L’assiette québécoise: plus éclatée, plus locale et plus écologique

//  18 mai 2018  //  Achat local, Tendances et consommateurs  //  Commentaires fermés

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Les québécois désirent de plus en plus manger local. Ils se soucient de leur santé et des pratiques alimentaires qui respectent leurs valeurs sociales en environnementales et sont de plus plus conscients de la provenance de qu’ils consomment.

Voilà quelques constatations faites lors du 86e congrès de l’Acfas (Association canadienne-française pour le savoir) tenu à dans la deuxième de mai à Chicoutimi par Francine Rodier, professeure au département de marketing et chercheuse associée à l’Observatoire ESG UQAM en consommation responsable.

| Selon Agence Science-Presse, publié l’Écho des marchés, le 11 mai 2018 |

Les constations de Mme Rodier concernant l’intérêt des québécois pour leur alimentation rejoint ainsi l’énoncé du programme Bœuf Québec, à savoir mettre en marché le bœuf élevé au Québec en garantissant une traçabilité de la ferme à la table et dans une perspective de développement durable.

Bios, équitables, locaux, fonctionnels («alicaments»), en vrac ou emballés, les aliments multiplient leurs formes pour composer une assiette plus éclatée qu’auparavant.

Et l’aspect médiatique joue aussi : «lorsqu’une vedette comme Ricardo parle du piment d’Espelette dans une recette, les consommateurs vont en vouloir et les marchands doivent alors s’en procurer rapidement», confirme la professeure.

Cette évolution se présente toutefois à géométrie variable suivant les pays. La Pr Rodier s’est intéressée à l’Allemagne, la France, l’Italie et le Royaume-Uni. Elle constate que les aliments fonctionnels sont en croissance dans ce dernier pays tandis qu’en Italie, c’est plus le bio qui a la cote et qu’en France, il y a une montée de préoccupations autour de la consommation de viande. «Cela va de pair avec le souci de protection des animaux et la tendance végétarisme très forte, tout comme le sans sucre ou le sans gluten».

L’évolution des pratiques alimentaires au Québec ressemble selon elle à celle du fromage mozzarella : «il y a eu tout d’abord la bufflonne, pour les connaisseurs, puis celle de vache, plus populaire. Elle est arrivée au Québec avec une consistance hachée, puis elle a pris de la fermeté, diverses formes et diverses provenances. Ce fromage a fait du chemin, tout comme les légumes et les autres aliments», détaille la chercheuse.

Elle note aussi une évolution en faveur de l’alimentation locale. Les aliments du Québec sont plus connus, mieux identifiés. Les consommateurs deviennent conscients de la provenance de ce qu’ils consomment et de l’impact sur l’environnement du circuit de distribution alimentaire.

Le local dans l’assiette

Mais il reste bien du chemin à faire. Manger local à Québec, une réalité ou une utopie ? s’interroge l’étudiante à la maîtrise en agroéconomie de l’Université Laval, Marilou Des Roberts, qui participait à un second colloque de l’Acfas qui, outre l’alimentation, portait sur la gouvernance, la gestion du développement durable, les modalités de participation et la vie démocratique.

Sa recherche montre que 38 % des besoins caloriques des consommateurs de la région de Québec sont comblés par la production alimentaire régionale, lorsqu’on limite la part de l’élevage dans le calcul — ce qui est similaire à la moyenne provinciale de 35 %.

La jeune chercheuse participe au projet REPSAQ — un partenariat alliant recherche et mobilisation des connaissances autour de l’alimentation durable pour la Communauté métropolitaine de Québec (CMQ), qui regroupe 800 000 habitants au sein de 28 municipalités des deux rives du Saint-Laurent.

Pour nourrir tout ce monde, la CMQ repose sur un bassin de production alimentaire de près de 34 000 km2. On y trouve beaucoup d’élevage, porcs en tête, ainsi que du sirop d’érable, mais peu de production de légumes. Aussi, beaucoup de production pour les animaux : « dans notre région, où les animaux d’élevage dominent, on produit 6 fois plus de calories pour les animaux que pour les humains », relève la chercheuse.

Ce qu’on produit dans la région n’est pas toujours ce qu’on consomme localement. Par exemple, la consommation de viande de la population varie, car elle ne se cantonne pas à la viande de porc locale, mais touche aussi la viande d’agneau du Centre-du-Québec ou le bœuf de la Montérégie. «La production porcine locale couvre 980 % de la consommation de viande de la CMQ ou 358 % de celle de la province, si les gens ne mangeaient que du porc, et elle se destine majoritairement au marché d’exportation», convient la chercheuse.

Voir l’article au complet : https://quebec.huffingtonpost.ca/2018/05/11/l-assiette-quebecoise-plus-eclatee-plus-locale-et-plus-ecologique_a_23432768/

 

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