La Chine interdit les importations de porc et de bœuf

//  27 juin 2019  //  Commerce international et Accords commerciaux, Dossiers, Gouvernement  //  Commentaires fermés

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En froid avec Ottawa, la Chine choisit la ligne dure et suspend totalement toutes ses importations de produits de porc et de bœuf canadiens à la suite de la découverte de la production de faux certificats d’exportation de viande vers Pékin. L’Agence canadienne d’inspection des aliments enquête sur ce qu’elle qualifie «de problème technique».

Ce nouveau coup d’éclat survient alors que le premier ministre Justin Trudeau s’envole aujourd’hui pour le sommet du G20 à Osaka, au Japon, où il espère que le président américain Donald Trump lui donnera un sérieux coup de main pour sortir le Canada de la profonde crise diplomatique et économique avec la Chine.

Cette sanction pourrait porter un coup dur aux producteurs de porc du Québec. L’an dernier, le Québec a exporté du porc pour une valeur de 283 millions vers la Chine.

Tiré de La Presse + par Fanny Lévesque et Daphné Cameron – Publié le 26 juin 2019

Selon une déclaration publiée sur le site internet de l’ambassade de Chine au Canada, la suspension des importations est liée à la découverte de 188 certificats vétérinaires contrefaits attestant de la santé de porcs.

L’enquête aurait été menée par le Canada à la demande de la Chine, ce qu’Ottawa n’a pas été en mesure de confirmer. Elle découlerait d’une plainte des autorités chinoises selon laquelle une cargaison de produits de porc aurait été contaminée à la «ractopamine».

Le chlorhydrate de ractopamine est un produit qui peut être donné sous forme de nourriture aux porcs et aux bœufs afin d’améliorer leur gain de poids et leur teneur en viande maigre. Il est interdit en Chine, mais permis au Canada.

Des failles «évidentes»

L’empire du Milieu considère que cette découverte « reflète » le fait que le système d’inspection canadien de la viande destinée à l’exportation comporte des failles « évidentes ».

La ministre de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire, Marie-Claude Bibeau, a confirmé hier que l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) menait une enquête.

«L’Agence a identifié un problème ayant trait à de faux certificats d’exportation qui pourrait avoir une incidence sur les exportations de produits du porc et du bœuf vers la Chine. L’ACIA a pris des mesures pour remédier à la situation et continue de travailler en étroite collaboration avec des partenaires de l’industrie et les autorités chinoises», a-t-elle indiqué dans une brève déclaration.

Pékin, qui a déjà bloqué les exportations de canola canadien, serrait depuis peu la vis à l’industrie porcine.

La semaine dernière, La Presse canadienne a rapporté que l’entreprise québécoise Frigo Royal, établie à Saint-Hyacinthe, était dans la ligne de mire de la Chine pour avoir utilisé la ractopamine. Le bureau de Mme Bibeau n’a pas voulu confirmer hier le nom des exportateurs fautifs.

«Très mauvaise nouvelle»

«C’est une très, très mauvaise nouvelle », a indiqué le président des Éleveurs de porcs du Québec, David Duval, en entrevue avec La Presse. « Le gouvernement canadien doit prendre cela très au sérieux pour l’industrie du porc canadien», ajoute-t-il.

Le Canada exporte près de 70 % de sa production de porc.

La Chine arrive au troisième rang des pays importateurs, après les États-Unis et le Japon.

M. Duval s’étonne par ailleurs de la découverte de ractopamine dans des produits de porc canadiens. Dans les faits, dit-il, le produit n’est plus utilisé par les producteurs depuis 10 ans.

Les producteurs de bovins du Québec n’ont pas voulu commenter la décision de Pékin à ce stade.

Source : http://plus.lapresse.ca/screens/0f66849e-b347-41b4-be0f-bc5f2b6775b0__7C___0.html

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