Il faut améliorer la traçabilité du bétail pour obtenir des bénéfices plus élevés

//  2 mars 2018  //  Marchés, Vache/veau et Approvisionnement veau  //  Commentaires fermés

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Il faut plus de commentaires rétroactifs pour construire de meilleurs troupeaux

Par Lois Harris
Publié le 27 février 2018

Dave Milliner pense que les changements à venir dans la réglementation fédérale sur la traçabilité du bétail sont bons mais que ce n’est pas assez.

Il soutient que l’on pourrait faire beaucoup plus dans l’industrie du bœuf pour améliorer la qualité de la viande, la productivité des animaux, le rendement pour les agriculteurs et les choix pour les consommateurs.

(Traduction libre de Mylène Noël)

« Il n’y a pas de boucle de rétroaction – il existe un lien entre le parc d’engraissement et l’usine de récolte, mais il n’y a aucun lien qui se rend jusqu’à l’opérateur de semi-finition ou l’opérateur vache-veau », dit-il.

Milliner est l’un de ces exploitants vache-veau, il élève des Simmentals de race pure dans la région de Dundalk, dans le comté de Grey, en Ontario. Il est également membre du conseil d’administration de l’Association Simmental de l’Ontario et président de BIO, une organisation de producteurs qui fabrique et vend un système de gestion du bétail en ligne qui fournit des évaluations génétiques et des rapports sur le rendement des animaux et des races. Il est également le directeur administratif du canton de Southgate.

« Nous avons besoin d’un cercle d’amélioration » , dit-il. « Si nous pouvions faire un cercle, je pense qu’au bout du compte, le consommateur serait mieux servi, les parcs d’engraissement recevraient de meilleurs bovins et il y aurait plus d’argent pour tout le monde.

Essentiellement, Milliner pense que le système pourrait être utilisé pour accroître la compétitivité de l’industrie canadienne du bœuf, ainsi que pour protéger la santé des animaux, la santé publique et la salubrité des aliments, ce qui est prévu dans la réglementation actuelle.

L’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA) a proposé des modifications aux règlements de la Loi sur la santé des animaux qui comprennent des exigences obligatoires d’identification des animaux et de déclaration des déplacements des bovins, des bisons, des moutons, des porcs, des chèvres et des cervidés. Il y a déjà eu deux séries de consultations sur ces modifications en 2013 et en 2015 avec des groupes de producteurs, les provinces et d’autres organisations intéressées. Elles seront pré-publiées pour consultation publique pendant 75 jours au printemps 2018.

Milliner est convaincu qu’il serait possible d’en faire plus avec le système de traçabilité.

« Une décision perturbatrice doit être prise », dit-il, notant que ce serait un changement facile parce que l’information est déjà recueillie – il s’agit juste de la faciliter et de la laisser circuler dans le système.

Selon lui, l’une des barrières est la protection de la vie privée, à laquelle, selon lui, les données sur le persillage d’une vache, par exemple, ne devraient pas être considérées comme privées. Un deuxième problème est que les gens ont peur de payer plus cher pour de bons bovins. Mais, réitère-t-il, produire de meilleurs bovins qui commande de meilleurs prix dans tout le système signifiera plus d’argent pour tous.

Milliner est la troisième génération de sa ferme qu’il a reprise à son père en 1992. Il possède 200 acres et en loue 200 autres.

Son père a changé des Herefords aux Simmentals tandis que Milliner était à l’université en raison de la meilleure performance de la race. Selon la période de l’année, il possède entre 80 et 120 animaux, habituellement environ 90 vaches et 15 à 20 taureaux. Il garde les génisses et les vend quand elles sont pleines. À la fin novembre, il venait de vendre 20 têtes de génisses et trois taureaux à la vente Marywood Classic à Listowel.

La plus grande partie de ses terres est en foin, avec 30 à 40 acres de céréales mélangées pour nourrir les génisses.

Milliner vend sur le marché commercial et conserve des dossiers complets sur la performance de chaque animal. Il scanne tout son bétail et obtient des résultats échographiques afin qu’il sache ce qu’il y a sous la peau.

