Il importe de donner les bons antibiotiques quand il faut

//  7 décembre 2018  //  Santé Animale  //  Commentaires fermés

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Avec la nouvelle orientation règlementaire au Québec au sujet des antibiotiques, les vétérinaires et les producteurs agricoles devront s’adapter. En février prochain, les antibiotiques de classe 1 ne seront plus autorisés comme première intervention en médecine vétérinaire. Les antibiotiques de catégorie 1 sont d’une très haute importance en médecine humaine.

 Tiré du Bulletin des agriculteurs – par Marie-Josée Parent – Publié le 4 décembre 2018

Lors du Colloque sur la santé des troupeaux laitiers, tenu à Drummondville le 27 novembre 2018, Cécile Ferrouillet, coordonnatrice au Centre d’expertise en santé et bien-être animal à la Faculté de médecine vétérinaire de l’Université de Montréal, a présenté les changements à venir au niveau de l’utilisation des antibiotiques.

Prévenir

Si rien n’est fait, les mortalités d’êtres humains en raison de la résistance aux antibiotiques augmenteront de façon importante dans les prochaines décennies. Selon l’Organisation des nations unies (ONU), «la résistance aux antibiotiques est devenue l’une des principales menaces pour la santé mondiale».

Même si la cause principale de la résistance des antibiotiques chez l’humain est l’humain, il reste quand même qu’il y a un contact entre les animaux et l’humain et qu’il y a transmission des bactéries résistantes de l’animal à l’humain.

La résistance aux antibiotiques, c’est la capacité des bactéries de résister (survivre) à l’action d’un ou de plusieurs antibiotiques. Il s’agit d’un moyen naturel des bactéries pour assurer leur survie. La résistance aux antibiotiques se développe avec l’usage des antibiotiques parce que les bactéries s’adaptent à la présence d’antibiotiques dans leur environnement. À tel point qu’avec les années, des super-bactéries résistantes à plusieurs familles d’antibiotiques ont vu le jour.

Pas de nouveaux antibiotiques

Jusque dans les années 1980, l’humain contournait la résistance aux antibiotiques par la découverte de nouveaux antibiotiques. Ce n’est plus le cas. «Les chances qu’on ait un nouvel antibiotique en médecine vétérinaire seraient surprenantes, dit Cécile Ferrouillet. Il n’y a pas eu de nouvelles classes d’antibiotiques depuis les années 1980. Il faut considérer les antibiotiques comme une ressource non renouvelables.»

Dès 2015, un plan d’action mondial initié par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a été mis en place. Au Canada, des efforts restent à faire. Plus il y a utilisation d’antibiotiques, plus il y a de résistance.

Si les animaux d’élevage sont souvent ciblés pour leur plus grande consommation d’antibiotiques de quatre fois celle des humains, il faut toutefois considérer que le poids des populations. Sur le poids, la consommation d’antibiotiques des animaux d’élevage représente 1,5 fois celle des humains.

En général, les humains et les animaux d’élevages ne consomment pas non plus les mêmes classes d’antibiotiques. Selon l’espèce et l’élevage, l’utilisation d’antibiotiques varie aussi. Par exemple, les veaux lourds en consomment davantage que les vaches de boucherie et même les vaches laitières.

Les vétérinaires et les éleveurs doivent se préoccuper de la piètre performance du Canada en terme de réduction de l’utilisation des antibiotiques chez les animaux d’élevage. Une raison à cela, c’est qu’en santé humaine, le Canada fait partie du groupe de tête, ce qui risque d’amener une friction entre les deux parties.

L’été dernier, le Québec a opté pour une modification du règlement sur l’administration de certains médicaments. Dès le 25 février 2019, l’administration d’antibiotiques de catégorie 1 sera réservée aux seuls cas où, suite à un antibiogramme, l’administration d’un médicament d’une classe autre que celles de cette catégorie ne permettra pas de traiter la maladie.

En raison de cette modification règlementaire, les éleveurs devront revoir l’utilisation des antibiotiques à la ferme avec leur vétérinaire.

Lire la suite sur le site du Bulletin des agriculteurs :
https://www.lebulletin.com/elevage/il-importe-de-donner-les-bons-antibiotiques-quand-il-faut-96856

 

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