenant 20 % de plus maïs que l’hypothèse de Peters. Notons que même avec 120 % de maïs, les bovins se retrouvent bien au-dessous des porcs et des poulets de chair dans la consommation de protéines comestibles humaines et bien en avant dans la contribution nette des protéines (CNP).

Wickersham prévoit d’affiner l’analyse basée sur des scénarios d’alimentation du bétail dans le monde réel dans lesquels des sous-produits tels que les drêches de distillerie représentent une part des protéines et des intrants énergétiques dans la production de viande bovine.

Ratio de qualité des protéines
Protein quality ration_11-01-2018_1

Même au taux le plus élevé de consommation de maïs et de soja, les bovins fournissent un avantage en matière de compétition nutritive par rapport aux porcs ou aux poulets de chair. Cet avantage augmente avec l’utilisation de fourrages et de sous-produits.

Il prévoit également d’incorporer d’autres facteurs de durabilité dans ses analyses futures, tel que la production de méthane. Il dit que cela impliquera quelques compromis. Les systèmes de production à base de fourrage procurent les meilleurs gains en CNP, car les bovins produisent des protéines dans des régimes presque entièrement non comestibles pour les humains. Cependant, les bovins nourris au fourrage produisent plus de méthane que les bovins sur des régimes à base de céréales.

Notre système de production de bœuf américain établit un bon équilibre entre la production de méthane et les conversions de protéines, dit-il, puisque la plupart des bovins consacrent une grande partie de leur vie sur des fourrages, avec une période plus courte de rations à base de céréales.

Bien que certains des chiffres de cette analyse puissent rendre perplexes les consommateurs peu familiers avec les systèmes de production de viande bovine et la nutrition des ruminants, on peut la résumer en un simple message qui leur dirait que les bovins sont plus efficaces que ce qu’en pense la plupart des gens, car les bovins ont la capacité de convertir les fourrages et les sous-produits en nourriture de qualité.

Source :

Articles:

Comments are closed.