La résistance aux antibiotiques est un problème mais l’économie dicte l’utilisation

//  3 mai 2017  //  Dossiers, Santé Humaine et Sécurité Alimentaire  //  Commentaires fermés

Publié le 20 avril 2017 par Barbara Duckworth

COLUMBUS, Ohio – La résistance aux antimicrobiens est un problème mondial qui affecte la santé publique, animale et végétale.

Avant les années 1960, les antibiotiques étaient coûteux et n’étaient pas largement utilisés dans la production animale, a déclaré Wondwossen Gebreyes, directeur exécutif de Global One Health Initiative à l’Université d’État de l’Ohio.

Cependant, il existe des avantages économiques pour l’utilisation d’antibiotiques dans la production animale.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Une étude de l’Université du Kentucky a révélé que le bénéfice total par cochon était de 3,98 $.

« Il y a d’énormes incitations qui vous amènent à utiliser des antibiotiques mais lorsque vous les retirez de votre management, il y a d’énormes conséquences », a-t-il déclaré lors de la réunion annuelle de l’Institut national d’agriculture animale du 3 au 6 avril à Columbus, en Ohio.

En 2000, le Danemark a progressivement éliminé l’utilisation d’antibiotiques favorisant la croissance, mais le nombre d’ordonnances de médicaments a considérablement augmenté.

L’utilisation est difficile à suivre, mais la Commission du commerce international des États-Unis a signalé que 48 pour cent des antibiotiques étaient vendus à des fins humaines et 52 pour cent étaient vendus à des fins animales.

On estime que plusieurs millions de personnes sont affectées après avoir développé une bactérie résistante au traitement. La plupart sont en Afrique subsaharienne et en Asie. Environ 390 000 patients sont décédés en Europe et 321 000 ont été touchés en Amérique du Nord.

Il y a de la pression pour de nouveaux antibiotiques, mais il faut huit à douze ans pour développer de nouveaux produits de santé animale et jusqu’à 15 ans pour développer un produit pour les humains.

« En 1998, tout le monde cherchait de nouveaux antimicrobiens », a-t-il déclaré, mais très peu d’entreprises regardent sérieusement les nouveaux produits.

De plus amples recherches sur les alternatives aux antibiotiques sont nécessaires, a déclaré Cyril Gay, de l’agence du Service de recherche agricole au Département d’agriculture des États-Unis.

Les antibiotiques sont l’une des plus grandes inventions du monde moderne, mais on a compris dès le début qu’il y avait possibilité de résistance, a-t-il dit.

« Ce n’est pas quelque chose de nouveau. Nous le savions déjà quand nous utilisions des antibiotiques, il y en avait qui mutaient et d’autres qui évoluaient », a-t-il déclaré.

En 2013, un symposium mondial sur l’utilisation responsable des antimicrobiens chez les animaux a recommandé des recherches plus pertinentes pour améliorer la compréhension de l’efficacité des agents antimicrobiens actuels, ainsi que pour trouver des alternatives pour la production animale.

Il existe une perception selon laquelle les produits utilisés dans la production animale pourraient ajouter une résistance bactérienne aux médicaments utilisés dans la médecine humaine. On a aussi le sentiment que les antibiotiques médicalement importants sont perdus et qu’il n’y a pas de remplacement qui s’en vient. Enfin, les vétérinaires voudraient aussi préserver les antibiotiques, a-t-il dit.

La vaccination est l’alternative quintessentielle aux antibiotiques, a déclaré Gay.

« Pourtant, nous avons beaucoup de vaccins qui ne sont pas bons ».

D’autres recherches sont nécessaires pour améliorer l’efficacité des vaccins.

« Il est nécessaire d’investir dans une partie de cette recherche fondamentale pour comprendre les mécanismes d’immunité et les mécanismes de protection », a-t-il déclaré.

Les scientifiques connaissent beaucoup l’immunologie de la souris et de l’homme, mais c’est pour eux un défi de comprendre l’immunologie du bétail.

La recherche sur les vaccins pourrait se pencher sur les lacunes en matière de connaissances, comme la compréhension de l’interférence du colostrum maternel, la protection croisée ou l’inclusion de souches pertinentes dans les formulations de vaccins ou des moyens novateurs pour livrer de la vaccination de masse.

Des solutions de rechange aux antimicrobiens pour les traitements des parasites, des bactéries et des virus sont nécessaires. Les alternatives aux antibiotiques sont des molécules très distinctes avec différents effets, doses et mécanismes d’action et elles doivent être développées en conséquence.

