La COVID-19 aggrave la situation du bœuf en Ontario

//  1 avril 2020  //  Dossiers, Gouvernement  //  Commentaires fermés

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L’industrie du bœuf de l’Ontario était déjà en pleine crise économique, mais COVID-19 aggrave le bilan financier des producteurs de bovins de la province.

En raison de la capacité extrêmement limitée des usines de transformation, d’un marché non concurrentiel et de perturbations du commerce et de l’accès aux marchés, l’industrie du bœuf de l’Ontario a perdu en moyenne plus de 2 millions de dollars par semaine l’an dernier et jusqu’en 2020. Les effets du COVID-19 devraient aggraver cette situation malgré la récente reprise de la demande de détail.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Piper Whelan – Publié le 30 mars 2020
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

«Même avec l’augmentation des prix du bœuf en boîte, les prix que reçoivent les producteurs pour leur bétail n’ont pas suivi le rythme, malgré la remontée des prix dans d’autres juridictions concurrentes, y compris celles de l’Ouest canadien», a déclaré Rob Lipsett, président de Beef Farmers of Ontario, un producteur situé à Annan, Ontario.

La capacité limitée des usines de transformation dans l’Est du Canada est l’un des principaux facteurs de la crise actuelle. L’utilisation d’usines d’emballage dans la région est passée de 85% en 2016 à 95% en 2018, ce qui restreint la capacité de transformation et la concurrence sur le marché. Ce problème s’est intensifié en décembre avec la fermeture de Ryding-Regency, la troisième plus grande usine d’emballage de la province.

Pourquoi c’est important: En raison de la capacité de transformation limitée de l’Est du Canada, de nombreux producteurs nourrissent le bétail plus longtemps que prévu, ce qui augmente les coûts des intrants. Ils encourent ensuite des pénalités pour les animaux en surpoids une fois qu’ils sont finalement envoyés pour traitement. Cela a fait en sorte que les producteurs ont perdu de 180 $ à 300 $ par habitant en moyenne au cours de la dernière année.

«La profondeur et la nature prolongée des pertes de marché subies par les éleveurs de bovins en Ontario n’ont pas été observées depuis la crise de l’ESB des années 2000», explique Rob Lipsett.

L’impact de COVID-19 ajoute de la pression à un secteur d’alimentation déjà difficile. Un exemple de ceci est une réduction de l’accès aux céréales de distillerie séchées.

Cela, note Rob Lipsett, est «dû à une baisse de la demande de pétrole, qui a entraîné une baisse de la production d’éthanol et donc une diminution de la quantité de sous-produit DDG disponible». Il est généralement plus coûteux et difficile de trouver des substitutions pour cette ration particulière.

«Tout ce qui concerne COVID-19 présente des risques pour la chaîne d’approvisionnement à travers le pays», a déclaré M. Lipsett. «Cela dit, l’industrie travaille en étroite collaboration avec l’industrie et les partenaires gouvernementaux tout au long de la chaîne d’approvisionnement pour s’assurer que des contingences sont mises en place et que le bétail et la viande continuent de circuler.

«Cependant, même en minimisant les perturbations dans la chaîne d’approvisionnement du bœuf, les producteurs de parcs d’engraissement de l’Ontario continuent de faire face à de sérieux problèmes de rentabilité à la suite des pertes prolongées.»

BFO fait partie des nombreuses associations agricoles qui ont demandé aux gouvernements fédéral et provinciaux d’améliorer immédiatement les programmes de gestion des risques de l’entreprise ainsi que d’autres mesures pour soutenir les producteurs de bœuf. Les recommandations de l’association ont été envoyées aux gouvernements fédéral et provincial de l’Ontario le 20 mars.

«Les impacts de COVID-19 à court, moyen et long terme sont inconnus», a déclaré Rob Lipsett.

La liste complète des recommandations de BFO est disponible sur la page Web des mises à jour COVID-19 de l’association. La liste comprend:

• Débouchage du programme provincial de gestion des risques.

• Fournir un stimulus Agri-investissement, contribuant à un minimum de cinq pour cent des ventes nettes admissibles sans les contributions de contrepartie des producteurs, rendant les retraits exonérés d’impôt et augmentant les fonds globaux accessibles.

• Augmenter le seuil de déclenchement d’Agri-stabilité à 85%, supprimer la limite de marge de référence et rendre les améliorations rétroactives à 2019.

• Supprimer les pénalités pour participation tardive et permettre aux producteurs qui ont quitté les programmes de se réinscrire.

• Création d’un programme de mise en jachère pour les bovins d’engraissement et les bovins de réforme pour aider à gérer l’approvisionnement en bovins.

Au début de mars, BFO a demandé au gouvernement fédéral un programme d’aide d’urgence aux bovins de l’Ontario. Cela comprenait «un financement pour la gestion des risques de l’entreprise afin de combler le déficit de la programmation actuelle», selon un communiqué de presse du 6 mars.

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/daily/covid-19-strains-already-battered-ontario-beef-industry/

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