La surveillance antimicrobienne à la ferme se précise

//  18 septembre 2019  //  Santé Animale  //  Commentaires fermés

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Tant que les bovins continueront à être malades, les éleveurs auront besoin d’antimicrobiens pour les aider à se rétablir. Dans le même temps, il est courant d’entendre des activistes, des régulateurs, des consommateurs et / ou des détaillants demander aux producteurs de bétail de cesser totalement d’utiliser des antimicrobiens, de réduire l’utilisation d’antimicrobiens ou de démontrer qu’ils sont utilisés de manière responsable. Des données solides et fiables démontrant les pratiques d’utilisation de l’antimicrobien et la prévalence de la résistance aux antimicrobiens de notre industrie sont essentielles au maintien de la confiance des consommateurs et du public dans les pratiques de production de bœuf canadien.

L’Agence de la santé publique du Canada surveille la résistance aux antimicrobiens chez les bovins, les porcs et les volailles en bonne santé arrivant dans les abattoirs, ainsi que la viande vendue au détail dans le cadre du Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens (PICRA). Le PICRA a également mis en place des programmes à la ferme pour collecter des données sur l’utilisation des antimicrobiens et la résistance des volailles et des porcs à l’engraissement-finition pendant plusieurs années.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Reynold Bergen – Publié le 16 septembre 2019
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

La surveillance à la ferme des bovins de boucherie a été plus lente. Le PICRA avait initialement axé ses efforts à la ferme sur les porcs et la volaille, car le risque de résistance aux antimicrobiens était jugé plus élevé dans les secteurs fondés sur la surveillance de détail du PICRA. L’ironie est que, bien que la surveillance à la ferme ait été au départ moins prioritaire pour les bovins la résistance aux antimicrobiens chez les bovins suscitant moins d’inquiétude, l’absence de surveillance à la ferme des bovins d’engraissement pourrait donner l’impression que notre industrie essaie d’éviter les efforts pour enquêter sur l’utilisation des antimicrobiens et la résistance aux bovins à viande!

En réalité, l’industrie bovine canadienne a travaillé d’arrache-pied pour aider le PICRA à mettre en place une surveillance à la ferme dans le secteur canadien des parcs d’engraissement. Plusieurs initiatives de collaboration impliquant le PICRA, Agriculture et Agroalimentaire Canada et l’industrie du bœuf ont mis au point un modèle et une méthodologie utilisables pour surveiller l’utilisation des antimicrobiens et la résistance dans les parcs d’engraissement commerciaux au cours des 15 dernières années. En 2017, le PICRA a pu instaurer une surveillance régionale de la résistance aux antimicrobiens dans les parcs d’engraissement dans le centre-sud de l’Alberta grâce à une collaboration avec FoodNet Canada. Cependant, le PICRA n’a pas eu suffisamment de fonds internes pour établir une véritable composante nationale d’utilisation et de résistance aux antimicrobiens à la ferme pour les bovins d’engraissement.

Nous nous rapprochons. En 2018, un groupe d’experts composé de représentants de l’industrie bovine, des principaux praticiens vétérinaires impliqués dans la médecine des parcs d’engraissement au Canada et des experts techniques sur l’utilisation / la résistance aux antimicrobiens, a collaboré avec le PICRA pour élaborer un cadre de collecte de données sur l’utilisation d’antimicrobiens et d’échantillons pour la détection de la résistance aux antimicrobiens dans le secteur des parcs d’engraissement.

Les bailleurs de fonds de l’industrie bovine (Alberta Cattle Feeders Association, Saskatchewan Cattlemen’s Association, Beef Farmers of Ontario), le financement des gouvernements fédéral et provincial (en Alberta, en Saskatchewan et en Ontario) et l’industrie pharmaceutique (Vetoquinol et Bayer) ont accordé un financement de trois ans analyser des données sur l’utilisation d’antimicrobiens et des échantillons pour la surveillance de la résistance aux antimicrobiens dans les parcs d’engraissement de l’Alberta, de la Saskatchewan et de l’Ontario. Cinq des cabinets de consultation vétérinaire les plus influents du Canada et axés sur les parcs d’engraissement ont identifié des parcs d’engraissement pour les clients représentant la proportion de chaque province par rapport à la population totale de parcs d’engraissement au Canada. Ils prélèveront des échantillons de résidus fécaux (résistance aux antimicrobiens associée aux microbes intestinaux) et de prélèvements nasaux profonds (résistance associée aux agents pathogènes respiratoires).

Au fil du temps, cette initiative fournira des estimations représentatives de l’utilisation et de la résistance aux antimicrobiens dans le secteur canadien des parcs d’engraissement de finition, fournira une approche unifiée pour suivre l’évolution dans le temps de l’utilisation et de la résistance aux antimicrobiens dans le secteur des parcs d’engraissement de finition et (en fonction des tendances émergentes en matière de résistance aux antimicrobiens). rechercher éventuellement des associations entre l’utilisation d’antimicrobiens et la résistance aux antimicrobiens de manière ciblée.

Cette information est importante pour plusieurs raisons. Il générera des informations fiables provenant de tiers afin de lutter contre les informations erronées sur les pratiques d’utilisation des antimicrobiens dans le secteur des parcs d’engraissement au Canada. Il est à espérer qu’il deviendra la norme nationale, basée sur la science, pour la surveillance de l’utilisation des antimicrobiens, à utiliser par les détaillants qui fixent des objectifs de réduction des antimicrobiens et illustrent les défis auxquels sont confrontées les chaînes d’approvisionnement qui considèrent les systèmes de production sans antimicrobiens comme une solution simple, raisonnable ou respectueuse du bien-être des animaux. stratégie de marketing auprès des consommateurs.

Mais surtout, du point de vue des producteurs, il aidera à identifier les tendances en matière d’utilisation d’antimicrobiens, de résistance aux antimicrobiens et d’associations potentielles entre l’utilisation d’antimicrobiens et la résistance en ce qui concerne la santé et le bien-être des animaux. La plupart des traitements antimicrobiens chez les animaux individuels dans les parcs d’engraissement sont liés à une maladie respiratoire. La collecte des écouvillons nasaux à l’entrée et la nouvelle manipulation permettront au PICRA d’examiner la résistance aux antimicrobiens parmi les bactéries associées aux maladies respiratoires. De même, les antimicrobiens dans l’alimentation sont principalement utilisés pour contrôler les abcès du foie ou contrôler l’histophilose chez les veaux. La surveillance de la résistance des bactéries provenant des tapotiers fécaux aidera à déterminer si une résistance aux antimicrobiens est en train d’émerger parmi les bactéries intestinales.

Il faut plusieurs années et des milliards de dollars pour développer un nouvel antimicrobien, et les nouveaux antimicrobiens ne se développent plus aussi rapidement qu’auparavant. À l’avenir, de nouvelles familles d’antimicrobiens pourraient être réservées à un usage humain et non autorisées pour le bétail. Les antimicrobiens disponibles pour la production de bovins à viande dans 20 ans pourraient simplement être les mêmes que ceux que nous avons aujourd’hui. C’est pourquoi il est si important d’éviter autant que possible le développement de la résistance aux antimicrobiens — notre boîte à outils antimicrobiens pourrait ne pas s’agrandir. Cela pourrait même diminuer, étant donné les pressions politiques visant à restreindre l’utilisation d’antimicrobiens dans la production animale.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/2019/09/16/on-farm-antimicrobial-surveillance-moves-a-step-closer/

 

 

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