La viande cultivée en laboratoire est une perspective attrayante pour le tiers des consommateurs

//  16 mars 2018  //  Marchés, Tendances et consommateurs  //  Commentaires fermés

FoodNavigator

Dans un article publié le 2 mars 2018 sur le site Web Foodnavigator.com, Will Chu a affirmé que le mouvement de la viande cultivée semble s’accélérer car une nouvelle enquête a révélé que près d’un consommateur sur trois était disposé à manger de la viande élaborée en laboratoire.

Commandé par Ingredient Communications, l’enquête aurait révélé que 29% des 1 000 répondants ont déclaré qu’ils pourraient manger de la viande alternative cultivée à partir d’une cellule non-animale.

Les végans semblaient être le segment de consommateurs le plus susceptible de l’essayer alors que 60% ont déclaré qu’ils seraient prêts à le faire.

Ce chiffre l’emporte sur les végétariens (23%), les pescatariens (21%) et les mangeurs de viande (28%) qui est le plus grand groupe de l’enquête (888 sur 1 000).

Selon Richard Clarke, fondateur et directeur général d’Ingredient Communications, c’est facile de voir pourquoi tant de consommateurs se réjouissent de la perspective de la viande de laboratoire. Il dit que les gens aiment manger de la viande, mais qu’ils se sentent souvent coupables des problèmes connexes qui y sont liés tels que le bien-être des animaux et l’impact de l’agriculture sur l’environnement. Or la viande cultivée répond à ces préoccupations, ce qui est un avantage convaincant.

Viande de laboratoire: avantages et inconvénients

La viande cultivée en laboratoire a été présentée comme une alternative viable à la viande produite de manière conventionnelle et aux problèmes de durabilité qui y sont associés, écrit Chu.

Les réticences face à la viande alternative proviennent du goût et d’un manque général d’attrait, en particulier chez les viandes considérées comme saines, comme le poisson et le poulet, explique-t-il. De plus, la vision «non naturelle» de la viande cultivée est également un facteur que les sceptiques soulèvent comme argument, tout comme l’impact probable qu’elle aurait sur les agriculteurs et leur bétail.

Cependant, l’enquête menée en ligne par des consommateurs au Royaume-Uni et aux États-Unis semblerait faire changer l’attitude avec la perspective de remplacer la production intensive d’animaux de ferme, particulièrement frappante pour les participants végétaliens.

Le fait que les végétaliens étaient plus susceptibles de manger de la viande cultivée que n’importe quel autre groupe est, selon Clarke, particulièrement intéressant. Il croit que ce serait peut-être dû au fait que les végétaliens, peut-être plus que tous les autres groupes, sont toujours à la recherche de nouvelles sources éthiques de protéines. Il croit aussi que les entreprises opérant dans l’industrie de la viande embryonnaire y voient là un potentiel intéressant.

Considérations industrielles

Selon Chu, les entreprises des États-Unis qui font des progrès dans ce secteur ainsi que l’Europe devront encore faire face à un long processus d’approbation réglementaire avant que les produits ne soient disponibles sur le marché.

Il ajoute que les entreprises européennes doivent demander le statut d’aliment nouveau de l’UE, mis à jour pour inclure la viande cultivée référencée dans une nouvelle réglementation rationalisée, statut qui est entrée en vigueur le 1er janvier 2018.

La Food and Drug Administration (FDA) aurait aussi déclaré que selon les informations présentes, il semble raisonnable de penser que la viande cultivée, si elle est fabriquée conformément aux normes de sécurité appropriées, peut être consommée sans risque.

Chu affirme que parmi les acteurs notables de l’industrie de la viande cultivée, il y a Mosa Meat aux Pays-Bas, Future Meat Technologies et SuperMeat en Israël, Memphis Meats, Finless Foods et Hampton Creek aux États-Unis et Integriculture au Japon.

En 2017, Hampton Creek, fabricant de mayonnaise végétalienne, aurait fait des plans pour travailler dans l’espace de la viande propre, révélant les détails d’un produit «susceptible d’être dans la famille aviaire» ainsi que des plans à long terme pour construire une plate-forme multi-produits-multi -espèces couvrant toute la gamme des viandes et des fruits de mer.

Neil Cary, directeur général de Surveygoo, aurait déclaré que les résultats de cette enquête indiquent qu’il existe une énorme différence entre la façon dont les consommateurs américains et britanniques perçoivent la viande cultivée. Cela montre comment les pays qui, en surface, semblent partager de nombreuses valeurs similaires, peuvent en fait diverger assez largement sur certaines questions. Nous sommes dans les tout débuts de la viande cultivée et nos découvertes soulignent l’intérêt de demander aux consommateurs ce qu’ils pensent des développements de pointe tels que ceux-ci.

Par Mylène Noël
Webmestre
SPEQ

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