« Nous avons toujours mis l’accent sur la qualité de la viande», dit-il, ajoutant qu’il sélectionne pour la zone de faux-filet et le persillage.

Au fil des années, la taille de ses bovins a définitivement diminué. En 2002, il a eu la grande championne féminine à la Royal Agricultural Winter Fair. Mais les attitudes changent, et même s’il dit qu’il est agréable d’avoir de jolies photos de gros bovins à la foire, ces « jolies photos ne marchent pas à la ferme ».

Milliner s’est impliqué dans BIO en raison de son intérêt de longue date pour l’amélioration génétique. BIO, une coopérative de producteurs à but non lucratif, est passée d’une approche strictement axée sur l’amélioration génétique du bœuf en Ontario à un système de gestion du bétail en ligne appelé bioTRACK, qui est commercialisé dans le monde entier.

Il sort la carte de score génétique bioTRACK d’une génisse qu’il a récemment achetée dans l’Ouest et qui évoque toute une série de chiffres: elle est dans les premiers 45% de la race pour la facilité de vêlage, 40% pour le poids de naissance, 15% cent pour le gain de sevrage et le top 15 pour le gain des yearlings. Elle est dans le top 20 pour cent pour le poids de la carcasse et le haut 45 pour cent pour la zone de faux-filet et le top 50 pour cent pour la graisse et le top 75 pour cent pour le persillage.

« Ça me dit comment elle fait à l’intérieur de la race », dit-il. « Ensuite, nous obtenons également des comparaisons croisées. »

La même génisse a une valeur BIO de 4 182 $ et, dans toutes les races, elle se situe dans les 12% supérieurs pour l’amélioration génétique, 2% pour le gain post-sevrage et 5% pour le gain du yearling. Il y a aussi des scores pour les faux-filet, le persillage, la graisse des côtes et la graisse de la croupe.

Il dit que, même s’il sait que les agriculteurs sont des travailleurs acharnés, peu aiment la tenue de dossiers et que bioTRACK facilite cette tâche. En fait, avec l’introduction de la technologie blue-tooth dans la nouvelle année, dit-il, garder une trace sera plus facile que jamais, et peut être fait sur le terrain.

Pour ce qui est de savoir comment la traçabilité devrait fonctionner pour l’industrie du boeuf, Milliner estime que le meilleur endroit pour apporter des améliorations est au niveau du vache-veau, puisque c’est là que sont prises les décisions de conception. Son idée est d’entrer dans des essais d’engraissement et des évaluations génétiques.

« Si vous pouvez éliminer une demi-livre d’aliments par livre de gain, c’est beaucoup d’économies », dit-il. « L’efficacité alimentaire est une énorme chose dont nous pourrions bénéficier en tant qu’industrie. »

Il sait qu’il y aura des problèmes logistiques. Le cycle du bœuf est de 18 mois à deux ans par rapport à six semaines pour la volaille, par exemple. Il y a beaucoup plus de mouvements d’animaux dans l’industrie du bœuf, beaucoup plus de gens impliqués dans l’élevage des animaux, et beaucoup plus de mélanges de troupeaux.

Mais Milliner soutient qu’étant donné les millions de dollars que les agriculteurs dépensent déjà chaque année sur les étiquettes d’oreille RFID, il devrait y avoir un moyen d’obtenir plus d’informations du système pour l’amélioration génétique.

« C’est comme le dit un de mes amis, quand on achète une voiture, on ne regarde pas seulement l’extérieur, il faut regarder sous le capot », dit-il. « Avec les résultats de l’échographie, nous devrions être en mesure de regarder sous la peau d’une vache que nous achetons. »

Il veut savoir quels sont les résultats des bovins qu’il achète en termes de gras par rapport au persillage, et souligne que « nous vendons de la viande, pas de la graisse. »

Milliner affirme qu’en fin de compte, l’amélioration de la qualité du bœuf rendrait la viande plus attrayante en tant que choix de protéines pour les consommateurs au Canada et dans le monde entier.

 

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