La pénurie de vitamines pourrait nuire à la santé du troupeau canadien

//  25 janvier 2018  //  Bien-être et Santé animale, Nutrition  //  Commentaires fermés

The_Western_producer

Par Barb Glen
Publié: 18 janvier 2018

Une pénurie mondiale de vitamines A et E a fait grimper le cout des compléments alimentaires pour le bétail, obligeant les fabricants à réduire les niveaux de ces vitamines dans les préparations alimentaires.

Un incendie survenu le 31 octobre à l’usine Citral de BASF en Allemagne a interrompu la production de vitamines et ne devrait pas reprendre complètement avant la fin de mars ou le début d’avril.

Entretemps, un spécialiste du bétail a déclaré que les vitamines qui coutaient moins d’un cent par tête et par jour en octobre coutent maintenant sept cents par tête par jour et que les réserves de vitamines en poudre, émiettées ou injectables seront bientôt épuisées.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Cependant, les vitamines sont vitales pour la santé du bétail. La carence en vitamine A chez les bovins peut réduire la prise alimentaire, affecter la croissance osseuse, provoquer des avortements, réduire le nombre des spermatozoïdes et réduire les taux de conception. La carence en vitamine E diminue la fonction immunitaire et le taux de croissance chez les veaux et réduit l’efficacité de reproduction chez les animaux matures.

Ainsi, des suppléments de vitamines devraient être fournis malgré la hausse des prix, selon les spécialistes de l’alimentation.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments exige que les fabricants d’aliments respectent certains niveaux d’ingrédients et les indiquent sur les étiquettes des aliments. La pénurie de vitamines a amené l’ACIA à élaborer une politique provisoire permettant aux fabricants de modifier les formulations et les étiquettes pour refléter les niveaux réduits de vitamines.

« La reformulation temporaire des aliments pour animaux afin de réduire les niveaux de vitamines A et E ne devrait pas entrainer de risques indus pour la sécurité ou le bien-être du bétail », a déclaré l’ACIA dans son avis de politique.

« Les garanties révisées continueront de répondre aux exigences du tableau IV du Règlement sur les aliments du bétail, et les garanties pour ces vitamines reviendront aux niveaux approuvés dans leurs homologations lorsque l’approvisionnement en vitamines A et E sera stabilisé. »

Joyce Van Donkersgoed, une vétérinaire spécialisée dans les soins aux animaux d’engraissement, a déclaré le 15 janvier que les vitamines A et E sont essentielles dans les rations bovines, surtout pour les nouveaux arrivants dans un parc d’engraissement lorsque l’historique nutritionnel des veaux est inconnu.

Les bovins peuvent obtenir suffisamment de vitamines A et E lorsqu’ils mangent des plantes en croissance active, mais les niveaux de vitamines diminuent rapidement dans le foin et les fourrages coupés.

Donkersgoed dit que les nutritionnistes des parcs d’engraissement chercheront probablement des moyens de réduire les niveaux de vitamines, mais cela dépendra de l’effet que cela aura sur la santé et la performance des animaux, et il n’y a pas beaucoup de recherches fiables là-dessus.

Des rapports d’Agriculture Alberta et de Saskatchewan Agriculture, qui collaborent à une fiche d’information sur la pénurie, indiquent que les stocks de vitamine A injectable ont déjà été vendus.

Murray Feist, nutritionniste pour les ruminants chez Saskatchewan Agriculture, a déclaré qu’il pensait que les effets à court terme de la pénurie ne seraient pas énormes pour l’industrie vache-veau.

Les bovins peuvent stocker de la vitamine A dans leur foie pendant trois ou quatre mois. La vitamine E n’est stockée que pendant deux à quatre semaines et est transférée des vaches aux veaux via le colostrum.

« Si les gars donnaient un minéral avec des vitamines, je suis d’avis qu’ils ne verront probablement pas un problème majeur, mais cela pourrait arriver », a déclaré Feist.

« S’il y a quelque chose qui peut nuire, je pense que ce serait la vitamine E qui peux leur donner quelques problèmes, car elle est impliquée dans le sélénium et les taux de croissance réduits, les fonctions immunitaires, la maladie des muscles blancs et des choses comme ça. »

Néanmoins, Feist a déclaré que les bovins sont résilients et peuvent se passer de vitamines supplémentaires jusqu’à ce qu’ils sortent dehors àl ‘herbe, où ils peuvent obtenir des quantités suffisantes.

Le vrai problème pourrait se produire l’année prochaine, s’il n’y a toujours pas assez de vitamines fabriquées disponibles que l’usine répond à la demande mondiale.

« Pour ce qui est de se réapprovisionner, qui sait combien de temps cela prendrait? Si les usines ne sont pas opérationnelles avant la fin du premier trimestre de cette année, cela nous amène-t-il en été ou en automne? Je ne sais pas, parce que c’est une pénurie mondiale, alors ça va prendre un certain temps. »

Une fiche d’information compilée par Alberta Agriculture, Agriculture et Agroalimentaire Canada indique que les bovins les plus à risque en raison des pénuries de vitamines sont ceux qui ont brouté du gazon sec ou dormant depuis juillet et ont ensuite reçu des rations d’ensilage ou de paille. Ceux qui sont nourris au foin ou au feu vert l’été dernier courent également un risque élevé, surtout s’ils n’ont pas reçu de suppléments.

Par conséquent, lorsque la saison de vêlage commence sérieusement ce printemps, les producteurs peuvent voir plus de veaux morts, de cas de maladie des muscles blancs et plus de veaux atteints de maladies infectieuses comme des diarrhées et des pneumonies.

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