Il faut plus de recherches pour trouver des alternatives avec des mécanismes d’action définis qui sont également sûrs et efficaces.

D’autres possibilités comprennent les nutraceutiques ou les produits à base de plantes. Il s’agit d’une industrie à plusieurs milliards de dollars du côté des humains, mais des recherches sont nécessaires pour voir si elles fonctionnent réellement et si elles pourraient être utiles au bétail.

On pourrait faire plus de travail sur les agents bactériostatiques qui empêchent les bactéries de se reproduire.

Le séquençage de gènes pour produire des animaux présentant une résistance aux maladies est un autre domaine de développement.

Les probiotiques ont besoin de plus de travail et les peptides antimicrobiens devraient faire l’objet d’une enquête.

L’interféron, un type naturel de protéines qui peut attaquer les bactéries, les virus, les parasites et les tumeurs, mérite une attention renouvelée.

« Les découvertes sont étonnantes », a-t-il dit.

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Antibiotic resistance a problem but economics dictate use

Posted Apr. 20th, 2017 by Barbara Duckworth

COLUMBUS, Ohio — Antimicrobial resistance is a global issue affecting public, animal and plant health.

Before the 1960s, antibiotics were expensive and were not widely used in livestock production, said Wondwossen Gebreyes, executive director of Global One Health Initiative at Ohio State University.

However, there are economic benefits to using antibiotics in livestock production.

A study from the University of Kentucky found the total benefit per pig was $3.98.

“There is huge incentive to use antibiotics and when you withdraw them there are huge consequences,” he said at the National Institute of Animal Agriculture annual meeting held April 3-6 in Columbus, Ohio.

In 2000, Denmark phased out the use of growth promoting antibiotics but their medication prescriptions have increased substantially.

Use is difficult to track, but the United States International Trade Commission reported 48 percent of antibiotics were sold for human use and 52 percent were sold for animal use.

It is estimated that several million people are affected after developing a bacterium resistant to treatment. Most are in sub -Saharan Africa and Asia. About 390,000 patients died in Europe and 321,000 were affected in North America.

There is a push for new antibiotics but it takes eight to 12 years to develop new animal health products and up to 15 years to develop a human product.

“In 1998, everybody was looking for new antimicrobials,” he said, but very few companies are seriously looking at new products.

More research into antibiotic alternatives is needed, said Cyril Gay of the Agricultural Research Service agency within the United States Department of Agriculture.

Antibiotics are one of the greatest inventions of the modern world but the possibility of resistance was understood early on, he said.

“It is not anything new. We already knew when we used antibiotics, some would mutate and some would evolve,” he said.

In 2013, a global symposium on the responsible use of antimicrobials for animals recommended more relevant research to improve understanding of the efficacy of current antimicrobial agents, as well as finding alternatives for animal production.

There is a perception that products used in livestock production could cause added bacterial resistance to drugs used in human medicine.In addition, medically important antibiotics are being lost and no replacements are coming. Veterinarians want to preserve antibiotics as well, he said.

Vaccination is the quintessential alternative to antibiotics, said Gay.

“Yet we actually have a lot of vaccines that are not that good.”

More research is needed to im-prove vaccine efficacy.

“There is a need to invest in some of this basic research to understand mechanisms of immunity and mechanisms of protection,” he said.

Scientists know a lot about mouse and human immunology but are challenged in their understanding of livestock immunology.

Vaccine research could look at knowledge gaps like understanding maternal colostrum interference, cross protection or inclusion of relevant strains in vaccine formulations or innovative ways to deliver mass vaccinations.

Alternatives to antimicrobials for treatments of parasites, bacteria and viruses are needed. Antibiotic alternatives are very distinct molecules with different effects, doses and mechanisms of action and need to be developed accordingly.

More research is needed to find alternatives with defined mechanisms of action that are also safe and effective.

Other possibilities include nutraceuticals or herbal products. This is a multibillion-dollar industry on the human side but research is needed to see if they actually work and if they would be useful to livestock.

More work could be done on bacteriostatic agents that stop bacteria from reproducing.

Gene sequencing to produce animals with disease resistance is another area for development.

Probiotics need more work and antimicrobial peptides should be investigated.

Interferon, a naturally occurring type of protein that can attack bacteria, viruses, parasites and tumours, deserves renewed attention.

“The discoveries are mind boggling,” he said.

 

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