Dissiper les mythes concernant l’utilisation de stéroïdes dans la production de boeuf

//  2 juin 2017  //  Marchés, Tendances et consommateurs  //  Commentaires fermés

Alberta_Farmer

Boeuf 911: parler de «boeuf sans stéroïde» est trompeur – ils sont rarement utilisés et le sont seulement pour des raisons très spécifiques

Par Roy Lewis
Publié: 31 mai 2017

On a beaucoup parlé récemment des stéroïdes ajoutés dans le bœuf.

Bien que les stéroïdes soient utilisés pour des traitements très spécifiques concernant des conditions spécifiques. Leur utilisation, lorsqu’il y en a, est minime et a été considérablement réduite, et ceci encore plus avec les AINS (anti-inflammatoires non stéroïdiens). Cet article examinera des utilisations spécifiques lorsque les stéroïdes produisent des résultats bénéfiques pour notre industrie de l’élevage et sont utilisés pendant au plus deux à trois jours dans la plupart des cas.

(Traduction libre de Mylène Noël)

Les stéroïdes sont produits par la glande surrénale chez les mammifères normaux et sont libérés dans des situations stressantes. C’est pourquoi dans la recherche, il y a un bâton de mesure pour le stress, le cortisol salivaire (un stéroïde spécifique). Ceux qui sont utilisés et approuvés pour usage en médecine vétérinaire sont de légères variations de cette molécule avec des propriétés légèrement différentes.

Les vétérinaires reconnaissent les avantages de chacun et les utilisent de manière appropriée, mais très prudemment. Ils étaient administrés simultanément avec des antibiotiques pour réduire l’inflammation dans les poumons atteints de pneumonie. Mais comme les stéroïdes peuvent être immunosuppresseurs, ils ont été remplacés par des AINS.

Les stéroïdes ne sont pas des médicaments sur ordonnance, mais les vétérinaires les traitent comme tels, de sorte qu’ils sont prescrits lorsqu’ils savent qu’il y aura avantage à ce qu’ils soient utilisés. Il existe également des contre-indications, c’est pourquoi les AINS ont actuellement pris en charge plusieurs des anciennes utilisations des stéroïdes.

En ce qui concerne la seule fois où ils sont massivement administrés dans les parcs d’engraissement, c’est pour leur effet abortif (drogue causant un avortement). Ils sont alors utilisés en combinaison avec une prostaglandine pour assurer un taux d’avortement très près de 100 pour cent. C’est pour cette raison que, lorsqu’ils sont utilisés à d’autres fins, un vétérinaire doit prévenir les utilisateurs de la possibilité d’avortement chez les femelles enceintes. Le vêlage est initié par le cortisol issu de la glande surrénale fœtale, de sorte que l’utilisation des stéroïdes imite ce processus. Parfois, les stéroïdes et les prostaglandines sont administrés à chaque génisse dans le parc d’engraissement, et parfois les vétérinaires palpent les génisses et utilisent uniquement les produits chez les femelles enceintes. Quoi qu’il en soit, un traitement de cette combinaison soulage de nombreux problèmes liés au vêlage plus tard chez les génisses qui n’ont pas encore l’âge.

C’est un énorme avantage pour le bien-être des animaux. C’est une étape nécessaire car beaucoup de jeunes génisses exposées aux taureaux se reproduisent beaucoup trop tôt et c’est pourquoi ce problème existe. Je n’ai pas regardé les chiffres, mais je suppose que la plupart des stéroïdes sont utilisés de façon isolée, bien avant qu’on ne pense à un abattage. Certains stéroïdes ont des retraits avant abattage aussi courts que quatre jours, donc ils sont généralement éliminés assez rapidement.

Il n’y a que quelques utilisations individuelles de stéroïdes chez les animaux de production et l’une d’entre elles se fait lors de réactions allergiques.

Parce que les stéroïdes sont immunosuppresseurs, ils diminuent la réponse immunitaire lors d’une réaction allergique et réduisent l’accumulation de liquide et l’enflure. Dans les cas graves, bien sûr, l’épinéphrine sera utilisée en plus. Dans ces cas-là, les stéroïdes peuvent sauver la vie des animaux et peuvent être redonnés dans un court laps de temps, mais seulement pendant un jour ou deux.

Un type de maladie respiratoire appelée AIP (similaire à la maladie à haute altitude) est une autre raison pour laquelle on utilise des stéroïdes. Dans de nombreux cas, s’ils sont donnés avec des antihistaminiques, ces deux produits peuvent aider. Mais parlez-en à votre vétérinaire au sujet du diagnostic et des traitements spécifiques qu’ils recommandent pour ces types d’affections respiratoires. Ils peuvent recommander ce même traitement pour les causes virales de pneumonie, telles que BRSV ou IBR, et souvent des antibiotiques sont administrés simultanément pour prévenir une infection secondaire.

