Dormir avec le diable ou un nouveau départ – choisissez

//  1 février 2018  //  Nutrition, Recherches en nutrition  //  Commentaires fermés

McKinnon

Nutrition avec John McKinnon

Publié: 30 janvier 2018

Bon nombre d’entre vous sont peut-être au courant d’un don récent de 5 millions de dollars par A & W au Centre d’excellence de l’élevage et du fourrage de l’Université de la Saskatchewan. Je suis sûr que ce don a pris par surprise beaucoup de gens dans la communauté de l’élevage et de l’engraissement et il y en a probablement quelques-uns parmi vous qui s’interrogent sur la santé mentale des responsables de cette grande institution. Je dois admettre que lorsque j’ai entendu parler de ce partenariat, j’ai eu les mêmes pensées. Cependant, après avoir rencontré le personnel d’A & W et avoir appris leur intention et, plus important encore, leur engagement à améliorer l’industrie bovine canadienne, je crois vraiment que ce partenariat pourrait marquer un nouveau départ pour notre industrie. Laissez-moi vous donner le contexte et vous pouvez décider quelle partie du titre de cet article s’applique.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Le Centre d’excellence de l’élevage et du fourrage est un partenariat entre les éleveurs de bovins, la province de la Saskatchewan, le gouvernement fédéral et l’Université de la Saskatchewan, conçu pour favoriser la recherche, la formation et la sensibilisation novatrices. Le centre est actuellement construit en trois phases sur un terrain près de Clavet, en Saskatchewan. La phase 1 comprend la construction de l’Unité de recherche et d’enseignement sur les bovins de boucherie (BCRTU), qui comprend une installation d’engraissement intensive de 1 500 têtes et une installation de métabolisme à 24 têtes. La phase 2 consiste à déplacer les 350 vaches de boucherie du Western Beef Development Centre de Lanigan, en Saskatchewan, vers des terres et des installations adjacentes au BCRTU. Les travaux de construction des phases 1 et 2 devraient être terminés au printemps 2018. La phase 3 comprend la rénovation de l’installation de recherche Goodale du Western College of Veterinary Medicine, qui se concentre sur les études reproductives chez les bovins de boucherie et sur les équidés. Le LFCE sera un laboratoire pour les scientifiques canadiens et internationaux qui leur permettra de se concentrer sur les questions émergentes liées à la santé, la nutrition, la génétique, la sécurité publique et la sélection végétale ainsi que sur les problèmes environnementaux auxquels l’industrie fait face. Plus important encore, il est conçu pour faire tomber les barrières entre les universitaires et les producteurs de boeuf, et entre les collèges et les unités universitaires afin de rassembler des scientifiques de différentes disciplines pour promouvoir une approche intégrée pour résoudre les problèmes de l’industrie.

Alors, où se situe A & W? Tout d’abord, déclarons l’évidence: de nombreux producteurs de bœuf au Canada sont, pour le moins, furieux des publicités sur le bœuf d’A & W. Je me compterais dans ce groupe. Cependant, comme je l’ai indiqué plus haut, lorsque vous parlez avec le personnel de A & W, vous comprenez très bien qu’ils sont avant tout dévoués à leurs clients et qu’ils s’engagent à servir de bons aliments canadiens, que ce soit du bœuf, du porc ou de la volaille. Grâce aux discussions qui ont mené à ce don, il était très évident que cette entreprise veut faciliter la croissance de l’ensemble du secteur du bœuf canadien et, plus important encore, promouvoir cette croissance en assurant la confiance des consommateurs dans le bœuf canadien. Leur message était clair: une industrie du bœuf canadienne en santé est bonne pour les entreprises et les détaillants! Il était également évident que cette entreprise connaît ses clients et fait beaucoup de recherche pour se tenir au courant des attitudes des consommateurs, un domaine de recherche qui, malheureusement, n’a pas reçu beaucoup de financement de l’industrie.

La preuve de l’engagement de A & W envers le boeuf entièrement canadien est évidente si l’on regarde attentivement les conditions de leur don; 3 millions de dollars serviront à la construction du bâtiment de recherche sur le bétail et les aliments qui abrite l’aile du métabolisme. Ce bâtiment sera au cœur de la physiologie digestive fondamentale et appliquée, de la nutrition et de la recherche liée à la santé. Notre concept lors de la conception de cette installation était que la recherche fondamentale menée dans cette installation sera transférée à des études dans des petits et grands enclos impliquant des partenaires de l’industrie qui, à leur tour, fourniront la preuve du concept ainsi que la viabilité commerciale de la recherche. De plus, 1 million de dollars ira à la création d’une bourse d’études pour la recherche «one health» (une santé). Cette recherche relie la santé humaine, animale et écosystémique et pourrait inclure des approches holistiques (médecine humaine et vétérinaire) à la résistance aux antibiotiques, au développement de vaccins, à la salubrité des aliments, à la qualité du bœuf et à l’intendance environnementale. Enfin, un million de dollars sera consacré à la sensibilisation – le développement de méthodes novatrices pour transférer les résultats de la recherche et les nouvelles technologies aux producteurs de boeuf et de fourrage d’une manière qui favorisera leur adoption.

En plus de leur financement, A & W apportera une autre pièce essentielle du puzzle à cette approche multidimensionnelle de la recherche sur le boeuf et le fourrage, soit son contact direct avec les consommateurs et sa connaissance des décisions d’achat. C’est formidable que les producteurs et le gouvernement apportent leur contribution aux programmes de recherche dans les établissements financés par les fonds publics. Toutefois, si nous ne tenons pas compte de la demande des consommateurs, nous serons toujours à un pas de l’objectif de l’industrie qui consiste à faire en sorte que le bœuf canadien soit reconnu mondialement pour sa qualité supérieure et fiable pour sa salubrité. Avec A & W et d’autres partenaires de l’industrie, nous aurons cette contribution à la LFCE.

Donc, vous décidez – dormir avec le diable ou un nouveau départ? Personnellement, je considère cela comme un nouveau départ qui améliore et oriente notre recherche vers l’amélioration de l’industrie canadienne du bœuf et qui sait, peut-être verrons-nous de nouvelles publicités au fur et à mesure que ce partenariat se concrétisera!

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