La ronde de l’ALENA se termine – Le Canada et les États-Unis ont des perspectives différentes

//  30 janvier 2018  //  Commerce international et Accords commerciaux, Marchés  //  Commentaires fermés

ALENA_30-01-2018

Par Robert Arnason
Publié: 29 janvier 2018

Lors d’une conférence de presse à Montréal ce matin, le représentant commercial américain Robert Lighthizer, à droite, et la ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont poliment partagé leurs réflexions sur l’état des négociations en cours pour renégocier l’ALENA. | Screencap via Twitter.com/@CanadaTrade

Le ton était plus amical et le représentant américain au Commerce, Robert Lighthizer, a failli ricaner, mais il est clair que le Canada et les États-Unis ont toujours des points de vue différents sur l’Accord de libre-échange nord-américain.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Lors d’une conférence de presse à Montréal ce matin, Lighthizer et la ministre fédérale des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, ont poliment partagé leurs réflexions sur l’état des négociations en cours pour renégocier l’ALENA.

Lighthizer, qui a parlé avant Freeland, a déclaré que le commerce entre les pays dans un accord de libre-échange devrait être équilibré. Malheureusement, il est clair pour lui que le Canada a un excédent commercial de marchandises avec les États-Unis.

«En utilisant les statistiques canadiennes, le Canada a vendu aux États-Unis 298 milliards de dollars américains en 2016», a-t-il déclaré. « Nous avons vendu 210 milliards de dollars de marchandises au Canada. »

Cela représente un excédent de 88 milliards de dollars pour le Canada, ce qui équivaut à environ 5,7 p. 100 du PIB du Canada.

Compte tenu de l’ampleur de l’excédent commercial du Canada, n’est-il pas raisonnable que les États-Unis se demandent si l’ALENA fonctionne comme il le devrait, a demandé Lighthizer.

« Je pense qu’il y a un malentendu qui dit que les Etats-Unis sont injustes dans ces négociations. Ce n’est pas le cas…. Le Canada ne poserait-il pas la même question si la situation était inversée? », a déclaré Lighthizer, qui a dirigé la plupart de ses commentaires sur le Canada pendant la conférence de presse et a rarement mentionné le Mexique.

« Nous devons moderniser et nous devons rééquilibrer(l’ALENA). »

Freeland, qui a également opté pour un ton amical, a contesté la position de Lighthizer et ses chiffres commerciaux.

« Les Canadiens ne considèrent pas le commerce comme un jeu à somme nulle, dans lequel un camp doit perdre pour que l’autre gagne. »

Elle a présenté des données montrant que les États-Unis avaient un excédent commercial de 8 milliards de dollars avec le Canada, lorsque tous les biens et services sont comptés.

« Sur les échanges bilatéraux totaux valant 634,8 milliards de dollars américains. C’est proche de l’équilibre, mais c’est un petit déficit pour le Canada. »

Freeland a présenté d’autres chiffres, affirmant que les États-Unis avaient un excédent commercial de 35,9 milliards de dollars en biens manufacturés avec le Canada.

« Nous sommes le plus grand marché d’exportation pour les deux tiers des Etats-Unis », a-t-elle déclaré.

Freeland a ensuite fait quelques commentaires qui étaient loin d’être polis car elle critiquait les États-Unis sur ses tactiques de négociation et sa logique.

Elle a déclaré que l’économie américaine prospère et que ce n’est pas très sensé de déchirer un accord qui fournit 14 millions d’emplois aux Américains en raison du commerce et des investissements entre le Mexique, le Canada et les États-Unis.

« Du point de vue du Canada, notre travail ici (soit les négociations) consiste à … favoriser des conditions de croissance qui profitent aux Canadiens, aux Américains et aux Mexicains », a-t-elle déclaré. « Notre travail n’est pas d’affaiblir la compétitivité nord-américaine, c’est de la renforcer ».

Elle a poursuivi en disant que les propositions américaines de modernisation de l’ALENA, telles que la modification des règles d’origine de la fabrication automobile, ont pour conséquence que la moitié du contenu provient des États-Unis et qu’elle élimine un mécanisme de résolution des différends entre les nations.

« Soyons clairs à ce sujet, ces propositions américaines sont sans précédent et, à certains égards, représentent une approche tout à fait différente de tout ce que le Canada a déjà rencontré auparavant.

Freeland et Lighthizer ont présenté différentes visions du commerce et des faits distincts, mais ils ont tous deux dit que les négociateurs ont réalisé certaines réalisations aux pourparlers de Montréal.

« Nous croyons que certains progrès ont été réalisés », a déclaré Lighthizer. « Nous avons fermé un chapitre … le chapitre sur la corruption. Et nous avons fait quelques progrès sur quelques autres. »

Le prochain cycle de négociations aura lieu au Mexique.

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