Je pense que les stéroïdes ont une mauvaise réputation parce qu’en médecine humaine et chez les petits animaux, ils sont utilisés dans le traitement de nombreuses affections chroniques de la peau et de réponses hyperimmunes et, une fois que le corps dépend d’eux, la glande surrénale commence à arrêter d’en produire. Donc, une fois sur un traitement à plus long terme, vous ne pouvez pas les arrêter d’un seul coup, vous devez diminuer progressivement le dosage pour permettre à la glande surrénale d’augmenter la production à nouveau. Avec un traitement à court terme, tel que prodigué en production de médecine animale, ce n’est presque jamais le cas.

En résumé, bien qu’utilisés très rarement en médecine vétérinaire de production des gros animaux, les stéroïdes sont des produits nécessaires auxquels nous devons avoir accès. Un certain nombre d’anciennes utilisations ont été remplacées par des AINS, mais il existe certaines conditions dans lesquelles les stéroïdes sont toujours les médicaments de choix, de sorte que les cliniques en garderont un petit inventaire.

Les déclarations de certaines chaînes de restauration rapide, telles que celles d’A&W, qui insinuent qu’il y a des stéroïdes ajoutées dans le bœuf, sont trompeuses. S’ils sont utilisés dans de rares cas, les temps de retrait sont relativement courts puisqu’ils sont excrétés relativement rapidement. Lorsque nécessaire, il faut toujours les utiliser sur les conseils de votre vétérinaire.

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Dispelling the myths about steroid use in beef production

Beef 911: Talk about ‘steroid-free beef’ is misleading — they are rarely used 
and only for very specific reasons

By Roy Lewis

Published: May 31, 2017

Photo: Canada Beef Inc.

There has been lots said lately about added steroids in beef.

Although steroids are used for very specific treatments regarding specific conditions, their use if anything is minimal and has been greatly reduced even further with the NSAIDs (non-steroidal anti-inflammatory drugs). This article will go over specific uses where steroids produce beneficial results to our livestock industry and are used for at most two to three days in most circumstances.

Steroids are produced by the adrenal gland in normal mammals and released in stressful situations. That is why in research, a measuring stick for stress can be salivary cortisol (a specific steroid). The ones used, and approved for use, in veterinary medicine are slight variations of this molecule with slightly different properties.

Veterinarians recognize the advantages of each and use them appropriately yet very conservatively. They were, at one time, administered along with antibiotics to reduce the inflammation in lungs with pneumonia. But since steroids can be immunosuppressive, they have been pretty much replaced with NSAIDs.

Steroids are not prescription medications but veterinarians treat them as such, so are prescribed when they know there will be a benefit to give them. There are also some contra-indications, which is why NSAIDs have currently taken over many of the former uses of steroids.

About the only time they are given en masse in the feedlots is as an abortifacient (abortion-causing drug). They are used here in combination with a prostaglandin to ensure very close to a 100 per cent abortion rate. It is for this reason that when used for other purposes, a veterinarian must warn of the possibility of aborting in pregnant animals. Calving is initiated from cortisol coming from the fetal adrenal gland, so using the steroids to initiate calving mimics this process. Sometimes steroids and prostaglandins are given to every heifer in the feedlot, and sometimes veterinarians will palpate the heifers and only use the products on the pregnant ones. Either way one shot of this combination relieves many calving-related problems later on in underage heifers.

This is a huge benefit to animal welfare. This is a necessary step as many young heifers exposed to bulls breed much too early and this is why this problem even exists. I have not looked at the numbers, but my guess is the bulk of steroids are used as a one-time event, long before slaughter is even thought about. Some steroids have actual slaughter withdrawals as short as four days, so they are generally eliminated fairly quickly.

There are only a few individual uses of steroids in production animals and one of these is in allergic reactions.

Because steroids are immunosuppressive they decrease the immune response in an allergic reaction and reduce the fluid accumulation and swelling. In severe cases, of course, epinephrine will be used along with this. Steroids in these cases can save animals’ lives and may be repeated in short order, but only for a day or so.

A type of respiratory condition called AIP (similar to high-altitude disease) is another reason for using steroids. Given, in many cases, with antihistamines, these two products may help. But talk to your veterinarian about the diagnosis and specific treatments they recommend for these types of respiratory conditions. They may recommend this same treatment for viral causes of pneumonia, such as BRSV or IBR, and often antibiotics are given concurrently to prevent secondary infection.

I believe steroids get the bad rap because in human and small-animal medicine they are used in the treatment of many chronic skin conditions and hyperimmune responses and once the body becomes reliant on them, the adrenal gland starts to shut down. So once on longer-term treatments you cannot stop them cold turkey but must gradually decrease the dosage to allow the adrenal gland to increase production again. With such short-term treatment in production animal medicine this is almost never the case.

In summary, steroids — although used very sparingly in veterinary medicine in large-animal production — are necessary products we need to have access to. A large number of former uses have been replaced by NSAIDs, but there are certain conditions where steroids are still the drugs of choice so clinics will carry a small inventory.

Statements by some fast-food chains, such as ones by A&W, that imply that beef has added steroids are misleading. If they are used in rare instances, withdrawal times are relatively short since they are excreted relatively quickly. Always use them, when necessary, on the advice from your veterinarian.

 

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