La Chine s’ouvre un peu plus

//  17 janvier 2018  //  Commerce international et Accords commerciaux, Marchés  //  Commentaires fermés

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Par Gren Winslow
Éditeur
Publié le 8 janvier 2018
La visite de cinq jours du premier ministre Trudeau en Chine le mois dernier a suscité un sentiment de déjà-vu chez les éleveurs de bovins.
Le premier ministre était là pour maintenir l’espoir d’un accord de libre-échange avec la deuxième plus grande économie du monde, mais il est reparti avec une promesse que le Canada continuerait à discuter d’un ALE avec la Chine. Comme il l’a déclaré à Reuters: « C’est une opportunité sensée pour les entreprises canadiennes. »
« Le Canada est et a toujours été une nation commerçante. Mais le paysage du commerce évolue et nous devons nous y adapter. »
(Traduction libre de Mylène Noël)
Tout en partageant le feu des projecteurs avec le premier ministre Li Keqiang, Trudeau a déclaré qu’il était heureux d’annoncer que le bœuf et le porc canadiens auront un meilleur accès au marché chinois.
Cela rappelait un peu la décision de la Chine de lever l’embargo américain de 13 ans sur le bœuf après une rencontre de deux jours entre le président Trump et le président chinois Xi Jinping.
Au Canada, des négociations sont en cours depuis 2016 pour ajouter du bœuf non désossé et congelé au bœuf désossé congelé qui était, jusqu’à maintenant, le seul produit canadien accepté par la Chine.
En prime, ils ont accepté un projet pilote d’exportation de boeuf et de porc frais et réfrigérés canadiens vers la Chine à partir d’usines canadiennes approuvées.
Les deux initiatives ont été les bienvenues dans les secteurs du bœuf et du porc. Il ne reste qu’à clarifier quand la Chine ouvrira ses portes plus largement aux produits canadiens.
Ce sera important lorsque nous aurons accès à des marchés frais et sans os.
En 2016, nous avons vendu 61 millions de dollars de bœuf désossé congelé à la Chine et 161 millions de dollars à Hong Kong. Au 2 décembre 2017, les ventes étaient en baisse à Hong Kong et en hausse en Chine.
L’accès explique une partie de ce qui diffère ces deux marchés. Hong Kong importe du bœuf désossé et non désossé, y compris des abats, d’animaux de tous âges, sans restrictions de production.
Jusqu’à présent, la Chine n’a pris que du bœuf désossé congelé provenant de bovins de moins de 30 mois, élevé et fini au Canada, certifié exempt d’agonistes bêta et assorti d’une série d’exigences visant à séparer la viande jusqu’à son arrivée en Chine.
L’Agence canadienne d’inspection des aliments a publié un protocole similaire pour le bœuf non désossé en Chine, mais nous n’avons pas été en mesure de confirmer qu’il s’agissait de la version finale.
Dans un premier temps, les usines actuellement autorisées à expédier du boeuf désossé devront être certifiées pour manipuler le produit non désossé.
L’ajout de coupes non désossées congelées augmenterait considérablement la valeur potentielle de ce marché, et les coupes fraîches et réfrigérées nous placeraient dans l’extrémité supérieure du marché dominée par nos concurrents. Lorsque le vice-président de l’Association Canadian Cattlemen (CCA), David Haywood-Farmer, s’est joint à la mission commerciale du ministre de l’Agriculture Lawrence MacAulay en Chine en novembre, il a vu un faux-filet australien de 12 onces à lui seul se vendre à l’équivalent de 130 $ CAN.
Cependant, ce n’est pas l’essentiel de leurs activités en Chine. Les ventes australiennes de viande et de bétail 2016 en Chine se sont chiffrées à 656 millions de dollars australiens (AU) pour le bœuf congelé et à 80,9 millions pour le bœuf frais réfrigéré.
En volume, l’Australie a vendu un peu plus de 94 000 tonnes à la Chine en 2016; le poitrail représentait 23 pour cent, le jarret 14 pour cent, le bœuf industriel 14 pour cent, l’épaule sept pour cent et une collection d’autres produits. La plus grande partie venait du bœuf nourri à l’herbe.
Les abats ont ajouté 4 400 tonnes supplémentaires, mais nous sommes toujours interdits de vendre des abats en Chine.
À la fin d’octobre, nous avons vendu 6 100 tonnes de désossés congelés en Chine. Cela fait 55 pour cent de plus que ce que nous avons vendu l’année dernière. Il est juste de dire que nous avons un long chemin à parcourir dans un marché très concurrentiel dominé par l’Australie, le Brésil, l’Uruguay et maintenant les États-Unis.
Le Canada ne sera jamais un joueur important en Chine, mais il peut certainement être un marché lucratif pour nous. Selon une estimation de l’industrie, il pourrait s’agir d’un marché de 175 millions de dollars par année pour le Canada au cours des cinq prochaines années, en supposant que nous ayons régulièrement accès au commerce frais et réfrigéré.
Ce ne sera pas facile d’y arriver. Votre plus grand concurrent sera les Chinois eux-mêmes. La Chine compte 100 millions de têtes de bétail, ce qui la place sur un pied d’égalité avec les États-Unis en termes de chiffres. La production locale de viande bovine est à la hausse depuis quelques années, tandis que les importations se sont stabilisées il y a environ cinq ans et représentent actuellement environ un quart des besoins de la Chine. Selon Kevin Grier, analyste du marché ontarien, les importations devraient augmenter jusqu’en 2022. C’est à peu près le moment où une nouvelle catégorie d’agriculteurs professionnels à grande échelle devrait prendre le contrôle du marché intérieur de l’industrie.
L’Association Canadian Cattlemen affirme que ses objectifs pour la Chine sont d’obtenir l’accès aux abats, d’obtenir l’approbation de notre système fédéral d’inspection des viandes et de presser Ottawa de négocier un accord de libre-échange pour éliminer le droit actuel de 12% sur le bœuf canadien.
Ce dernier pourrait être difficile étant donné la passion actuelle de M. Trudeau pour le mélange des politiques sociales et commerciales

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