Il faut contrer la désinformation concernant la production de viande bovine

//  1 février 2020  //  Tendances et consommateurs  //  Commentaires fermés

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L’impact environnemental et la nutrition sont deux problèmes majeurs de confiance du public auxquels est confrontée la production de viande bovine, les idées fausses et les fausses informations étant largement diffusées. Deux experts, un dans chacun des domaines ont pris la parole lors de la conférence 2019 de l’Alberta Beef Industry sur les opportunités pour l’industrie canadienne du bœuf dans ces défis.

Tiré de canadiancattlemen.ca – par Piper Whelan – Publié le 24 janvier 2020
| Traduction et adaptation libre par la rédaction |

Environnement

Le Dr Frank Mitloehner sait bien comment les militants des droits des animaux citent le changement climatique pour faire avancer leur cause, même si leurs arguments sont scientifiquement inexacts. Frank Mitloehner est professeur et spécialiste de l’extension de la qualité de l’air au Département des sciences animales de l’Université de Californie à Davis.

Il voit une opportunité pour les producteurs de bœuf de partager les faits réels liés à l’impact de l’agriculture sur l’environnement, mais il fait valoir que plutôt que de douter de la science, ils doivent l’utiliser à leur avantage.

«Beaucoup d’agriculteurs doutent de l’existence du changement climatique. Permettez-moi de vous dire: il ne fait aucun doute que le changement climatique existe», dit-il. « La question n’est pas  si le changement climatique a lieu, mais quelles sont les contributions humaines au réchauffement climatique.»

Alors que les défenseurs des droits des animaux affirment à tort que l’agriculture est la principale cause, les climatologues ont découvert que la combustion de combustibles fossiles est la plus grande source de gaz à effet de serre.

M. Mitloehner a expliqué que trois gaz à effet de serre — le méthane, le dioxyde de carbone et l’oxyde nitreux — diffèrent par la durée de leur séjour dans l’atmosphère.

«Le CO2 et l’oxyde nitreux… sont des polluants climatiques dits à longue durée de vie. Une fois dans l’atmosphère, ils y restent des siècles», dit-il. Cependant, le méthane ne reste dans l’atmosphère que pendant environ 10 ans, ce qui est important à savoir à la lumière des allégations exagérées concernant le rôle des bovins dans la production de gaz à effet de serre.

L’agriculture fait également partie du cycle du carbone, en raison de la photosynthèse, tandis que la combustion de combustibles fossiles ajoute de nouveaux gaz à effet de serre à l’atmosphère. De tous les gaz à effet de serre générés aux États-Unis, 9% sont attribués à toute l’agriculture, tandis que l’élevage ne représente que 3,9%, note-t-il.

«Nous avons l’empreinte carbone la plus faible ici en Amérique du Nord pour le lait que nous produisons, pour la viande que nous produisons, pour les œufs que nous produisons», explique Frank Mitloehner, notant que les pratiques de production modernes ont permis à l’agriculture de devenir beaucoup plus efficace.

«Mais si vous demandez aux gens de vos communautés, ils pensent que le contraire est vrai. Ils pensent que les systèmes de production animale modernes et efficaces sont les plus polluants.»

De nombreux consommateurs croient à tort que les pratiques de production désuètes étaient plus durables que les technologies modernes, et la commercialisation des produits alimentaires étaye parfois cette croyance.

«Pourquoi est-ce que la laiterie de 1950 se trouve sur tous les camions de crémerie que vous avez jamais vus, avec les granges rouges en arrière-plan et les vaches au pâturage, se racontant des histoires? Nous romantisons l’agriculture, nous humanisons le bétail, et c’est une énorme erreur.»

Montrer au public que l’industrie se soucie de l’environnement va acheter beaucoup de bonne volonté, dit Mitloehner.

«Lorsque la société se soucie d’un sujet comme celui-ci et que votre industrie a fait beaucoup pour découvrir quelle est votre contribution, informez-vous», dit-il. «Ne vous disputez pas avec le public quant à savoir si le changement climatique se produit ou non… mais dites: «Je comprends que c’est un problème important, c’est important pour ce pays, nous l’avons quantifié et nous nous engageons davantage pour de nouvelles réductions.»

Nutrition

Le Dr Sylvain Charlebois est professeur et directeur scientifique du laboratoire d’analyse agroalimentaire de l’Université Dalhousie. Sylvain Charlebois faisait partie d’une étude réalisée par l’Université Dalhousie et l’Université de Guelph sur la perception qu’ont les Canadiens du nouveau Guide alimentaire canadien. L’étude, publiée en mars 2019, comprenait 1500 répondants à travers le pays, à la fois ruraux et urbains.

L’étude a révélé que la perception est le principal obstacle à l’adoption du Guide alimentaire canadien mis à jour. Les chercheurs ont ensuite comparé le coût pour suivre l’ancien guide alimentaire par rapport à la nouvelle version, calculant le coût pour une famille de quatre personnes de manger pendant une journée, cuisiner à la maison.

«La différence est qu’une famille de quatre économisera de l’argent en suivant le nouveau guide alimentaire par rapport à l’ancien. Ainsi, une famille de quatre personnes peut se nourrir avec 26,51 $ par jour en suivant le guide alimentaire», explique Sylvain Charlebois.

Cependant, les chercheurs ont élaboré un modèle pour prédire comment ce coût évoluera au cours des 20 prochaines années, et les résultats ne sont pas prometteurs.

«Cet écart se rétrécira et disparaîtra d’ici 2022, nous l’espérons», dit-il. «Les économies ne vont pas durer. Vous pouvez en fait compromettre la sécurité alimentaire des familles en visant un idéal.»

Sylvain Charlebois voit cela comme une opportunité pour l’industrie canadienne du bœuf. «Vous deviendrez une source de protéines abordable, mais plus important encore, vous deviendrez une source de protéines abordable perçue. Vous ne pouvez pas acheter ça», dit-il. « L’économie est très puissante.»

L’étude a également révélé que la majorité des Canadiens ne savent pas comment mettre en pratique le nouveau Guide alimentaire canadien parce qu’ils ne croient pas que ce soit réaliste. M. Charlebois déclare que même si les membres du comité qui ont mis à jour le guide connaissent bien leur domaine, «ils négligent l’économie de l’alimentation. Ils oublient l’histoire. Ils n’ont pas vu comment notre mode de vie peut affecter notre capacité à bien manger.»

Cela permet aux producteurs d’humaniser le guide.

«Quarante-neuf pour cent des Canadiens croient que le nouveau guide alimentaire canadien est un document important qui influe sur les comportements liés à l’alimentation, ce qui signifie que la majorité des Canadiens sont orphelins. Vous devez aller les adopter dès que possible», dit-il. «Vous en avez pour votre argent sur les protéines… Vous pouvez marier votre produit avec d’autres choses qui deviennent de plus en plus populaires. Vous pouvez réellement augmenter votre part de marché.»

Source : https://www.canadiancattlemen.ca/features/flipping-the-script-on-environment-and-nutrition/

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