La lutte contre la résistance microbienne doit se faire sur plusieurs fronts

//  7 novembre 2019  //  Santé Humaine et Sécurité Alimentaire  //  Commentaires fermés

12novembre2019-13

La capacité de traiter les infections chez les humains et les animaux diminue à mesure que la menace de résistance aux antimicrobiens augmente.

La résistance aux antimicrobiens est un risque microbien, a déclaré Anne Deckart de l’Agence de la santé publique du Canada. Mme Deckart travaille pour le Programme intégré canadien de surveillance de la résistance aux antimicrobiens et recherche la présence d’une longue liste de bactéries à la ferme, dans les usines de transformation et dans les viandes achetées au détail.

Tiré de The Western Producer – par Barbara Duckworth – Publié le 24 octobre 2019
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Le contrôle de la résistance est compliqué, a-t-elle déclaré lors d’une réunion du Conseil des viandes du Canada sur la sécurité alimentaire, tenue à Toronto les 10 et 11 octobre derniers.

Les bactéries développent des gènes de résistance par mutation. Ce matériel génétique peut se déplacer entre différentes espèces de bactéries.

Des initiatives internationales pour traiter les problèmes de résistance sont en cours.

Le programme Tripartite Plus est un effort conjoint visant à lutter contre la résistance impliquant l’Organisation mondiale de la santé, l’Organisation mondiale de la santé animale et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.

L’objectif est d’améliorer les actions entreprises par les pays, en particulier pour ceux qui n’ont pas les ressources nécessaires pour faire face à la résistance, ainsi que des efforts conjoints visant à sensibiliser et à encourager les changements de comportement. Le groupe aide les pays à mettre en place des plans de surveillance et d’action nationaux.

Une autre activité concerne les antimicrobiens contrefaits. Il est également question de développer une base de données de surveillance internationale, ce qui est une entreprise extrêmement complexe car plusieurs pays ont des pratiques de production et des risques de maladie différents.

Le groupe de travail transatlantique sur la résistance aux antimicrobiens est une collaboration entre le Canada, les États-Unis, l’Union européenne et la Norvège. Le Canada dirige les travaux sur les lignes directrices pour l’analyse des risques de résistance d’origine alimentaire.

Une réunion en Corée du Sud en décembre discutera d’un code de pratique international pour l’utilisation d’antimicrobiens dans la population animale ainsi que d’une surveillance intégrée.

En outre, l’UE a dévoilé la nouvelle législation sur les médicaments vétérinaires et les aliments médicamenteux. Il renforce également l’interdiction des facteurs de croissance et élabore actuellement une liste d’antimicrobiens à usage humain uniquement. Cela pourrait être applicable en 2021.

«Cela implique que les pays qui souhaitent exporter vers l’UE ne pourront pas utiliser d’antimicrobiens dans leur population animale s’ils souhaitent commercer. Ceci est encore en développement », a-t-elle déclaré.

Dans les pays développés, un certain nombre de pays réduisent l’utilisation d’antimicrobiens.

Les Pays-Bas ont enregistré une diminution de 60% au cours des sept dernières années. Les États-Unis ont déclaré avoir réduit leur consommation de 28% en huit ans, tandis que celle du Canada avait diminué de 14% en 10 ans.

De plus en plus de pays s’orientent vers les prescriptions vétérinaires obligatoires et découragent l’utilisation d’antimicrobiens pour la prévention des maladies ou la promotion de la croissance.

Certaines industries au Canada ont volontairement réduit l’utilisation d’antimicrobiens. Le secteur de la volaille a interdit les médicaments de catégorie I en 2014 et, d’ici 2022, les antimicrobiens de catégorie III seront interdits.

Le PICRA prévoit que ce changement pourrait améliorer les statistiques sur l’utilisation du Canada.

Le Canada est le sixième utilisateur le plus important au monde, mais une mise en garde s’impose.

«Au Canada, nous avons 21 fois plus d’animaux au Canada que chez les humains. Quatre fois plus de kilogrammes sont distribués pour être utilisés chez les animaux que chez les humains», a-t-elle déclaré.

«Une fois ajustés en fonction du poids et de la population, 1,5 fois plus d’antimicrobiens par kilogramme sont utilisés chez les animaux que chez l’homme», a-t-elle précisé.

Le PICRA est à la recherche de différentes souches de salmonelles, de campylobacter et d’E. Coli générique.

L’utilisation d’antimicrobiens diffère d’une province à l’autre, mais l’utilisation totale a diminué depuis 2015.

La surveillance a également constaté que de plus en plus de fermes n’utilisaient pas de produits au stade de la finition, a-t-elle déclaré.

La résistance à divers produits et la présence de différentes bactéries sont également basées sur les régions.

La Colombie-Britannique a le plus haut niveau de salmonella enteritidis mais le Québec a plus de S. heidelburg.

Plus de pénicilline est utilisée en Colombie-Britannique, alors que le Québec utilise plus de macrolides.

La résistance à la ciprofloxacine est la plus élevée en Colombie-Britannique, tandis que S. enteritidis chez le poulet est résistante à l’acide nalidixique, un produit antibactérien utilisé en Ontario et au Québec.

Le PICRA tente de rassembler des données plus complètes sur la surveillance des bovins de boucherie et des bovins d’engraissement dans les parcs d’engraissement à partir de 2020. Les résultats de 2018 devraient être publiés dans un webinaire de novembre.

Les résultats actuels peuvent être consultés à cette adresse.

Source : https://www.producer.com/2019/10/battle-over-microbial-resistance-must-take-many-fronts/

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